Comment fonctionne l’application UE pour vérifier l’âge des utilisateurs et comment elle va changer la façon dont nous restons en ligne

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Ursula von der Leyenprésident de la Commission européenne, a annoncé ces dernières heures la création d’unapplication pour vérifier l’âge des utilisateurs en ligne. L’objectif est clair : protéger les enfants et les adolescents des phénomènes dangereux – comme le cyberharcèlement, la sollicitation par des prédateurs en ligne et le contact avec des contenus pour adultes – qui sont de plus en plus répandus sur le Web. La solution devrait permettre aux utilisateurs de démontrer qu’ils sont majeurs lorsqu’ils accèdent aux plateformes en ligne.

Le système est basé sur des principes déjà testés pendant la pandémie de COVID-19, lorsque des solutions ont été développées pour pouvoir toujours avoir sur soi les certificats de vaccination, de guérison, etc., mais introduit un élément clé : le soi-disant « preuve de connaissance nulle »une technique cryptographique qui permet de prouver des informations (en l’occurrence l’âge) sans révéler les données originales. L’application sera gratuite, interopérable entre différents appareils et, surtout, open source, c’est-à-dire avec un code accessible au public pour une vérification indépendante. Certains États membres (dont l’Italie) travaillent déjà à l’intégration dans les portefeuilles numériques nationaux (tels que IT-Wallet), tandis que Bruxelles souligne que cette solution cela pourrait devenir une norme européenne. En parallèle, l’UE continue de renforcer l’application des règles sur les plateformes numériques, signalant ainsi que la protection des mineurs est prioritaire sur les intérêts économiques.

Pourquoi est-il nécessaire d’avoir une application de vérification de l’âge

Commençons par un fait : le temps que les enfants et les adolescents passent en ligne ne cesse de croître. Cela est dû en partie à la conception des plateformes, dont le fonctionnement repose souvent sur des mécanismes d’engagement intensifs (comme le défilement infini ou le contenu hautement personnalisé). Plus un enfant est en ligne, plus il risque d’être confronté à des phénomènes dangereux, tels que cyberintimidation. Selon les organismes européens, un enfant sur six est victime de harcèlement en ligne et un enfant sur huit est un harceleur en ligne. Ce sont des chiffres vraiment alarmants.

C’est dans ce cadre que la Commission européenne a proposé une approche coordonnée au niveau supranational. L’idée est de éviter la fragmentation réglementaire entre les États membresce qui rendrait inefficaces les mesures de protection. Le cœur de la proposition est leapplication de vérification de l’âge: Un outil qui fonctionne de manière similaire à l’exigence d’une pièce d’identité pour acheter des produits soumis à une limite d’âge, mais transposé dans l’environnement numérique.

D’un point de vue technique, le système introduit un concept fondamental : le « preuve de connaissance nulle ». En cryptographie, cette technique permet à un utilisateur de démontrer qu’il possède certaines informations sans les révéler. Appliqué au cas concret, cela signifie que l’on peut confirmer que vous êtes majeur sans communiquer notre date de naissance ou d’autres données personnelles à la plateforme à laquelle nous accédons. Cette approche réduit considérablement le risque de suivi et de profilage, c’est-à-dire la collecte et l’analyse systématiques du comportement en ligne à des fins commerciales.

L’application est conçue pour être simple à utiliser : après téléchargement, vous pouvez la configurer en l’associant à un document officiel, comme une carte d’identité ou un passeport. Une fois l’enregistrement terminé, le système génère unpreuve d’âge numériquequi est stocké en toute sécurité sur votre appareil. Lorsque nous accédons à un service en ligne, nous pouvons afficher cette attestation sans exposer d’autres données.

Un aspect important concerne laarchitecture open source de l’application. Le code de l’application étant accessible au public et vérifiable, les chercheurs, les développeurs et les institutions peuvent vérifier son fonctionnement, identifier d’éventuelles vulnérabilités et garantir une transparence maximale. Dans un domaine délicat comme celui de la gestion des données personnelles, cet élément représente un point fort non négligeable.

Comment fonctionne l’application de vérification de l’âge

LE’Application de vérification de l’âge peut être installé sur Androïde quoi de neuf IOS. Pour le moment, cependant, l’application n’a pas été publiée sur le Google Play Store ni sur l’App Store d’Apple. Sur le site Solution européenne de vérification de l’âgeEn fait, ce qui suit est expliqué :

(L’application) est disponible en téléchargement sur GitHub, une application Android précompilée. Vous pouvez installer le fichier APK directement sur votre appareil Android à des fins de test. (…) Une version iOS de l’application est également disponible ; cependant, en raison de restrictions de plate-forme, une version précompilée n’est pas distribuée publiquement.

Ceci posé, nous décrivons brièvement leexpérience utilisateur de l’application de vérification de l’âge. Au moins en ce qui concerne cette première version démo, l’application fonctionne selon une séquence très spécifique : après son premier lancement, il y a la consultation des pages d’informations sur la confidentialité, l’acceptation des conditions d’utilisation et la configuration d’un code PIN pour la sécurité. Des systèmes biométriques, comme la reconnaissance faciale, peuvent également être activés pour faciliter l’accès. Ensuite, l’utilisateur est invité à choisir une méthode d’enregistrement qui lui permet d’obtenir une preuve d’âge via un fournisseur d’identité numérique. Une fois générée, cette attestation est stockée localement et peut être utilisée pour une vérification ultérieure. Nous vous laissons avec une courte vidéo qui illustre visuellement les étapes que nous venons de décrire.