L’avenir de la Méditerranée d’ici 2100 : pourquoi 45 % des plages italiennes risquent de disparaître

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

LE’8 juillet est célébré journée internationale de la mer Méditerranéeun événement qui attire l’attention sur les problèmes environnementaux qui affectent ce bassin, notamment l’intense érosion côtière. Au cours des dernières décennies, l’érosion a été accélérée par l’élévation du niveau de la mer et les événements météorologiques extrêmes dus à le réchauffement climatiqueainsi que de l’urbanisation des côtes et de l’élimination des sédiments par l’homme. De nombreuses plages ont déjà reculé considérablement et cela est attendu vers 2100 ils pourraient être immergé jusqu’à 40 000 km2 des côtes surplombant la Méditerranéel’équivalent de 5 millions et demi de terrains de football. En Italie, au cours de ce siècle, il existe un risque de jusqu’à 45% des plages disparaissent.

L’évolution de l’érosion côtière : jusqu’à 40 000 km2

Selon l’Agence européenne pour l’environnement, entre 2006 et 2018, le niveau de la mer Méditerranée a augmenté de 3,7 mm par ansoit plus du double de la moyenne du siècle dernier. Cette augmentation a accéléré l’érosion côtière, mettant en danger nos côtes maritimes, qui s’étendent sur 46 000 km. Sur la base des études réalisées dans le cadre du projet SAVEMEDCOASTS-2 coordonné par INGV, il est prévu que vers 2100 ils pourraient être immergé jusqu’à 40 000 km2 des côtes qui surplombent la Méditerranée.

En ce qui concerne l’Italie, depuis les années 1970 jusqu’à aujourd’hui, l’érosion a déjà consommé plus de 40 millions de mètres carrés de plages. Les côtes italiennes s’étendent sur une longueur totale de 3400 km et ont une extension totale d’environ 120 km2 et une largeur moyenne limitée à quelques dizaines de mètres, ce qui les rend particulièrement vulnérables. Les projections du sixième rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) indiquent qu’à la fin du siècle, le long des côtes italiennes, le niveau de la mer pourrait monter d’environ 60 à 70 cm.

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Basé sur le XVIIe rapport de la Société géographique italienne, d’ici 2100, jusqu’à 45 % des plages italiennes risquent de disparaître. Les côtes de la Haute Adriatique, les côtes tyrrhéniennes entre la Toscane et la Campanie, les côtes des Pouilles du Gargano, les régions de Cagliari et d’Oristano en Sardaigne, le delta du Pô et la lagune de Venise seront particulièrement touchés. Parmi les plages les plus emblématiques menacées de notre pays se trouve celle de Porto Giunco, au sud-est de la Sardaigne : ici, l’érosion pourrait entraîner un recul du littoral jusqu’à 100 m d’ici la fin du siècle. Une étude récente a mis en évidence que la vulnérabilité de nos côtes est particulièrement accentuée aux embouchures des fleuves, où elles reculent actuellement. même 10 mètres par an. Les zones les plus menacées d’érosion, au-delà du delta du Pô, sont les embouchures du Serchio, de l’Arno et de l’Ombrone en Toscane et celle du Sinni en Basilicate.

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Les causes du retrait des côtes

L’élévation du niveau de la mer n’est pas le seul facteur qui a accentué l’érosion côtière. En raison du changement climatique, les eaux de la Méditerranée sont de plus en plus chaudes et leur évaporation de plus en plus intense alimente fréquemment événements météorologiques extrêmes. Ces événements s’accompagnent souvent d’ondes de tempête qu’ils peuvent provoquer inondations capable de modifier la morphologie côtière. En outre, au cours du siècle dernier, dans une grande partie de la Méditerranée, le changement climatique a conduit à une réduction des précipitations annuelles totales. Ceci, associé aux interventions humaines telles que collecte de matériaux dans le lit des rivières et le construction de barragea considérablement réduit la capacité des rivières à transporter des sédiments vers la côte. De ce fait, les plages sont mal nourries et donc plus exposées à l’érosion. À ces facteurs s’ajoute leurbanisationce qui a entraîné la destruction de la végétation côtière et des ceintures de dunes qui défendent les plages. Sans interventions adéquates capables de favoriser la reconstitution des plages, leur retrait causera des dommages de plus en plus graves aux écosystèmes, ainsi qu’aux infrastructures, aux bâtiments et au tourisme balnéaire.