Il existe un trésor russe conservé en Belgique. Un lourd trésor, d’une valeur de 190 milliards d’euros, gelé dans l’institution financière belge Euroclear. Un trésor que l’Union européenne aimerait utiliser comme un important prêt « réparateur » pour soutenir l’Ukraine dans ses dépenses de défense et réparer les dommages causés par l’invasion à grande échelle de la Russie.
La proposition de Von der Leyen de ne pas utiliser l’argent des contribuables européens
Les atouts russes constituent le meilleur levier que l’UE puisse utiliser pour négocier le plan de paix pour Kiev. Il y a quelques jours, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a relancé l’idée de pouvoir utiliser les capitaux russes après la pression de nombreux gouvernements, à commencer par l’Allemagne et la France. Initialement bloquée en raison de soucis financiers et juridiques, l’idée d’utiliser des fonds russes – et pas uniquement l’argent des contribuables européens – a fait son retour après la publication du plan américain pour la paix en Ukraine. Vladimir Poutine s’est dit enclin à accepter le projet qui répond pleinement aux demandes du président russe, tout en posant comme condition le retrait des Ukrainiens des territoires occupés.
Poutine : « La guerre ne prendra fin que si Kiev se retire des territoires occupés. Prêt à discuter du plan américain »
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exprimé son soutien à l’initiative de von der Leyen via les réseaux sociaux, après un appel téléphonique avec le président de la Commission. Le dirigeant de Kiev a remercié le numéro un de l’exécutif européen pour le soutien exprimé devant la Chambre européenne et a réitéré la nécessité d’accroître les sanctions contre Moscou. « Tant que la Russie continue de rejeter tous les efforts de paix », a-t-il souligné, « la pression économique doit augmenter et l’assistance militaire et financière doit continuer ». Au cours de l’entretien, le président ukrainien a également évoqué le « trésor russe », une ressource économique que tous deux considèrent comme stratégique.
L’opposition belge
Sur le plan européen, la cheffe de la politique étrangère de l’Union, Kaja Kallas, a également confirmé sa conviction que le prêt de réparation pourrait représenter la solution la plus efficace. Mais la vision des dirigeants européens se heurte à celle de l’exécutif belge. Le Premier ministre Bart De Wever n’a pas caché son opposition à l’idée d’utiliser les avoirs russes gelés dans l’institut Euroclear, soulignant que cette décision pourrait mettre en péril un éventuel accord de paix visant à mettre fin à un conflit qui dure maintenant depuis près de quatre ans.
Dans une lettre adressée à von der Leyen, De Wever a averti que « procéder à la hâte au projet d’emprunter sur les avoirs russes gelés risquerait d’empêcher la conclusion d’un éventuel accord de paix ». La lettre de De Wever intervient alors que la Commission européenne se prépare à répondre aux préoccupations de la Belgique. Selon des responsables européens, un projet de loi sur l’utilisation des avoirs gelés pourrait être présenté dès vendredi ou au cours du week-end.
Les dirigeants européens sont prêts à exercer une nouvelle pression sur la Belgique pour obtenir le feu vert à ce projet. Le soutien de la Belgique au projet est jugé crucial, puisque les actifs que l’Union européenne espère utiliser sont détenus par l’institution financière belge. L’avancée de la Commission n’aplanit pas les divisions des chancelleries européennes, mais la pression sur la Belgique en faveur d’un dégel des avoirs est de plus en plus forte.