Les élections politiques du dimanche 28 septembre en Moldavie prennent une valeur qui va bien au-delà des frontières nationales. Le vote décidera non seulement de la composition des 101 sièges du Parlement, mais surtout l’orientation géopolitique d’une république coincée entre la Roumanie et l’Ukraine: d’une part l’Union européenne, d’autre part, la Russie.
Le groupe d’action et de solidarité (PAS) du président Maia Sandu, qui a fait de l’intégration européenne son drapeau, fait face au blocus patriotique, une alliance philorussienne dirigée par l’ancien président Igor Dodon, soutenu par des socialistes et des communistes. Aux élections 2021, le PAS avait conquis la majorité absolue, mais les sondages oscillent aujourd’hui entre 34% et 48%, loin du nombre du temps. Les réformes manquées pèsent, l’impact économique de la guerre en Ukraine et la méfiance envers un électorat largement indécis.
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Le bloc patriotique est donné entre 21% et 36% et vise à s’allier avec des forces similaires telles que notre parti (PN) par Renato Ustatii, accrédité entre 8% et 12%. Un rôle clé pourrait être à la hauteur du bloc alternatif, apparemment européen, mais dirigé par des chiffres proches de Dodon, y compris l’ancien maire de Chisinau, Ion Ceban, et l’ancien Premier Premier Ion Chicu.
La campagne électorale a été jouée sur des tons extrêmes. Sandu a parlé de la « souveraineté, de l’indépendance, de l’intégrité et de l’avenir européen » du pays, dénonçant l’intervention massive de Moscou dans le processus électoral. D’un autre côté, la propagande russe a publié des scénarios apocalyptiques, venant évoquer un emploi militaire européen en Moldavie en coordination avec l’OTAN.
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Les enjeux sont amplifiés par la position stratégique du pays: dans le sud, la base de l’OTAN de Costanza, destinée à devenir la plus grande d’Europe; À l’est, la Transnistria, une enclave séparatiste Filorussiana qui abrite la base de Cobasna, avec le plus grand stockage de munitions sur le continent. Dans le sud, la région autonome de Gagauzia est ajoutée, également un pro-Filorussa. Et encore: les ports moldaves du Danube, qui sont devenus vitaux pour l’exportation du blé ukrainien, et la dépendance énergétique totale à l’égard de Gazprom, qui contrôle Moldovagaz.
Le vote se déroule dans l’un des pays les plus pauvres d’Europe, où en 2022, la pauvreté absolue a atteint 31%. La Moldavie a accueilli plus d’un million de réfugiés ukrainiens et demi, égal à la moitié de sa population, alimentant les tensions et les craintes que la Russie essaie de monter.
Si personne n’obtiendra la majorité, la perspective d’un gouvernement technique « géorgien » – avec une politique étrangère ambiguë, suspendue entre Bruxelles et Moscou – ne semble pas irréaliste. Mais au centre, reste une question cruciale: la Moldavie choisira-t-elle l’Europe ou reviendra-t-elle sur l’orbite russe?