L’application qui vous demande si vous êtes mort viendra (peut-être) ici aussi
Les applications qui informent des amis ou des proches qu’ils sont encore en vie deviennent populaires en Chine. Cette nouvelle a fait beaucoup de bruit ici, mais des outils similaires sont appelés à se développer également en Italie, pour diverses raisons. Le premier est lié à la solitude et à la peur de ce qu’on appelle la « mort solitaire ».
La confirmation
Avec la fragmentation des familles en unités de plus en plus petites, de nombreuses personnes vivent aujourd’hui complètement seules, étudient ou travaillent parfois pendant de longues périodes à la maison et ont donc des contacts sociaux directs plutôt rares. Dans ce contexte, il existe un besoin pour une application qui, toutes les 12 ou 24 heures, demande la confirmation que vous êtes bien vivant et envoie automatiquement cette information à vos proches. Cependant, la première question qui se pose spontanément est : pourquoi ne vous appelez-vous pas au lieu de vous envoyer une notification ? Une conversation de seulement cinq ou dix minutes le soir pourrait remplir plus efficacement la même fonction que l’application, tout en construisant une relation plus solide et plus significative. Plusieurs facteurs entrent probablement en jeu ici. D’une part, l’anxiété sociale croissante, qui rend parfois fatiguant et inconfortable le simple fait de parler au téléphone avec un parent ou un ami.
« Pas de contact Noël »
D’autre part, le fait d’avoir des relations familiales compliquées ou conflictuelles, comme le démontre également la tendance récente du soi-disant « Noël sans contact ». À cela s’ajoute la question du temps : dans une société de plus en plus rapide et hyperstimulante, trouver le temps de téléphoner chaque jour peut être difficile, voire perçu comme ennuyeux et ennuyeux. Cependant, d’autres fonctions pertinentes sont à l’origine du boom de ces applications. En plus de signaler que vous êtes toujours en vie, ils vous permettent également de demander de l’aide. Ils permettent par exemple d’envoyer des messages SOS si vous êtes agressé ou, plus généralement, si vous êtes dans une situation dangereuse. En ce sens, ils peuvent accroître la perception de sécurité de certaines personnes, en particulier celles qui rentrent tard le soir et savent qu’elles peuvent immédiatement signaler un problème à leurs contacts. Et jusqu’à présent, rien d’étrange. Cependant, il faut également souligner à quel point ces applications peuvent facilement se transformer en outils de contrôle, surtout si elles sont utilisées par des parents ou des partenaires particulièrement inquiets ou possessifs. Et ce besoin croissant de contrôle ne concerne pas seulement la Chine.
Surveillez vos enfants
Dans de nombreux pays, y compris occidentaux, il est désormais largement répandu d’équiper ses enfants d’appareils GPS, afin de pouvoir suivre en permanence leur position. Une tendance qui se développe également en Italie, notamment dans les villes les plus grandes et les plus technologiques, comme Milan. En fin de compte, ces applications, qui à première vue peuvent paraître sorties d’une réalité dystopique façon Black Mirror, répondent en réalité à des besoins réels liés à la solitude, à la peur et à la transformation du lien social. Mais dans le même temps, elles risquent d’alimenter des dynamiques paranoïaques ou surprotectrices et de normaliser les formes de surveillance continue. En tout cas, ils représentent le signal d’une société qui change profondément dans sa structure relationnelle et qui, pour tenter de s’adapter, se dote de nouveaux outils pour faire face à ces changements.