Les slogans à épargner pour l’été 2026
Avis aux marins : il y a de l’espoir cet été. Eh bien, le paysage des hits ou des hits potentiels de la saison – déjà assez fatigant et fatiguant en soi, avec de nombreuses chansons qui reprennent de vieilles idées et tout autant qui semblent composées plus pour marquer le temps qu’autre chose, net de flops plus ou moins sensationnels – n’est pas seulement peuplé d’éco-monstres, mais encore une fois il cache des perles, ou du moins des chansons qui font sourire pour l’avenir.
Qui sait, peut-être que tôt ou tard nous réaliserons ce qui nous manque. Par ailleurs, il ne s’agit pas nécessairement d’épisodes d’étrangers, de gens durs et purs (qui restent néanmoins, quoique un peu moins que 2025), ils enlèvent en effet beaucoup de satisfaction à la radio et dans les charts, signe qu’une certaine saturation est évidente ou du moins ressentie par les auditeurs.
Gaia et Mace avec Colapesce et Salmo les meilleurs
Net de quelques bonnes idées disséminées ici et là jusque dans les réussites les plus effrontées – l’ironie, cet inconnu, de Obsession par Samurai Jay, le rendons ça bizarre de Marco Mengoni et Angelina Mango dans Chanson d’amour – et en comptant cependant le point de départ, le meilleur est Bossa nostra de Gaia.
L’impression est que la chanteuse italo-brésilienne a enfin trouvé sa voix : ballottée ici et là entre un talent et un autre, concourant deux fois au Festival de Sanremo sans percer, jusqu’à présent elle n’avait pas trouvé la bonne synthèse entre l’urbain, la samba et la bossa nova, courant après les tubes faciles avec des chansons un peu comme ça, y compris des tubes de luxe comme Sexe et samba (2024, avec Tony Effe) et pareil J’appellerai, tu appelleras (2025), qui pourtant, dès la fermeture des parapluies, ne laissent que quelques excellents résultats (qui, bon sang…) mais, sur le plan artistique, n’apportent que peu ou rien.
Perdu dans la traductiondonc en fait non : écrit avec Riccardo Zanotti (qui pour une fois ne semblait pas du tout fatigué des Nuclear Tactical Penguins, demandez Désolé désolé j’entends), Notre patron c’est un morceau raffiné mais radio-friendly, qui tire également sa satisfaction d’éviter de nombreux clichés urbains, faisant taire les raccourcis que l’on prend en Italie dès qu’on parle de musique latine. Gaia, en bref, s’est révélée être plus qu’une machine à hits, et avec elle tout le monde des hits italiens, avec une bossa nova qui ressemble – clairement, nous parlons de mythes – à Ornella Vanoni et Toquinho, plus brésiliens qu’italiens (et ces jours-ci c’est un mérite). L’espoir est que Gaia n’ait pas fait un caprice, mais que ce soit le début d’un nouveau chemin.
Bien sûr, ce n’est pas un caprice Mauvaises habitudesavec le producteur milanais Mace – qui sait que s’il pense à Sanremo, De Martino le surveille ; Un nouvel album devrait cependant sortir à l’automne – qui réunira cette fois deux de ses certitudes, à savoir Colapesce et Salmo, avec qui il avait travaillé individuellement par le passé, mais ici dans une rencontre inédite.
Réunir des mondes lointains, en l’occurrence l’écriture de chansons et le rap, est sa spécialité, mais historiquement, la rencontre entre l’indie et le hip hop est toujours difficile, avec pour conséquence divers monstres de Frankenstein. Entre tambour droit et psychédélisme, avec les comptines chirurgicales de Salmo et la voix ouverte de Colapesce dans le refrain, Mauvais habitudes c’est au contraire la deuxième oasis de bonheur de l’été, qui démontre, une fois de plus, que la radio et les charts peuvent être pris sans jouer avec les clichés habituels du pop-rap, à savoir les refrains effrontés et les rimes accrocheuses. Ici tout est plus lent et plus réfléchi, sans toutefois conduire à trop de réflexion. Ayez-le.
Hors du slogan
Jusqu’à présent, nous avons parlé de pièces conçues spécifiquement pour cette saison, entre ambiances et idées de base, mais avec une approche très différente de celle de nos confrères. Plutôt Bon sang de Fulminacci est presque un vestige du printemps, le deuxième single de son album de Sanremo Calcinacci, en soi légèrement moins sombre que Stupida malheureuse, qui aurait certainement fondu sous cette chaleur. À la radio, il est celui qui, parmi les différents cités, voyage le plus haut, un objectif que l’artiste romain lui-même n’avait jamais atteint auparavant. Et pourtant, surprise, c’est un superbe morceau : riff de guitare électrique mortel, paroles sardoniques qui sentent le Le Y10 Bordelais de Daniele Silvestri et qui, avec une série de jeux de réflexion et de références minimales, raconte la fin d’une histoire d’amour avec style et auto-ironie. En termes de style et d’ambition, une pièce du XXe siècle.
Intemporel, enfin, il l’est Soins de Nu Genea, qui déjà en 2025 avait proposé sa propre alternative au hit avec Châle et maintenant ils reviennent sur les lieux du crime sous les traits des Daft Punk méditerranéens, avec un morceau de musique disco en napolitain qui sonne cependant comme s’il venait d’Afrique du Nord ou de Grèce et non d’une séance de studio dans laquelle trois auteurs et autant de producteurs ont passé l’après-midi à chercher un tube. Qui sait, en entendant les résultats que ces pièces rassemblent, le fait de ne pas être appelé pourrait amener quelqu’un à y réfléchir à nouveau et à décider, en général, d’oser davantage.