Quand il s’agit de don d’organesl’une des questions les plus fréquentes est aussi celle qui suscite le plus de crainte : « comment peut-on être sûr que le prélèvement d’organes n’aura pas lieu alors que le donneur est encore en vie ? » La réponse réside dans la rigidité du protocoles médico-légaux qui réglementent l’évaluation du décès en Italie : des procédures basées sur des critères scientifiques précis, établis par la loi et contrôlées par des équipes médicales indépendantes. Le certificat de décès en Italie est défini par loi 578/1993 et repose sur la cessation irréversible des fonctions encéphaliques.
La confirmation du décès ? Protocoles scientifiques et juridiques
D’un point de vue scientifique, médical et juridique, la mort coïncide avec la mort arrêt irréversible de toutes les fonctions cérébrales, c’est-à-dire le cerveau, le cervelet et le tronc cérébral. Dans l’imaginaire commun, on pense souvent que la mort coïncide avec l’arrêt du cœur, mais ce n’est pas le cas. En fait, même en cas d’arrêt cardiaque, la cause ultime du décès est toujours le cerveau : privé de sang et d’oxygène, il subit des dommages irréversibles.
Lorsque le cerveau cesse définitivement de fonctionner, en plus de l’absence de conscience, il n’y a aucun contrôle des fonctions essentielles à la vie, notamment la respiration spontanée, les réflexes vitaux, la régulation cardiovasculaire, la régulation de la température.
Pour cette raison, on dit que la mort n’est qu’un: ce qui change, c’est la manière dont elle est constatée, à travers des critères neurologiques ou cardiaques.
Le cadre réglementaire italien sur la vérification du décès
En Italie, la vérification des décès est régie par des règles précises :
- Loi no. 578 du 29 décembre 1993qui définit la mort comme la cessation irréversible des fonctions cérébrales
- Arrêté ministériel du 11 avril 2008qui fixe les modalités d’évaluation opérationnelle
Un élément fondamental de la procédure de certificat de décès est le séparation entre les équipes médicales impliquée : l’équipe soignante, chargée de tout mettre en œuvre pour sauver la vie du patient, est distincte et indépendante de l’équipe qui constate et certifie le décès. Ce n’est qu’après la certification officielle qu’il est vérifié si le patient peut être un donneur potentiel, et c’est seulement à ce moment-là qu’un troisième groupe, l’équipe de transplantation, entre en jeu.
Arrêt cardiaque irréversible (Don avec cœur arrêté)
En cas d’arrêt cardiaque, toutes les manœuvres de réanimation disponibles sont effectuées. En cas d’échec, l’absence d’activité cardiaque est documentée, mais cela n’équivaut pas encore à un certificat de décès.
La raison est précise : même dans ce scénario, la mort survient parce que le cerveau, privé de sang et d’oxygène en raison d’un arrêt cardiaque, subit des dommages irréversibles. C’est toujours l’arrêt des fonctions encéphaliques qui définit la mort, l’arrêt cardiaque en étant la cause et non le critère suffisant.
C’est pour cette raison que la loi italienne prévoit un période d’observation de 20 minutes consécutives sans activité cardiaque avant de pouvoir déclarer officiellement le décès : un intervalle qui sert à exclure toute possibilité de reprise spontanée de l’activité cardiaque et, par conséquent, à garantir que les lésions cérébrales sont irréversibles. Il s’agit d’une des normes les plus prudentes en Europe ; dans de nombreux autres pays, la même évaluation est effectuée après 5 minutes.
Ce n’est qu’après ce délai que le décès est déclaré et, éventuellement, qu’une procédure de don est initiée.
Mort cérébrale (don à cœur battant)
Dans le cas où le patient subirait des lésions cérébrales irréversibles, toutes les fonctions qui en dépendent, y compris la respiration, cesseraient si elles n’étaient pas prises en charge par des machines. En particulier, la ventilation mécanique favorise l’apport d’oxygène au cœur et maintient son activité. Si la ventilation était coupée, plus d’oxygène n’atteindrait le cœur et celui-ci cesserait de fonctionner.
Les fonctions du cerveau ont cessé définitivement : sans la machinerie, la respiration et le rythme cardiaque s’arrêteraient en peu de temps. Le cœur ne bat que parce que le corps est soutenu artificiellement, et non parce que la personne est vivante.
Pour certifier le décès dans ce cas, on intervient commission de trois médecins indépendants: un anesthésiste-réanimateur, un neurologue ou neurophysiopathologiste et un médecin légiste (ou anatomo-pathologiste). Cette commission observe le patient pendant une période d’au moins 6 heures consécutivesvérifiant simultanément la présence de toutes les conditions suivantes :
- coma profond irréversible
- absence de réflexes du tronc cérébral
- absence de respiration spontanée (test d’apnée)
- électroencéphalogramme plat (EEG).
Si toutes ces conditions persistent pendant toute la durée de la période d’observation, le décès peut être constaté. Une fois le patient déclaré décédé, deux scénarios se présentent : dans le premier cas, on procède aux opérations qui amèneront le défunt à la morgue ; dans le deuxième cas, si le patient en vie avait déclaré vouloir être donneur (ou au moment du décès, sa famille a déclaré vouloir donner les organes de l’être cher), alors seulement le processus qui mènera au don est activé.
Mort cérébrale et coma : deux pathologies radicalement différentes
Un autre point souvent mal compris est la différence entre la mort cérébrale et le coma. Ce n’est pas la même chose, ni cliniquement ni légalement.
Dans le comale cerveau est gravement compromis mais maintient une activité électrique détectable sur l’électroencéphalogramme, certains réflexes peuvent être présents et, surtout, il y a une possibilité de récupération. Dans le mort cérébraleCependant, il n’y a pas d’activité cérébrale, il n’y a pas de réflexes du tronc cérébral, il n’y a pas de respiration autonome, l’EEG est plat et la condition est irréversible par définition.
Le don n’anticipe pas la mort
Le point central de tout ce système est un seul : en aucun cas le don d’organes ne peut précipiter la mort. Les médecins ont l’obligation de constater le décès, sur la base de critères neurologiques ou cardiaques, indépendamment de toute autre considération, y compris un éventuel don.
Des protocoles rigoureux garantissent une certitude absolue de décès avant que toute autre décision ne soit prise.
Critères de vérification et de certification du décès