Parce qu’on dit d’aller à Canicattì pour indiquer un lieu lointain : où il se trouve et son origine

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

L’expression «aller à Canicattì» est utilisé dans le vocabulaire italien pour indiquer un endroit éloigné et presque inaccessible. Même si pour de nombreux habitants du Centre-Nord, cette ville sicilienne – située dans la province de Agrigente – est situé en bordure de la Péninsule, la réalité offre un centre urbain avec un histoire millénaire et un rôle économique crucial.

À travers la toponymie et le folklore, nous comprendrons comment Canicattì est passée du statut de centre commercial florissant à celui de puissant centre commercial. métaphore linguistique d’un lieu loin et lointain.

Où se trouve Canicattì : 34 mille habitants dans la province d’Agrigente

Plutôt que d’être un avant-poste désolé perdu nulle part, Canicattì est un centre urbain peuplé d’environ 34 000 habitantsniché au coeur de Sicile, dans la province d’Agrigente. Stratégiquement située sur une colline fertile à environ 465 mètres d’altitude, à mi-chemin entre les provinces d’Agrigente et de Caltanissetta, la ville représente depuis des siècles un important carrefour commercial et routier. Il est célèbre pour son de vastes vignobles et pour la production prisée du raisin de table, une richesse agricole inestimable qui lui a permis d’évoluer et de devenir tout sauf un lieu oublié.

Les origines de Canicattì ils datent du 5ème siècle avant JC. avec des colonies liées à la forteresse de Mozio, autour de laquelle a fleuri la légende du tyran arabe Vito Soldanodécrit dans les récits populaires comme un tyran impitoyable. Cependant, l’histoire documentée se consolide en 1089, avec la conquête normande de la Sicile lorsque le héros Salvatore Palmeri il bat le seigneur féodal sarrasin dans un duel épique, devenant ainsi le premier baron chrétien du village.

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Evolution du toponyme

Mais c’est l’étude deétymologie du nom de la ville pour cacher les secrets linguistiques les plus intéressants de Canicattì. Comme cela arrive souvent en toponymie, le nom original a subi une évolution phonétique complexe et a été la cible continue de réinterprétations de la part des gens, alimentant ainsi fausses étymologies (comme la croyance que le nom dérive de l’union des « chiens » et des « chats« ).

Des sources historiques, parmi lesquelles se distinguent les travaux du célèbre géographe arabe Edrisi du XIIe siècle, documentent la présence d’une ferme connue sous le nom de Al-Qattaun mot qui en arabe indique la figure de tailleur de pierresuggérant la présence d’anciennes carrières minières sur place. La forme dériverait alors de cette racine Ayn-al-qattìtraduisible par « source du tailleur de pierre ».

L’étymologie la plus reconnue dérive cependant de l’arabe. Handaq-Attinou « fossé de boue » ou « argile ». Le nom décrivait la conformation géomorphologique de la zone, une dépression où coulait le fleuve Naro, évoluant ensuite phonétiquement de Enfants handicapés dans le courant Canicattì.

Naissance et origines du dicton

Comment, alors, une réalité civique aussi concrète et industrieuse s’est-elle transformée en un symbole abstrait et proverbial d’inaccessibilité ? La réponse résiderait dans un mélange de perception géographique et les mécanismes linguistiques et cognitifs. Tout d’abord, d’un point de vue purement spatial, pour un locuteur natif résidant dans les régions du nord ou du centre de l’Italie, la province d’Agrigente représente un destination très lointaine et radicalement détaché de leur sphère de vie habituelle. Mais la géographie seule ne suffit pas.

La clé du succès de Canicattì dans le langage figuratif est entièrement inhérente à sa particularité structure morphologique e phonologique. Canicattì en est un mot tronqué (accent tonique sur la dernière syllabe) ; ceci, combiné à une allitération consonantique serrée et à l’assonance susmentionnée, le rend acoustiquement amusant. De plus, la similitude avec « chiens et chats » en fait un mot musical et bizarre, le rendant instantanément imprimé dans la mémoire et créant un effet presque iconique et surréaliste dans l’esprit de l’auditeur.

Le pouvoir évocateur et la musicalité du nom ont fait de Canicattì un symbole de la culture de masse, comme en témoigne la célèbre chanson de Zecchino doré de 1977 intitulé « Les châteaux de Brisighella » qui l’utilise comme un archétype d’un lieu éloigné et isolé :

Si au contraire ils étaient à Canicattì

C’est sûr qu’ils ne seraient pas là

De Canicattì à l’exotique Tombouctou

La langue italienne utilise souvent des toponymes réels ou imaginaires pour rappeler l’éloignement ou le manque de pertinence. Pour accorder une importance particulière à ces concepts, l’esprit humain s’appuie sur des noms à la phonétique particulière ou drôle ; il existe des exemples célèbres de mots tels que Roccacannuccia, Casalpusterlengol’exotisme Tombouctou ou même Va te faire foutreutilisé non seulement pour indiquer un lieu indéfini et éloigné, mais aussi pour souligner l’incertitude ou l’impossibilité de retracer une origine précise.

Citer Canicattì pour désigner une destination lointaine ne signifie donc pas évoquer un lieu fictif, mais plutôt un ville avec une histoire millénaire. Grâce à un mélange particulier de phonétique et de folklore, ce centre sicilien est devenu un exemple de notre riche production linguistique quotidienne.