« Kill Bill: The Whole Bloody Affair » en salles est une énorme nouvelle
« Kill Bill : The Whole Bloody Affair » est bien plus que le retour de la saga Kill Bill au cinéma. Quentin Tarantino dans la pureté on pourrait définir la chose, en fait Beatrix Kiddo, la Mariée, le Black Mamba, on pourra la voir dans toute sa splendeur telle qu’elle était censée être à l’origine. Ce sera l’occasion d’un joli marathon de quatre heures et demie, une fête cinématographique mémorable.
Le Director’s Cut d’un chef-d’œuvre qui a marqué l’histoire
C’était en 2003 lorsque nous avons rencontré « Kill Bill ». Sur le papier cela aurait pu être un échec pour Quentin Tarantino. Qui se souciait d’une héroïne brandissant un Katana qui se promenait dans une combinaison de moto jaune pour découper les gens ? Mais à tout le monde bien sûr. Ce que tout le monde ne sait cependant pas, c’est que pour sortir sa création en salles, divisée en deux parties, Quentin Tarantino a dû se battre bec et ongles contre lui, contre le Seigneur des Ténèbres du cinéma de l’époque : Harvey Weinstein. Le propriétaire de Miramax, toujours interventionniste convaincu sur le plan cinématographique, a entamé une lutte acharnée absurde avec le réalisateur de « Pulp Fiction ». Finalement, un accord a été trouvé : non pas un grand film de trois heures ou plus, mais deux films en deux parties. La suite est connue, les deux chapitres de Kill Bill ont connu un succès retentissant, ont ravivé l’attention du public vers un certain cinéma de genre qui dans ses différentes composantes a repris vie en grand sur petit et grand écran. Mais maintenant, voici « Kill Bill : The Whole Bloody Affair », l’authentique Director’s Cut de Tarantino.
Plaion Pictures et Midnight Factory se chargent de la distribution, l’objectif déclaré est de faire en sorte que du 28 mai au 3 juin le public puisse voir ce que le réalisateur voulait à l’origine nous offrir, quelle était son idée de Beatrix Kiddo, de sa vengeance qui est devenue un élément central de la culture pop moderne, pas seulement cinématographique. Attention cependant à ne pas saisir la nouveauté absolue de ce que nous avons devant nous. Il y a vingt ans, Tarantino avait déjà projeté cette version à Cannes en 2006, mais elle n’était jamais arrivée en salles, seulement dans son cinéma privé de Los Angeles en 2011. « Kill Bill : The Whole Bloody Affair » est bien plus violent, plus substantiel, il ajoute plusieurs nouvelles scènes, le légendaire affrontement avec les 88 fous sera en couleur et non plus en noir et blanc. Il est également important d’ajouter que la partie anime sera plus longue, avec un segment dédié aux différents personnages et aura plus d’espace, sans oublier « The Lost Chapter : Yuki’s Revenge », un court métrage d’animation inédit créé spécifiquement. Le protagoniste ici est Yuki, la sœur du fou Gogo Yubari, l’un des adversaires les plus dangereux rencontrés par Beatrix dans le premier chapitre.
Une héroïne symbole d’une véritable révolution
Cependant, « Kill Bill : The Whole Bloody Affair » signifiera avant tout ré-embrasser Beatrix Kiddo, peut-être le personnage féminin le plus important du cinéma du 21e siècle. Il y avait eu de nombreuses héroïnes, il suffit de penser à la princesse Leia, Sarah Connor, le lieutenant Ripley, Trinity, Selene, Alice Abernathy. Mais avec The Bride, en 2003, Quentin Tarantino a véritablement changé les cartes sur la table. Beatrix est une tueuse professionnelle qui tente de changer sa vie, passant d’esprit libre et assoiffé de sang à aventurière. Suite à sa grossesse, elle revient à la normalité d’une relation pour ainsi dire traditionnelle, dont pourtant l’emblématique Bill de David Carradine l’arrache avec une séquence devenue légendaire. Son éveil, la séquence de violence, de combats et de mort qu’il laisse derrière lui, représentent encore aujourd’hui non seulement le parcours d’un héros au sens classique, mais une prise de conscience, une maturation qui va de pair avec un déni de la société patriarcale, du machisme. En même temps, on redécouvre la maternité, la responsabilité envers soi-même et envers les autres.
Beatrix est aussi mortelle que fragile. Sa relation avec Bill répond à une logique manipulatrice, violente, que Tarantino cisèle parfaitement. Ses ennemis sont presque tous des femmes, toutes sous la coupe de Bill, qui est un gangster, un amant, un mentor, mais aussi un salaud de meurtrier comme il le précise lui-même. « Kill Bill » en deux films nous a montré une relation ambiguë, toxique, mais très intense, une femme qui aime et déteste cet homme qui pourtant la connaît vraiment comme personne d’autre. Beatrix s’appelle The Bride, elle s’appelle Black Mamba, elle est divisée en deux, mais il serait peut-être plus juste de dire qu’elle est deux personnes ensemble. Le meurtrier sans scrupules et la femme qui veut la tranquillité, la mère en deuil et la fille qui ne sait pas quoi faire de sa vie maintenant que la violence doit en sortir. Le fait que tout cela soit né d’un nombre infini de films de genre, de séries cultes et de l’imagination de ce fou de Quentin Tarantino, fait du visionnage de « Kill Bill : The Whole Bloody Affair » un événement encore plus important. À l’intérieur se trouve tout ce que nous avons toujours aimé dans son cinéma.