Un hacker supprime toute la base de données du cadastre roumain : hypothèques et ventes paralysées

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

L’Agence nationale du cadastre de Roumanie, laANCPa subi une grave attaque de pirate informatique à la suite de laquelle il a été supprimé la base de donnéesparalysant les ventes et les prêts hypothécaires à travers le pays. L’attaque du ransomware n’était pas particulièrement sophistiquée et a réussi grâce à manque d’attention à la cybersécurité de la part des autorités roumaines. L’agence aurait quand même réussi à restaurer le site internet et aurait confirmé l’existence d’une sauvegarde hors ligne, c’est à dire stockée sur des serveurs déconnectés du réseau et donc sécurisés. L’ensemble de l’infrastructure informatique est désormais reconstruit à partir de zéro. Parallèlement, la société de sécurité KELA aurait identifié l’auteur de l’attaque. Derrière le pseudonyme OctetVersBreach il y aurait Zakaria Mahdjoubun cybercriminel algérien déjà connu des forces de l’ordre pour avoir vendu des bases de données gouvernementales et bancaires dans plusieurs pays d’Europe de l’Est.

La rançon demandée par le hacker : une extorsion qui a mal tourné

Tout est parti d’une tentative d’extorsion perpétrée par un cybercriminel connu sous le nom de OctetVersBreachqui a réussi à pénétrer dans les serveurs de l’agence cadastrale roumaine, presque certainement en utilisant les informations d’identification volées aux employés.

Une fois à l’intérieur, il a volé les données personnelles des citoyens, les documents internes et le code source du logiciel de gestion, menaçant l’institution de les divulguer. Le les autorités ont refusé de payer la rançon demandée par le pirate informatique. Ce dernier a réagi supprimer toute la base de donnéesy compris les sauvegardes liées, pour rendre impossible la récupération des données. Cependant, il semblerait que l’agence dispose d’une copie hors ligne des données supprimées.

Sur un forum de hacking, l’attaquant s’est vanté de cet exploit en publiant un post dans lequel il disait :

En plus des données des citoyens roumains, provenant de diverses bases de données collectées via les réseaux ANCPI, il existe également une copie des serveurs GitLab contenant le code source de tous leurs systèmes, comme Eterra, RENNS, ainsi qu’une version de mon petit programme ransomware.

Le marché immobilier est à l’arrêt dans tout le pays

Les premières déclarations officielles des autorités roumaines parlaient de « problèmes techniques » génériques. Mais il n’a pas fallu longtemps pour comprendre qu’il y avait un problème derrière les problèmes en question. cyberattaque qui a bloqué toute activité cadastrale dans un pays où entre 150 000 et 170 000 logements sont vendus chaque année. Ce coup dur arrive également à un moment délicat pour le marché immobilier roumain, où la TVA sur les logements neufs est sur le point de passer de 9% à 21%.

Une attaque tout sauf sophistiquée

Le véritable paradoxe de toute cette histoire est la facilité avec laquelle tout s’est produit. Selon la Direction nationale de la sécurité de l’information (DNSC), le pirate informatique a exploité des failles déjà connues, dont l’agence avait été récemment alertée. Les experts en parlent mauvaise « hygiène informatique »: Mises à jour manquées, mots de passe faibles, pas d’authentification à deux facteurs. Ce qui suscite la controverse, c’est la gestion des deniers publics. Ces vingt dernières années, l’ANCPI a investi 135 millions d’euros pour numériser ses archives, mais seulement 305 000 euros pour les protéger, soit seulement 0,2% du budget total.