En Italie, tout le monde dispose en moyenne de 33 m² de verdure urbaine, mais près de la moitié n’est pas accessible : le plan

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Selon le dernier rapport surEnvironnement urbain publié par ISTAT, en 109 municipalités capitales italiennes (où ils vivent environ 17,5 millions de personnes, soit près d’un tiers de la population), l’extension globale des espaces verts urbains dépasse 584 km²égal à 3% du territoire des capitales et une disponibilité moyenne de 33,3 m² de verdure par habitant. Chacun de nous devrait donc disposer de plus de 30 mètres carrés de verdure urbaine, mais souvent le parc le plus proche se trouve à 20 minutes à pied.

Combien font 33 mètres carrés ? Pour vous donner une idée, c’est la surface de un studio spacieux ou un petit deux pièces ; correspond plus ou moins 2 places de stationnement et demie, 40 serviettes de plage allongé sur le sol ou 12 tables de ping-pong les uns à côté des autres.

La norme d’urbanisme minimum prévu par le décret ministériel 1444/1968 est de 9 m² d’espaces verts publics équipés par habitant est 9 m²/habitantdonc sur le papier chacun de nous aurait droit à trois fois plus que le minimum jugé nécessaire. Il y a cependant un problème : toute cette verdure n’est pas ouverte à l’usage direct des citoyens et les zones réellement accessibles, à l’exclusion des bois et des zones protégées, tombent au 18,9 m² par habitant, soit près de 60% du total. Cet écart entre la verdure étudiée par les données et la verdure dont nous pouvons réellement bénéficier est évident dans les données de l’ISTAT publiées en 2025 et se référant à l’année 2023.

La différence entre le vert disponible et le vert accessible

ISTAT mesure le verdure urbaine comme l’ensemble de tous espaces verts gérés par des organismes publics sur le territoire communal : les parcs et jardins sont inclus dans le calcul, mais aussi les cimetières, les jardins botaniques, les espaces boisés, les espaces verts non cultivés et les zones forestières urbaines (lire : les nouveaux bois plantés pour absorber le CO₂ et atténuer la chaleur). Certaines de ces surfaces il n’est pas destiné aux citoyens: une forêt urbaine en développement naturel ou une zone protégée a une valeur écologique, mais n’est pas un terrain de jeu où amener les enfants.

Pour cette raison le verdure urbaine accessiblec’est-à-dire les espaces ouverts au public sans restrictions, excluant généralement les surfaces non accessibles au public, telles que les espaces boisés, la foresterie urbaine et les espaces verts non cultivés.

C’est là que la moyenne nationale se situe presque ça réduit de moitié: des 33,3 m² théoriques on descend à 18,9 m² effectivement vivable. C’est une différence significative, car lorsque l’on parle des bienfaits de la verdure urbaine sur notre santé – moins d’îlots de chaleur, une meilleure qualité de l’air, plus d’activité physique et de bien-être psychologique – importe surtout que la verdure est accessible et facilement accessiblenon seulement qu’il existe sur le territoire municipal.

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Verdure accessible : parcs en première place, villas historiques et jardins de quartier

LE parcs urbains représenter le 15,2% de verdure au total dans les capitales, avec près de 89 millions de m². En valeur absolue, ils dominent Rome (plus de 20 millions de m²) e Milan (9,4 millions) ; en pourcentage, ils sont en tête Gorizia Et Coinoù la moitié de la verdure de la ville est constituée de parcs.

On retrouve ensuite le vert équipé (10,6%), soit des petits parcs et jardins de quartier, dotés de bancs et d’aires de jeux, et pour la même superficie vert historique (10,6%), qui comprend les villas, parcs et jardins d’intérêt artistique protégés par la loi, auquel cas le record absolu revient à Turinavec 8,4 millions de m².

Il y a ensuite les domaines de mobilier urbain (8,9%, espaces verts à valeur esthétique), le espaces sportifs extérieurs (4,5%) ie jardins scolaires (3,7%). Tout le reste (espaces verts incultes, espaces boisés, foresterie urbaine) contribue à la constitution des chiffres mais n’est généralement pas accessible et couvre dans les capitales non métropolitaines plus de la moitié des surfaces vertes (53,8 %).

Il y a une voix qui, même si elle n’est pas « accessible », s’élève : celle du reboisement urbainc’est-à-dire la création de nouvelles forêts à développement naturel dans la zone urbaine, qui contribuent à l’absorption du CO₂ et à l’atténuation de l’effet des îlots de chaleur urbains. En 2023, ils sont passés à 62 majuscules avec des interventions de reboisement réalisées ou en cours, pour plus de 16 millions de m² au total, thématique soutenue par les fonds du PNRR et concentrée surtout au Nord : 88,6 m² par hectare de surface urbaine au Nord-Est, contre 11,7 au Sud.

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Au Nord-Est il y a plus de verdure, les Îles sont à la traîne

La géographie de verdure urbaine en Italie ce n’est pas uniforme: la dotation la plus élevée est enregistrée dans les capitales des Nord-Est, avec 64 m² par habitantplus du triple de 20,8 m² des Îlesqui clôture le classement. Le Nord-Ouest, le Centre et le Sud se situent autour de la moyenne nationale.

