L’éclaircissement des nuages ​​marins pour refroidir la Terre peut modifier El Niño : étude de géo-ingénierie solaire

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Il existe une technique appelée Éclaircissement des nuages ​​marins (MCB)que l’on pourrait traduire en italien par « nettoyage des nuages ​​marins », avec lequel l’être humain pense à « guérir » le réchauffement climatique en modifiant artificiellement l’atmosphère terrestre : une nouvelle étude de géo-ingénierie solaire affirme que cette technique, destinée à refroidir la Terre, pourrait cependant risquer d’endormir El Niño et de déformer le climat.

Imaginez avoir une pièce très chaude et décider de la rafraîchir en plaçant un énorme ventilateur pointé vers un coin. La pièce se refroidit bien sûr, mais le mouvement de l’air fait s’envoler tous les papiers du bureau et déplace un rideau qui heurte un vase précieux, le faisant tomber au sol. Une étude très récente menée par des scientifiques deUniversité de Californie, Santa Barbara (UCSB)jette un éclairage inquiétant sur l’une des solutions les plus populaires de ces dernières années, démontrant qu’une « astuce » populaire pour refroidir la planète pourrait accidentellement perturber la météo mondialeva briser l’un des moteurs climatiques les plus importants sur Terre : le cycle climatique El Niño.

La technique MCB de compensation des nuages ​​marins et l’effondrement d’El Niñou

L’idée derrière la technique MCB est simple : les humains pulvérisent des particules microscopiques de sel marin dans les nuages ​​bas au-dessus des océans, en particulier dans l’est du Pacifique. Le sel agit comme un aimant pour l’humidité, créant des nuages ​​​​stratocumulus beaucoup plus denses et plus blancs. hautement réfléchissant. Fonctionnant comme des miroirs de vapeur géants, ces nuages ​​renvoient la lumière du Soleil dans l’espace avant qu’il ne puisse chauffer l’eau, générant ainsi un gigantesque zone ombragée rafraîchissante. Sur le papier, c’est un geste brillant, mais l’atmosphère terrestre n’est pas un système linéaire : c’est un fluide chaotique où si l’on touche une corde à l’Est, une symphonie (ou un désastre) se déchaîne à l’Ouest.

En injectant des données dans des superordinateurs pour simuler les effets à long terme de ce « pare-soleil », les chercheurs ont découvert un effet secondaire inattendu et massif. L’application de l’éclaircissement des nuages ​​marins dans le Pacifique oriental entraînerait un effondrement de l’amplitude ENSO (l’oscillation académique qui régit El Niño et La Niña) par Ben the 61%. En pratique, en refroidissant artificiellement cette partie spécifique de l’océan, l’air devient plus froid et plus sec, réduisant ainsi les précipitations locales. Ce changement modifie la pression atmosphérique, affaiblit la circulation de l’air et finit par… vents qui se renforcent constamment le long de l’équateur. Le résultat ? Le cycle naturel d’El Niño, qui apporte régulièrement de la pluie et redistribue la chaleur sur la planète, serait presque complètement interrompu. endormi.

Cela ne signifie pas simplement avoir un climat plus stable, mais aussi modifier les pluies de mousson en Asie, perturber la saison des ouragans en Amérique et modifier les sécheresses en Afrique. Cependant, l’étude a également fait une comparaison très importante, en testant une autre technique de géo-ingénierie :injection d’aérosols dans la stratosphère (c’est-à-dire que les particules réfléchissantes pulvérisées sont beaucoup plus élevées, à l’échelle mondiale). Étonnamment, cette deuxième option a refroidi la planète tout en laissant le cycle El Niño presque totalement inchangé. Cette découverte nous rappelle une leçon fondamentale : la géo-ingénierie ne peut être évaluée uniquement sur la base de sa capacité à abaisser le thermomètre mondial, car deux techniques différentes peuvent obtenir exactement le même refroidissement mais produire des impacts régionaux complètement opposés.

Entre science-fiction et réalité : la géo-ingénierie solaire est-elle utilisée en Italie ?

Lorsque nous entendons parler de manipulation climatique, nos pensées se tournent immédiatement vers les conspirations internationales, les chemtrails et les laboratoires secrets. En réalité, le manipulation météo c’est une science née au grand jour et, sous des formes infiniment plus limitées que celles supposées dans l’étude californienne, expérimentée depuis des décennies. Nous ne parlons pas de plans occultes, mais d’une technique physique bien connue appelée ensemencement de nuages (ensemencement de nuages). Né dans les années 40, il consiste à projeter des particules microscopiques de iodure d’argent ou de la neige carbonique au sein des nuages ​​existants pour les pousser à évacuer de petits grains d’eau avant l’énergie nécessaire à leur transformation en grêle destructrice. C’est exactement le contraire de ce que l’on imagine et de ce que prétend le complot : ces techniques ont été créées dans le but de protéger et de sauver les cultures, certainement pas de les détruire.

En Italie, cette technique fait partie de notre histoire récente : elle a été largement expérimentée dans le passé par le gouvernement dans des régions comme Pouilles (le célèbre projet « Rain » des années 60/70), le Sicile et le Sardaigne pour lutter contre les grandes saisons de sécheresse. Cependant, les programmes publics étaient longtemps suspendu et abandonnéà la fois en raison des coûts élevés et parce que les résultats scientifiques sur leur efficacité réelle se sont révélés trop incertains et difficiles à démontrer. Aujourd’hui, dans notre pays, il ne reste que très peu d’initiatives privées et localisées de consortiums agricoles individuels (par exemple dans certaines régions du Nord) qui tentent d’utiliser des systèmes anti-grêle sur le terrain pour défendre les vignes de valeur, mais sans aucun programme étatique ou structuré.

Il y a alors une énorme différence entre ensemencement de nuages local et les nouveaux projets de géo-ingénierie solaire: le premier essayait simplement de jeter l’eau quelques kilomètres plus tôt pour sauver un champ, sans altérer le climat global ; la seconde vise plutôt à modifier le bilan énergétique et thermique de la planète entière.