Un petit disque bleu irisé de 5 cm de diamètre, entouré d’une frange de tentacules turquoise, apparaît dans les mers des Pouilles. Ces derniers jours, il a été signalé à Castellaneta Marina, dans la province de Tarente, après des années d’observations dispersées entre Policoro, Salento et Gargano. Comme cela arrive souvent, le premier réflexe de ceux qui la rencontrent est la peur : « Serait-ce une méduse venimeuse ? ». La réponse courte est non : ce n’est même pas une méduse au sens strict. Il s’agit de Porpita porpitacommunément appelé bouton bleuun hydrozoaire colonial de 5 centimètres de diamètre totalement inoffensif pour l’homme.
Qu’est-ce que Porpita Porpita exactement (et pourquoi ce n’est pas une méduse)
Ce qui semble être un seul animal ne l’est pas en réalité. Là Porpita porpita il appartient au phylum des Cnidaria (le même que les méduses, les coraux et les anémones) mais est spécifiquement classé dans la classe des Hydrozoaires, ordre des Anthoathcata, famille des Porpitidae.
La particularité biologique est qu’il ne s’agit pas d’un organisme unitaire, mais d’un colonie de polypes (zoïdes) génétiquement identiques, chacun spécialisé dans une tâche différente, qui fonctionnent ensemble comme un seul « super-organisme ». Au centre de la colonie se trouve un disque plat et dur fait de chitine (la même substance qui forme la carapace des crabes et des crevettes) appelée pneumatophorequi contient de petites chambres à air et agit comme flottant. Autour de ce disque sont disposés les tentacules bleu/bleu claircomposé de dactylozoïdes (avec des fonctions défensives et prédatrices) et de gonozoïdes (dédiés à la reproduction), tandis qu’au centre un seul gastrozoïde digère la nourriture de toute la colonie.

Une étude récente de l’Université de Tokyo, publiée dans Rapports scientifiquesa également montré que le disque central grandit, ajoutant de nouveaux anneaux concentriques à mesure que l’organisme vieillit, un détail qui a permis aux chercheurs d’estimer pour la première fois un âge plausible pour ces animaux, jusqu’à présent très difficiles à étudier car presque impossibles à maintenir en vie en laboratoire.

Où il vit et comment il se déplace dans les mers
Là Porpita porpita il est typique des eaux tropicales et subtropicales de l’océan Atlantique, Pacifique et Indien, mais ces dernières années, il apparaît de plus en plus souvent également dans mer Méditerranéegrâce au réchauffement des eaux.
Il appartient à pleustonterme technique désignant les organismes qui vivent entre l’air et l’eau, suspendus à la surface de la mer grâce à leur flotteur. Il n’a aucune capacité de nage active et il ne bouge que passivementtransporté par les courants marins. C’est précisément cette dynamique de transport passif qui explique pourquoi le bouton bleu se retrouve périodiquement échoué sur les côtes des Pouilles, de la mer Ionienne à l’Adriatique, amené là par une combinaison occasionnelle de vents et de courants.
Le bouton bleu confondu avec une méduse est-il dangereux pour l’homme dans les Pouilles ?
Les tentacules, formés de colonies de dactylozoïdes (ou tentaculozoïdes), remplissent une double fonction : défensive et prédatrice. Comme le rapporte l’ARPA Basilicata, cela est possible grâce à nématocystescellules spéciales équipées de minuscules fléchettes capables d’étourdir leurs proies. Mais pour l’être humain, ces fléchettes résultent complètement inoffensifcar leur effet piquant n’est que très léger.

Si vous le rencontrez en mer, le bon sens reste la meilleure stratégie : mieux vaut ne le touchez pas avec vos mains, ne le soulevez pas et ne le déplacez pas. C’est un organisme extrêmement fragile qui s’endommage facilement au moindre contact. Photographiez-le simplement, peut-être signaler l’observation à des organismes comme l’ARPA qui, dans certaines régions, surveille activement la présence de cette espèce le long des côtes.