Avoirs russes gelés, von der Leyen : "Ils doivent être un thème central des négociations de paix en Ukraine"

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Alors que l’on discute du projet américain de solution au conflit en Ukraine, qui semble avoir reçu une première confirmation de Kiev et un « non » catégorique de Moscou, la question des avoirs russes gelés sur le territoire du Vieux Continent reste toujours à résoudre. Un sujet qui divise de nombreux dirigeants européens. L’Union européenne discute depuis des mois d’un important prêt « correctif » pour soutenir l’Ukraine. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a réitéré dans son discours sur l’état de l’Union en septembre que la guerre relève de la responsabilité de la Russie et que les citoyens européens ne devraient pas avoir à en payer le prix. C’est pour cette raison qu’il a proposé d’utiliser les bénéfices générés par les avoirs russes gelés pour financer un prêt à l’Ukraine.

À combien s’élèvent les actifs russes en Europe ?

C’est combien d’argent ? D’après ce qui a été rapporté par Reutersla valeur totale des avoirs russes gelés en Europe atteint environ 210 milliards d’euros. La plus grande partie, environ 185 milliards, est conservée chez l’institution financière belge Euroclear, tandis que la quasi-totalité du montant restant se trouve au Luxembourg, dans les coffres Clearstream. Des sources russes affirment également qu’environ 65 milliards de ces fonds ne sont pas directement imputables à la Banque centrale russe et que 12 milliards appartiennent à des citoyens russes.

Von der Leyen : « L’utilisation des atouts russes est au cœur des négociations »

Cette question doit être au cœur des négociations de paix. C’est la demande qui émane du numéro un exécutif européen. Dénonçant la vague d’attaques russes sur Kiev la nuit dernière, menées avec des missiles et des drones qui, selon les autorités ukrainiennes, ont également violé l’espace aérien moldave et roumain, von der Leyen a écrit dans X : « C’est un rappel supplémentaire que la sécurité de l’Ukraine est la sécurité de l’Europe. Leurs intérêts sont les nôtres : ils sont inséparables ».

Von der Leyen a réitéré à l’issue de la réunion de la Coalition des volontaires que l’UE continuera à soutenir l’Ukraine dans les prochaines négociations, soulignant que l’un des points centraux reste le financement du pays, « y compris l’utilisation des actifs souverains russes immobilisés ».

Concernant la coopération entre l’Europe et les États-Unis, von der Leyen a évoqué « l’impact significatif de nos vagues coordonnées et successives de sanctions contre l’économie russe. Elles réduisent les ressources dont la Russie dispose pour mener sa guerre d’agression. Et comme la pression reste le seul langage auquel la Russie répond, nous continuerons à l’augmenter jusqu’à ce qu’il y ait une réelle volonté de s’engager sur une voie crédible vers la paix ».

Macron : « Une solution sera trouvée dans les prochains jours sur les avoirs gelés »

Le président français revient sur le devant de la scène en espérant qu’une « solution » sera bientôt trouvée pour « garantir le financement » de l’Ukraine à l’aide d’avoirs russes gelés. Une solution qui pourrait déjà être trouvée « dans les prochains jours ». Emmanuel Macron ne cache pas l’importance de ces atouts, qui sont « extrêmement importants » et « également un moyen de faire pression » sur la Russie. S’adressant aux journalistes après la vidéoconférence de la Coalition des Volontaires, le président français a expliqué que « dans les prochains jours nous finaliserons, en coordination avec tous les pays européens les plus intéressés et évidemment avec l’UE et la Commission européenne, une solution qui nous permettra d’assurer des financements, de donner de la visibilité à l’Ukraine mais de maintenir une certaine pression ». Pour le chef de l’Elysée, « il n’y a clairement pas de volonté russe de cessez-le-feu » et il s’est également dit favorable à une « armée ukrainienne forte » et sans « limites ».