La plainte choc contre ses parents était en réalité une blague : comment une tiktokeuse a piégé tout Internet

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Peut-on s’offusquer d’être venu au monde sans y avoir consenti ? C’est le dilemme insolite qui a mis en ébullition TikTok, semé la confusion sur Internet, et même relancé le débat autour d’une question insensée : traîner ses parents devant la justice pour avoir commis le crime ultime… nous donner la vie. Sortez vos mouchoirs (ou vos cookies), histoire de naviguer entre philosophie, farce et vrai casse-tête juridique !

Le mal de naître : entre affaire Perruche et jurisprudence TikTok

Remontons d’abord à la source d’une insondable question : peut-on souffrir d’être né ? En France, cette interrogation a pris une forme bien réelle à l’occasion de l’affaire Perruche, du nom du requérant, Nicolas Perruche. Né gravement handicapé parce que sa mère – non informée de sa maladie pendant la grossesse – n’a pu avorter ou être avertie des répercussions sur son enfant, il a réussi à faire reconnaître un préjudice. Cette affaire donna naissance (pardonnez le jeu de mots) à un arrêt historique de la Cour de cassation en novembre 2000.

Depuis, l’article L.114-5 du Code de la santé publique est très clair :

  • « Nul ne peut se prévaloir d’un préjudice du seul fait de sa naissance ». 

Autrement dit : en France, vos griefs existentiels doivent rester à la maison. Mais le monde est vaste et l’imagination sans limite, puisque d’autres pays ont vu naître (encore !) des plaintes pour, littéralement, déplorer sa propre arrivée sur terre.

Se plaindre d’exister : du réel à la viralité

La logique de ces plaintes a de quoi faire tourner la tête : comment donner un « oui » explicite à la naissance quand, par définition, on n’existe pas ? Pas besoin d’un doctorat de philosophie pour comprendre l’absurdité potentielle. Pourtant, certains l’on tentée, à l’instar d’un jeune Indien qui, en 2019, s’est autoproclamé « anti-nataliste ». Oui, vous avez bien lu : il a attaqué ses parents en justice pour ne pas avoir demandé son avis avant de lui offrir la vie. Radical.

Mais il n’a pas eu à affronter seul les paradoxes du non-consentement : ces dossiers trouvent désormais un second souffle à l’ère des réseaux sociaux avec Kass Theaz, tiktokeuse américaine, qui a secoué TikTok en déclarant porter plainte contre ses parents pour motif… d’éclosion injustifiée. « Je n’ai pas consenti à être ici », affirma-t-elle dans une vidéo devenue virale. Sauf que, cette fois-ci, la démarche n’était pas franchement philosophique ou idéologique.

Une blague qui piège tout Internet

Sous ses airs boudeurs, Kass Theaz ne se revendique pas anti-nataliste ; ses arguments sont bien plus terre-à-terre – et franchement savoureux :

  • « J’ignorais que j’allais grandir et devoir travailler pour subvenir à mes besoins. »
  • « Ils n’ont même pas cherché à me contacter avant ma naissance pour s’assurer que je voulais être ici. »

L’humour (ou l’absurdité ?) de la situation n’a pas sauté aux yeux de tous. Nombre d’internautes sont restés pantois devant cette étrange doléance. La confusion a atteint un sommet vertigineux lorsqu’on a appris que Kass… était elle-même maman ! Difficile alors de défendre une cause avec autant de contradictions apparentes. Comment se plaindre d’être né tout en étant soi-même parent ?

Kass, prise la main dans le biberon, a plaidé qu’adopter était différent : « Ce n’est pas ma faute s’ils sont ici. J’essaie juste d’être une bonne personne et de les aider. » Le flou est resté total chez certains suiveurs complètement perdus.

Entre révélation et réflexion : une blague révélatrice

Mais voilà le coup de théâtre : contrairement à ce qu’ont cru beaucoup d’utilisateurs (parfois très remontés), Kass Theaz n’a jamais poursuivi ses parents. La révélation tombe dans un article du New York Post : c’était une blague, ni plus ni moins ! « Je pensais qu’il était évident que je plaisantais », explique-t-elle alors. Visiblement, certains internautes ont le sens de la dérision un peu… sous-développé.

L’« acte d’accusation » farfelu a tout de même mis en lumière un phénomène Internet bien réel :

  • Les gens s’enflamment parfois sans vérifier le contexte ou l’origine d’une information.
  • Une simple vidéo suffit à semer la confusion — et à transformer une blague en mini scandale numérique.

Finalement, aussi singulières qu’elles semblent, ces plaintes « contre la vie » rappellent qu’il y a parfois, quelque part dans le monde (ou sur TikTok), des précédents inattendus.

Morale de cette histoire ? Méfiez-vous des annonces improbables sur les réseaux, gardez votre curiosité intacte, et ne vous lancez pas à la recherche du numéro d’avocat de vos parents pour avoir, par malheur… existé !