LE’Projet polyvalent du Haut Siang (également connu sous le nom de Siang Upper) est une réponse véritablement titanesque de l’Inde au défi énergétique et géopolitique posé par les sommets duHimalaya. Située dans l’État d’Arunachal Pradesh, au nord-est, elle constituera un barrage sur la rivière Siang et devrait devenir la plus grande centrale hydroélectrique de tout le sous-continent indien. Cette méga-infrastructure a été créée avec un double objectif : d’une part, générer d’énormes quantités d’énergie propre Et garantir des ressources en eau stables pour l’agriculture locale; de l’autre, agir comme un véritable « bouclier » stratégique pour contrer les colossaux projets d’eau que la Chine construit en amont, juste de l’autre côté de la frontière.
Description du projet Projet polyvalent Upper Siang en Inde
Situé dans l’une des régions les plus extrêmes et inaccessibles au monde, avec une capacité installée attendue de 11 000 MWdépassera de plus de cinq fois le record indien actuel, se positionnant comme l’une des plus grandes infrastructures énergétiques au monde. Le véritable cœur battant de tout le projet est en effet un barrage d’une hauteur de puits 300 mètres et barragera la rivière Siang (le tronçon indien du Yarlung Tsangpo). Le réservoir qui en résulte aura donc une capacité impressionnante : 9 milliards de mètres cubes d’eau. Le fonctionnement à pleine capacité sera atteint vers 2032.
L’impact économique de la centrale hydroélectrique géante
D’un point de vue économique, la construction d’un mégaprojet de cette envergure a nécessité un investissement initial considérable 13 milliards de dollars. Outre la production d’énergie, le projet a une valeur stratégique vitale : il agit comme un « bouclier » contre les projets chinois de construction d’un méga-barrage. 60 000 MW à Medog, juste de l’autre côté de la frontière, dont nous avons déjà parlé ici. Par ailleurs, la création d’un stockage de 9 milliards de m3 d’eau est en mesure de garantir à la population située en aval un approvisionnement constant en eau, ce qui est fondamental dans une zone rurale et agricole.
En outre, l’État recevra le 12% de l’énergie produite gratuiteégal à environ 1 320 MWmettant en œuvre l’économie locale à travers la vente des surplus d’électricité et la création de plusieurs milliers d’emplois dans les secteurs de la construction, de l’entretien et du tourisme lié au bassin (sports nautiques et transport fluvial sur un bassin de plus de 120km).
L’impact environnemental
L’impact environnemental des travaux doit également être pris en compte, d’une importance fondamentale. D’un point de vue environnemental, le projet se présente comme un pilier de la stratégie Zéro net de l’Inde, avec une économie de 32 millions de mètres cubes de CO par an2 rejetés dans l’environnement chaque année. Mais tout ce qui brille n’est pas de l’or : en fait, la création de l’énorme bassin aquifère nécessite l’inondation d’une immense zone de forêt himalayenne, avec de graves conséquences pour certaines espèces animales déjà fortement menacées d’extinction, parmi lesquelles la panthère nébuleuse et l’ours noir indien.
L’impact n’est pas seulement étroitement lié à l’environnement, mais a également des conséquences d’un point de vue anthropologique. L’un des principaux problèmes concerne la réinstallation des communautés autochtones de l’ethnie Adi: le projet pourrait en effet impliquer l’inondation de terres agricoles traditionnelles et potentiellement affecter des centres de population comme Yingkiong. Pour atténuer l’impact, le gouvernement travaille sur des plans majeurs protection de la biodiversité en collaboration avec le Parc National du Mouling, à la recherche constante d’un compromis entre le besoin national d’énergie propre et la protection d’un écosystème et d’une culture millénaires.