Cinq drones ont survolé la base sous-marine française de l’Ile Longue, dans la rade de Brest, à l’extrême ouest de la France, où se trouvent les sous-marins nucléaires lance-missiles. L’observation a été enregistrée dans la soirée du jeudi 4 décembre vers 19h30. Le survol de cette zone interdite par des drones n’est pas rare, et dans la nuit du 17 au 18 novembre un autre a été signalé « au-dessus de la presqu’île de Crozon », dont fait partie l’île Longue. La marine française a ouvert le feu sur l’avion sans pilote, procédant à « plusieurs tirs anti-drones ».
La base qui héberge le cœur de la dissuasion stratégique française
La base de l’Île Longue est l’un des sites militaires les plus sensibles de France : elle héberge les SNLE, les sous-marins nucléaires armés de missiles balistiques M51, considérés comme le pilier de la dissuasion stratégique française. En raison de son importance stratégique et sécuritaire nationale, la zone est gardée par environ 120 gendarmes de la Marine en coordination avec un bataillon de fusiliers. La base compte quatre sous-marins, dont un est toujours en mer pour assurer la continuité de la dissuasion nucléaire.
L’intervention pour abattre des drones : les précédents
Les signalements de survols de drones dans des aéroports et autres sites sensibles, notamment militaires, se sont multipliés ces derniers mois en Europe du Nord, et les dirigeants de ces pays voient la main de Moscou derrière ces actions. Et ce n’est certainement pas la première fois, depuis la multiplication des menaces hybrides imputables à la Russie, que des armées nationales frappent des drones ayant pénétré dans l’espace aérien européen. En septembre dernier, l’OTAN, en collaboration avec les forces armées polonaises et certains contingents alliés, a abattu plusieurs drones russes qui pénétraient dans l’espace aérien polonais. Selon les autorités de Varsovie, dans la nuit du 9 au 10 septembre, entre 19 et 23 véhicules aériens sans pilote ont violé l’espace aérien polonais à la suite d’une incursion massive de drones en Ukraine. Au moins trois ou quatre d’entre eux ont été détruits parce qu’ils étaient considérés comme « une menace directe ». Cet épisode a été décrit par Reuters comme la première fois depuis le début de la guerre en Ukraine qu’un pays membre de l’OTAN abattait des drones russes.
La question de la défense contre l’espace aérien à basse altitude est également devenue centrale dans d’autres pays européens. En Allemagne, le gouvernement a approuvé en octobre 2025 un projet de loi autorisant la police fédérale à neutraliser les drones non autorisés ou potentiellement dangereux à l’aide d’armes à feu, de systèmes laser ou de techniques de brouillage de signaux. Cette mesure fait suite à une série d’observations suspectes autour d’aéroports, de bases militaires et d’infrastructures critiques, qui ont alimenté le débat sur la vulnérabilité de l’espace aérien allemand.