Inondations : l’État pourrait introduire une assurance obligatoire, mais ne pense pas qu’il puisse s’en sortir ainsi
Les appeler « catastrophes » doit paraître vraiment mauvais, c’est pourquoi depuis un certain temps, le langage des assurances et de la bureaucratie a rebaptisé les inondations, les glissements de terrain, les tremblements de terre et autres malheurs similaires « événements catastrophiques ». Attention : « catastrophique », et non « catastrophique » comme le suggère la langue italienne correcte. On a souvent recours aux néologismes quand cela nous gêne d’appeler les choses par leur vrai nom ou d’exprimer (mais souvent de faire semblant) de la délicatesse envers ceux identifiés par ce terme jugé trop direct. Comme s’il était plus doux pour une victime d’une inondation de savoir qu’elle a été frappée par un « événement catastrophique » que, en fait, par une « catatrophe » ou un « événement catastrophique ».
Une dépense obligatoire
Le terme, dans ce cas, a probablement été inventé non pas tant par tact linguistique que par ceux qui se retrouvent potentiellement à devoir payer des millions, voire des centaines de millions d’euros à cause de la catastrophe (c’est-à-dire l’État et les compagnies d’assurance), sans pour autant c’est pour cette raison qu’il a fallu inscrire noir sur blanc sur des milliers de documents que, oui, l’événement évoqué était bien une catastrophe. Il faudra se familiariser avec le terme « catastrophe » si, comme il semble, après les entreprises, les habitations privées seront également tenues de s’assurer contre les catastrophes environnementales. Les politiques ne sont toujours pas d’accord sur ce point, mais faisons quelques projections, comme si l’obligation existait déjà.
Étant une dépense obligatoire sur la maison, qu’il s’agisse d’un studio ou d’un château, il s’agirait en fait d’un nouvel impôt sur la maison, ou plutôt de la réédition de l’impôt habituel qu’au fil du temps on a vu mettre et supprimer plusieurs fois sur la première maison, tandis que pour la deuxième maison, ce serait une taxe supplémentaire. Et probablement plus cher que les précédents. Il va sans dire qu’un impôt est confisqué par l’État et la prime d’assurance par un organisme privé. De cette manière, l’État se décharge d’un coût considérable pour ses caisses, en cas de catastrophe environnementale, en le chargeant d’un rapport obligatoire stipulé entre le citoyen et la compagnie d’assurance. Comme le font de nombreux pays avec des services de santé fournis sur la base d’une politique privée, ni plus ni moins.
Une nouvelle taxe très coûteuse
Ce sera un impôt, mais il ne sera ni progressif ni égalisateur. Il est probable que pour la maison en pierre habitée par des personnes âgées, de plusieurs mètres carrés plus grande que nécessaire, dans une ville de montagne à risque de glissements de terrain, ce sera un véritable drain, comparé à une villa confortable au centre d’une métropole non sismique comme Milan. Ce sera l’élan définitif vers le dépeuplement des zones intérieures et défavorisées. Mais attention, car comme nous le savons bien, s’il n’y a plus personne pour entretenir les montagnes, même les plaines ne sont pas en sécurité.
Il faudra ensuite voir les tableaux de risques. Je ne peux pas imaginer comment le risque sismique sera évalué à Irpinia ou à Belice. Ceux qui, comme moi, vivent dans une ville qui a été inondée trois fois en 16 mois, s’assurer contre les inondations, ce sera probablement comme souscrire une assurance automobile au prix appliqué à ceux qui doivent aller courir le Dakar.
Et que la malchance empêche que « l’événement catastrophique » se produise. Parce que c’est facile de dire « inondation », mais il faut savoir que, pour l’assurance, il y a crue, débordement, inondation selon l’endroit où arrive l’eau et avec quelle force. L’histoire de ceux qui – lors des inondations de l’année dernière en Romagne – ont miraculeusement échappé à l’eau du fleuve, mais qui, à cause des mêmes pluies très abondantes, ont découvert de nombreuses fuites et infiltrations depuis le toit, reste un classique. Dans ce cas, il ne s’agissait ni d’une inondation, ni d’une inondation, ni d’une inondation, mais d’une inondation. Et l’agent d’assurance a été vu écartant les bras, affirmant que l’eau dans ce cas venait d’en haut et non d’en bas, et que par conséquent l’assurance n’était pas responsable des dommages.
Qu’est-ce qu’un « événement catastrophique » ?
Mais surtout, et revenons au début, qu’est-ce qu’un « événement catastrophe » ? A Traversara – le hameau de Bagnacavallo (Ravenne) aujourd’hui tristement célèbre pour avoir eu le malheur d’être submergé par la fureur de la rivière Lamone, qui déborda à cet endroit – les maisons furent détruites par Giove Pluvio qui envoya trop de pluie ou de le remblai relevant de la Région, dont la fuite a créé un robinet à haute pression d’eau, de boue et de bûches contre les murs des immeubles jusqu’à leur démolition ?
D’autre part, le principe a été posé par le ministre de la Protection civile Nello Musumeci lui-même, qui a déclaré dans une interview à la radio : « Arrêtons de dire ‘je n’en avais jamais vu autant’, c’est désormais devenu monnaie courante avec le changement climatique ». S’il s’agit de l’ordinaire, il y a aussi quelqu’un de responsable de ce qui ne va pas dans les actions ordinaires, puisqu’on ne peut plus reprocher au destin ou au changement climatique de nous envoyer un foutu événement extraordinaire et imprévisible. Bref, l’Etat a beau introduire une assurance obligatoire, mais ne pense pas qu’il puisse s’en sortir ainsi, car il y a aussi le droit à indemnisation qui fait tourner la roue. Et en cas d’omissions sur un remblai ou de mauvaise gestion du territoire, les compagnies d’assurance – contrairement aux citoyens normaux – sont très patientes avec le timing de la justice et savent très bien défendre leurs intérêts devant les tribunaux…