Les 5 sujets à éviter au dîner de Noël cette année
C’est cette période de l’année. Justement cela, plus redouté que l’oral final, mais aussi l’entretien d’embauche qu’il attendait depuis quelques temps. Dîner ou déjeuner de Noël. Pourtant, la réunion de famille par excellence. Il faut dire qu’au moins une décennie à marmonner sur le caractère inapproprié de certaines questions privées – de « et le petit ami ? » au « quand vas-tu te marier ? », allant jusqu’à la question indélicate des enfants qui n’arrivent pas -, il a réussi à sensibiliser même son oncle aîné. Plus ou moins.
C’est certes bon pour l’équilibre familial – et pour la santé mentale de nos jours -, sauf que l’actualité occupe désormais le devant de la scène aux tables des proches et des amis. Souvent aussi l’actualité. Et donc, si avant nous nous trouvions comme la tante curieuse de la mère, maintenant c’est plein de cousins qui font l’opinion.
Une arme à double tranchant pour tous ceux qui sont autour de la table, car si d’un côté les retrouvailles peuvent prendre des tournures décidément plus intéressantes et convaincantes, de l’autre elles risquent de compromettre des humeurs et des relations déjà précaires. Par conséquent, faites attention aux sujets abordés.
Le pape François contre le pape Léon
Ce qui vous attend ici n’est pas une simple discussion sur la religion chrétienne. À présent, nous devrions tous avoir de larges épaules devant le beau-frère blasphémateur qui maudit Noël, soulignant son simple consumérisme, alors qu’il a déjà disposé les sacs avec les cadeaux reçus alignés près de la porte.
Parler de la mort du pape François et de l’élection du pape Léon, c’est se préparer à un derby enflammé. D’un côté les catholiques hipsters de la famille, soutenus également par les athées, qui regrettent l’Argentin Bergoglio et son idée révolutionnaire de l’Église, de l’autre les traditionalistes – désormais minoritaires – heureux du nouveau pontificat de l’Américain Prevost, qui fait « enfin » des choses comme le pape, comme vivre au Palais apostolique de Saint-Pierre, et tente de « ramener les fidèles dans le rang ».
Il ne sera pas rare de trouver quelqu’un qui reviendra affirmer que le pape François était déjà décédé à l’hôpital Gemelli, où il avait été hospitalisé deux mois plus tôt, mais « ils n’ont pas voulu nous le dire ». Face aux théories du complot, il n’existe cependant ni solution ni possibilité de comparaison. Chacun garde les siens et les gère comme il peut.
Gaza et la flottille
Étant donné que parler d’une urgence humanitaire aussi grave en mangeant des cannellonis, divers aliments frits et des pommes de terre au four est assez choquant.
Cette année, les « enfants » qui continuent à être à la table des enfants même s’ils n’y sont pas allés depuis un moment seront tous pro Pal. Ou presque. La forte conscience collective réveillée par la tragédie de Gaza concerne avant tout les plus jeunes. Le petit cousin qui jouait à la PlayStation il y a un an était probablement dans le cortège bloquant le périphérique en novembre, et la bagarre avec la tante, retenue captive pendant des heures dans les embouteillages en criant « Netanyahu n’arrête pas une guerre parce que vous manifestez », est imminente.
Sans parler des discussions sur la mission Global Sumud Flotilla, les otages israéliens et la définition du génocide. Un maquis politique dont il vaut mieux se tenir à l’écart, à moins d’avoir un diplôme en géopolitique ou un master en relations internationales. Et puis qu’il en soit ainsi
L’affaire Garlasco
Les Italiens, peuple de commentateurs mais aussi d’enquêteurs et de magistrats. Surtout si vous êtes fan de « Quarto Grado ». La réouverture du dossier Garlasco, avec de nouvelles enquêtes sur Andrea Sempio alors qu’Alberto Stasi est en prison depuis 10 ans pour le meurtre de sa petite amie Chiara Poggi, vaut mieux qu’une série policière pour les fans du genre. Et nombreux sont ceux qui ont déjà condamné le nouveau suspect, filant des intrigues dignes de Netflix et se vautrant dans des détails morbides.
Le garantieisme est enterré par la recherche du sensationnalisme et par une haine envers la justice que même le Comte de Monte-Cristo ne cache pas. Les raisons de la condamnation après le lendemain de Noël.
La mort des jumeaux Kessler
C’est un sujet qui fascinera surtout les plus de 50 ans. En partie parce que les jumeaux Kessler – qui ont décidé de mourir ensemble, à 89 ans, bien qu’ils ne soient pas malades – se souviennent bien d’eux, en partie parce que l’idée de la mort, une fois cet âge dépassé, n’est plus si lointaine. Le débat sur le suicide assisté a certes fait de grands progrès ces dernières années en Italie, même s’il continue d’enflammer le cœur des conservateurs catholiques.
Revenons au « derby des papes ». Il sera difficile de convaincre la grand-mère dévouée à Padre Pio qu’atteindre 98 ans sans autonomie ni clarté n’est pas la meilleure solution, mais plus facile si l’oncle de soixante-dix ans a déjà laissé son testament. Attention à ne pas être trop insistant, car l’effet « Snake Relatives » approche à grands pas.
La famille dans les bois
Le risque du pippono sur le capitalisme qui nous tue est très élevé, surtout si nous avons chez nous des marxistes nostalgiques. L’histoire de la famille qui vit dans la forêt de Palmoli, dans les Abruzzes, a divisé l’Italie en deux, sans parler du risque de détonation entre proches réunis à Noël.
Trois enfants retirés à leurs parents « hippies », uniquement parce qu’ils ont décidé de les laisser grandir dans la nature, loin de la toxicité moderne. Un récit romantique et si populiste qu’il a même gêné Salvini, promoteur du mouvement spontané « ramenons-les à la maison ». L’isolement social, l’absence totale d’éducation scolaire, une maison sans toilettes, tout cela peut être négligé s’il faut mener une guerre contre la « société malade » dans laquelle « ils veulent tous que nous soyons pareils ».
Soixante-huit rébellions contre les règles et le conformisme, jusqu’en décembre. Puis le treizième tour pour célébrer le Saint Noël.