Après 25 ans de négociations, le feu vert a été donné à l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le marché commun sud-américain dont sont membres l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay.
Accord du Mercosur, l’Italie pour et la France contre : quels changements pour l’agriculture européenne
L’accord, qui devrait créer la plus grande zone de libre-échange au monde avec environ 700 millions de citoyens concernés, représente une victoire géopolitique importante pour Bruxelles, en particulier à une époque de présence et d’influence croissantes de la Chine en Amérique latine.
Cinq pays contre l’accord, l’Italie est d’accord
La scission en Europe est également apparue à la suite du vote sur le traité. Une majorité qualifiée des États membres de l’UE a approuvé l’accord commercial, mais la France, la Pologne, l’Autriche, l’Irlande et la Hongrie ont exprimé leur opposition, tandis que la Belgique s’est abstenue. L’Italie a voté pour, après que le Premier ministre Meloni a salué la proposition d’Ursula von der Leyen de garantir, dans le prochain budget pluriannuel, la possibilité d’utiliser des ressources supplémentaires pour les agriculteurs dès 2028, au lieu d’attendre l’examen à mi-parcours. Cela représente environ 45 milliards d’euros mobilisables immédiatement pour soutenir les agriculteurs.
Que se passe-t-il maintenant ?
Quelles sont les prochaines étapes maintenant ? Après l’approbation formelle qui arrivera dans l’après-midi, le président de la Commission européenne s’envolera pour le Paraguay pour signer l’accord au nom de l’UE le 12 janvier. Ensuite, le Parlement européen devra exprimer son accord, qui pourrait arriver lors de la prochaine session plénière à Strasbourg le 20 janvier. Les accords pourront donc entrer en application provisoire après ratification par au moins un pays du Mercosur, et resteront valables jusqu’à ce que le processus de ratification soit achevé dans les 27 États membres de l’UE et dans les pays du bloc sud-américain.
Qu’est-ce qui a poussé l’Italie à voter en faveur de l’accord
L’Italie, qui faisait partie du camp du « non » lors du dernier Conseil européen de décembre, avait demandé une réflexion plus approfondie sur certains points de l’accord.
Au moment du vote, elle rejoint le front favorable avec l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Espagne et les pays scandinaves.
L’UE alloue 45 milliards aux agriculteurs pour pousser Meloni à voter en faveur du Mercosur
Le gouvernement italien dirigé par Giorgia Meloni serait poussé à soutenir l’accord également grâce au dépassement du dernier obstacle pour la protection des produits agricoles : l’abaissement du seuil d’ouverture d’enquêtes pour d’éventuelles perturbations du marché, qui est passé de 8% à 5%. Il s’agit d’une clause dérogatoire, qui prévoit la suspension de l’accord si les importations de certains produits agricoles sensibles en provenance des pays du Mercosur dépassent ce seuil.
Renversant lors de la conférence de fin d’année, le Premier ministre a commenté le vote de l’accord : « Je n’ai jamais eu d’a priori idéologique sur le Mercosur, j’ai toujours posé une question pragmatique qui ne concerne pas seulement le Mercosur : la stratégie européenne d’hyperréglementation en son sein, en s’ouvrant en même temps aux accords de libre-échange est suicidaire. Je suis pour les accords de libre-échange mais aussi pour la déréglementation ». Le oui à l’accord du Mercosur est intervenu « à la lumière des garanties » obtenues pour nos agriculteurs », a précisé Meloni.
Les tracteurs retournent dans les rues pour protester contre l’accord
Pendant ce temps, en France comme en Belgique, les tracteurs sont revenus protester. Barrages routiers, manifestations devant les ministères et marches lentes paralysent l’accès à la capitale française, tandis qu’en Belgique les agriculteurs sont concentrés autour de Bruxelles, au cœur politique de l’Union.
Même à Milan, les agriculteurs sont descendus dans les rues pour bloquer la circulation avec leurs véhicules, en signe de protestation contre l’accord de libre-échange avec le Mercosur. La mobilisation a été appelée par la Coapi et Riscattoagricoltura Lombardia contre la signature du traité qui « encourage la spéculation et punit les agriculteurs et les citoyens européens et sud-américains ». Une grande manifestation est également attendue à Strasbourg où le dernier passage formel de l’accord devrait avoir lieu lors du vote en plénière le 20 janvier.