Le paradoxe du crocodile, un dilemme insoluble

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Dans le paradoxe ou le dilemme du crocodile, un crocodile a attrapé un enfant et la mère, désespérée, le supplie de le lui rendre. Le crocodile lui donne une chance et lui dit : « Je ne te rendrai ton fils que si tu le peux ». devine exactement ce que je vais faire« . La mère répond alors : « Tu vas manger mon fils« .

À ce stade, le crocodile déclare qu’il ne peut pas lui rendre son fils, car si elle se moquait de lui, cela signifierait que la mère ment, puisqu’elle ne mangera pas l’enfant. Au contraire, la mère répond qu’elle doit le lui rendre, car si elle ne le faisait pas, elle mangerait l’enfant et donc la femme aurait dit la vérité, et si elle avait dit la vérité, le pacte dit qu’elle aurait récupéré l’enfant.

Bref, voici le paradoxe: si le crocodile garde le bébé et le mange, la mère aura dit la vérité et donc le crocodile devra lui rendre le bébé avant même de le manger ; si au contraire le crocodile rend l’enfant pour le raisonnement qui vient d’être fait, la mère n’aura pas dit la vérité et donc le crocodile pourra manger l’enfant. Dans les deux cas, une situation logiquement paradoxale se présente. C’est comme si la mère avait dit la vérité et le faux en même temps dans les deux situations. Ce paradoxe est en fait une variation élaborée du paradoxe du menteur.

Alors y a-t-il une solution possible ? Lequel des deux prétendants aura le bébé ? Même si les philosophes et les scientifiques ont tenté de trouver la clé de ce dilemme, la solution reste inconnue. En fait, nous sommes confrontés à un paradoxe !

En fait depuis le point de vue de la mèrepeu importe que ce qu’il dit soit vrai ou faux :

  • si elle a dit la vérité, l’enfant doit lui être restitué et ce n’est qu’après l’avoir obtenu que sa sentence se transformera en fausse;
  • si au contraire l’enfant ne lui est pas rendu, alors elle a dit la vérité et a donc prédit l’action du crocodile, donc l’enfant doit lui être rendu également.

De la point de vue du crocodilepeu importe également que la mère ait dit la vérité ou le faux :

  • si la mère a dit la vérité, alors il est vrai qu’il mangera l’enfant ;
  • si la mère a plutôt menti, en raison de l’accord qu’ils ont conclu, elle ne rendra pas l’enfant, et donc il va le manger.

Le fait est que, au fur et à mesure que le dilemme est formulé, les deux conclusions sont correctement déduites de la formulation du paradoxe, ce qui rend impossible toute solution puisque nous avons deux solutions valables mais en totale contradiction l’une avec l’autre. En fait, quoi que fasse le crocodile, il ne tiendra pas parole.

Une solution possible pourrait être que la mère réponde non pas « Tu vas manger mon fils », mais plutôt « Tu vas manger mon fils ». Dans ce cas, le dilemme ne se poserait pas parce que la mère a raison, mais il faut dire que ce n’est pas une solution véridique car la mère ne parle pas d’une action dans le futur du crocodile, mais plutôt de ses intentions actuelles, donc dans l’ensemble, elle n’a pas deviné ce que fera le crocodile.