Affaire Nahel : c’est confirmé, le policier jugé pour homicide volontaire, la famille sous le choc

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Affaire Nahel : c’est confirmé, le policier jugé pour homicide volontaire, la famille sous le choc

Un nouveau tournant dans l’affaire Nahel : la justice enclenche la vitesse supérieure

Près de deux ans après la tragédie qui a bouleversé la France, l’affaire Nahel revient sur le devant de la scène judiciaire avec un développement de taille. Ce mardi 3 juin 2025, le parquet de Nanterre a officiellement annoncé que le policier auteur du tir mortel ayant coûté la vie au jeune Nahel devra prochainement se présenter devant la cour d’assises des Hauts-de-Seine. Cette décision, qui marque un nouveau rebondissement dans cette affaire déjà retentissante, promet de rallumer de vives émotions.

Petit retour en arrière – pas besoin de machine à remonter le temps, mais de mémoire : en juin 2023, la France découvrait sous le choc la mort de Nahel, 17 ans. La vague de stupeur a traversé le pays, entraînant plusieurs jours d’émeutes auxquelles nul ne restait indifférent. Le policier mis en cause avait dans un premier temps été placé en détention avant d’être finalement remis en liberté, sous contrôle judiciaire. Un an après ce drame, la mère de l’adolescent déclarait d’ailleurs dans le magazine Elle être “morte à l’intérieur”, un témoignage poignant de la détresse des proches.

Une accusation pour homicide volontaire, un procès en ligne de mire

L’enquête a connu un tournant décisif : selon BFMTV, deux magistrats instructeurs ont rendu une ordonnance de mise en accusation pour “homicide volontaire”, ordonnant ainsi le renvoi du policier devant la cour d’assises. Toujours selon les informations relayées, le procès dans les Hauts-de-Seine pourrait se tenir lors du deuxième ou du troisième trimestre 2026. On a le temps de s’y préparer… psychologiquement, du moins.

Cette décision s’aligne sur les réquisitions formulées par le parquet de Nanterre quelques mois plus tôt, en mars. À l’époque, le procureur avait expressément réclamé un procès pour “meurtre” à l’encontre de l’agent de police impliqué.

Des questions sur la légitime défense et l’usage de la force

Que reproche-t-on exactement à l’auteur du tir ? Le parquet de Nanterre a estimé que « tirer sur le capot ou sur les pneus aurait permis d’éviter toute atteinte à l’intégrité physique du conducteur ». En d’autres termes, d’autres options moins létales semblaient possibles pour mettre fin à la situation, sans que la vie de Nahel ne soit fauchée. Le parquet est allé plus loin, affirmant que « les conditions de la légitime défense ne sont pas remplies » au moment des faits. L’usage même de l’arme par l’agent est ainsi remis en cause – une mise en accusation qui ne manque pas de soulever le débat, dans toutes les conversations, du bistrot au cabinet d’avocat.

Le parquet réserve d’ailleurs un jugement tranché sur la prise de risque : « Ouvrir le feu constituait nécessairement et à tout le moins une prise de risque inconsidérée ». Ces éléments ont consolidé la qualification des faits en “homicide volontaire”.

Pour résumer la position du parquet, les points saillants sont : 

  • Des alternatives non létales auraient pu (et dû) être privilégiées.
  • La légitime défense n’est, selon eux, pas caractérisée.
  • L’action du policier relève donc d’un acte volontaire ayant entraîné la mort.

La défense ne compte pas baisser les bras : l’avocat annonce un appel

Face à ce tournant judiciaire, la défense du policier affiche une détermination sans faille. Maître Laurent-Franck Lienard, avocat de l’agent, a affirmé à BFMTV son intention de faire appel de cette ordonnance de mise en accusation. L’objectif affiché ? Obtenir un non-lieu pour son client, et ainsi éviter un procès. Pour lui, la décision de renvoi devant la cour d’assises n’est donc pas une fatalité inscrite dans le marbre : « On demande un non-lieu », a-t-il insisté.

La famille de Nahel, quant à elle, affronte ce nouveau chapitre sous le choc. Le parcours judiciaire s’allonge, mais l’attente de réponses et de justice reste vive. Le pays suivra sûrement, une nouvelle fois, chaque étape de cette affaire extraordinairement sensible.

Conclusion : une affaire qui ne cesse de bouleverser
Voilà une tournure qui en dit long sur la complexité de cette affaire. Entre douleur des proches, émotion nationale et débats autour de l’usage de la force, la justice française sera, d’ici l’année prochaine, placée au cœur de toutes les attentions pour un procès qui s’annonce dense. Une chose est sûre : l’enjeu reste à la mesure de l’émotion suscitée en 2023, et les prochains mois s’annoncent encore sous haute tension judiciaire.