Le musée d’Orsay à Paris, qui abrite la plus grande collection au monde d’art impressionniste et postimpressionniste, a inauguré une nouvelle chambre dédié à œuvres d’art volées par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale et jamais réclamé. Et ils sont si nombreux : en effet, pendant la Seconde Guerre mondiale, pendant toutes les années où le parti nazi était au pouvoir en Allemagne, ils ont été perpétrés dans tous les pays d’Europe. les soi-disant « spoliations nazies », c’est-à-dire le vol systématique d’œuvres d’art. En rotation, le musée présentera les 225 œuvres qu’il détient dans le cadre de l’exposition « À qui appartiennent ces œuvres ?
Selon la Jewish Claims Conference, les nazis ont saisi environ 650 000 œuvres d’art et objets religieux appartenant à des juifs et autres victimes. Parmi celles-ci, plus de 30 000 œuvres sont toujours portées disparues : certaines pourraient avoir été détruites, d’autres simplement cachées. Parmi les œuvres jamais retrouvées, il y en a de très précieuses : l’Italie, par exemple, n’a pas encore récupéré plus d’un millier d’œuvres d’art d’Allemagne, dont peintures de Michel-Ange, du Pérugin, de Marco Ricci, du Titien, de Raphaël, de Canaletto, des sculptures grecques et romaines, violons par Stradivari, meubles, manuscrits.
L’histoire des « Monuments Hommes et Femmes »
Les forces alliées ont tenté de s’opposer au vol systématique d’œuvres d’art : il y avait notamment un groupe d’environ 345 hommes et femmes de 13 nationalités différentes, pour la plupart des intellectuels ou des artistes recrutés parmi des directeurs de musées, des bibliothécaires, des spécialistes d’art et des architectes, qui faisaient partie du groupe. Programme Monuments, Beaux-Arts et Archives (dont les exploits ont inspiré le film de 2014 Monuments Hommes). Ces « agents » ont récupéré de nombreux trésors artistiques européens volés par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.
Parmi les œuvres qu’ils ont réussi à sauver figure le célèbre tableau Dans la serre De Édouard Manetqui représente une femme avec une robe bleue et un parapluie fermé sur ses genoux, se reposant sur un banc dans un parc, un film très célèbre Autoportrait De Rembrandt, le portrait du Docteur Paul Gachet par Vincent van GoghEt L’art de peindre De Jan Vermeerœuvre achetée personnellement par Adolf Hitler en 1940 et récupérée par les forces alliées en 1945.
La galerie des œuvres volées par les nazis au musée d’Orsay
La France, de son côté, a fait un excellent travail dans les années qui ont suivi la guerre pour retrouver les propriétaires des œuvres collectionnées par les nazis sur son territoire. Selon un rapport publié par un groupe de travail créé par le gouvernement français en 1997environ 100 000 œuvres d’art ont été pillées pendant la guerre rien qu’en France : environ 60 000 d’entre eux furent récupérés en Allemagne et en Autriche à la fin de la guerre, et les trois quarts furent restitués à leurs propriétaires légitimes (ou à leurs descendants) ; environ 15 000 œuvres n’ont jamais été restituées car l’identité des propriétaires et héritiers originaux n’a pas pu être établie.
La galerie du musée français accueille désormais une exposition intitulée « À qui appartiennent ces œuvres ?: présentera une sélection tournante des 225 œuvres actuellement détenues par le musée. Douze peintures et une sculpture sont actuellement exposées, dont une œuvre d’Edgar Degas, et le musée a chargé une équipe de chercheurs spécialisés dans la provenance des œuvres d’art d’étudier reconstituer l’histoire de ces œuvres non réclamées, dans le but de pouvoir restituer aux propriétaires légitimes.
La nouvelle salle du musée d’Orsay est conçue comme un espace d’exposition dynamique et non permanentdestiné à mettre en valeur une sélection d’œuvres actuellement classées non attribué ou en attente de retour. L’exposition ne suit pas une logique chronologique ou stylistique, mais une structure documentaire: chaque œuvre est présentée comme un cas individuel, accompagné d’informations sur sa provenance connue, les lacunes de son historique et les éventuelles tentatives d’identification des propriétaires. En effet, l’objectif n’est pas seulement explicatif, mais aussi informatif, avec des supports numériques et archivistiques qui permettent d’accéder à des informations supplémentaires sur la provenance des œuvres, sur les changements de propriété connus et sur les données encore manquantes, avec une mise à jour continue de l’information, conformément à l’idée que la collection n’est pas statique mais sujette à des révisions à mesure que de nouvelles preuves émergent, ouverte à d’éventuels développements futurs.