Les données les plus surprenantes concernent cependant les grandes villes : les 14 communes capitales des villes métropolitaines (Turin, Gênes, Milan, Venise, Bologne, Florence, Rome, Naples, Bari, Reggio de Calabre, Palerme, Messine, Catane et Cagliari) viennent de 20,1 m² de verdure disponibles par habitantcontre moi 48,1 m² des chapiteaux plus petit. Cela se produit parce que dans les grandes villes, la même quantité de verdure doit être répartie entre un plus grand nombre de personnes et l’espace est contesté par les bâtiments. En moyennele des villes plus grandes et plus densément urbanisées ils ont tendance à en avoir un disponibilité moindre de verdure par habitant.

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Si l’on regarde uniquement la verdure accessible, le tableau se confirme et, à certains égards, s’aggrave : c’est parti 29,4 m² par habitant du Nord-Est à 19,4 dans le Nord-Ouest, jusqu’à 18,9 au Centre et seul 11,9 m² au Sud. Ici aussi, les grandes villes offrent 15,9 m² accessibles par habitant contre 22,2 dans les autres petites capitales.

La carte des villes les plus vertes et celles où il manque même les exigences légales minimales

Il existe une norme minimale d’urbanisme fixée par la loi : chaque citoyen doit en avoir au moins un à sa disposition. 9 m² de verdure (norme d’urbanisme établie par le décret ministériel 1444/1968). C’est l’espace d’un grande salle de bainou même moins d’une place de parking: c’est un minimum faible, mais en 10 majuscules ne sont pas atteintes. Il s’agit d’Imperia, Savona, Chieti, Andria, Barletta, Trani, Crotone, Trapani, Messina et Syracuse.

À l’autre extrême, il y a les villes hyper-vertes, celles avec plus de 100 m² de verdure par habitant: au Nord, ils se démarquent Verbania, Sondrio, Trente, Bolzano et Gorizia; au Centre Terni et Rieti; au sud Isernia et Potenza. Ce sont pour la plupart de petites capitales provinciales, souvent entourées de collines et de zones boisées, où quelques habitants « partagent » beaucoup de verdure.

Parmi les grandes villes, en matière de verdure accessible, les plus vertueuses sont Venise et Turin (respectivement 35,5 et 22,7 m² par habitant), suivi par Florence et Bologne (22.1 et 21.4). Au contraire, les données sur les espaces verts accessibles au public font descendre même les grandes capitales métropolitaines comme Gênes, Bari et Catane, qui rejoignent les autres, en dessous du seuil minimum légal.

Reggio de Calabre et Matera : beaucoup de verdure, presque toutes interdites

Pour bien comprendre pourquoi les données « disponibles » peuvent être trompeuses, il existe deux villes parfaites. Dans les années au cours desquelles l’ISTAT a publié le classement des communes individuelles, avant 2023, Reggio de Calabre c’était la ville métropolitaine avec la plus grande disponibilité de verdure urbaine en Italie : au-delà 100 m² par habitantsoit le triple de la moyenne nationale. Un record qui semble extraordinaire, jusqu’à ce qu’on regarde d’où vient ce chiffre : une partie importante du territoire municipal fait partie du Parc National deAspromonte.

Cela arrive aussi à Materatoujours en tête du classement vert par habitant avec des allocations qui ont atteint 900 m² par habitant. Ici aussi la raison est géographique : la fameuse relève de la commune. Parc archéologique historique naturel des églises rupestres de Materale paysage des Sassi, un patrimoine naturel et culturel unique au monde, mais encore une fois, ce n’est pas le parc de quartier équipé. C’est précisément pour cette raison que l’ISTAT, à côté des données brutes, calcule la verdure accessible : pour ne pas faire croire que vivre à Matera ou à Reggio de Calabre signifie avoir à portée de main des centaines de mètres carrés de pelouse publique.

Le paradoxe est que cette ville comme Gênes, Bari, Messine et Catane ils se terminent sous je 9 m² de verdure accessible par habitant par la loi bien qu’il soit souvent à deux pas des collines, des parcs et des côtes. Mais la forêt sur le promontoire ou la colline derrière la ville n’est pas le jardin où les enfants jouent après l’école. Et c’est justement la disponibilité d’un espace vert à proximité, plat et équipé qui fait la différence au quotidien.

Les données de l’ISTAT racontent l’histoire d’un pays qui investit globalement dans la verdure : les zones accessibles ont augmenté en moyenne de 0,4 % par an depuis 2011 et la reforestation urbaine s’accélère. Il existe cependant deux fractures majeures : celle territorialentre un Nord-Est très riche et une zone entre le Sud et les îles restées en retrait, et celle entre grandes villes et petites villesavec des métropoles systématiquement plus pauvres en verdure utilisable. La poussée vient aussi d’Europe : la récente Loi sur la restauration de la naturela loi relative à la restauration de la nature, prévoit, parmi ses objectifs, d’éviter une perte nette d’espaces verts urbains par rapport aux niveaux de 2021 d’ici 2030 et de les augmenter progressivement dans les années suivantes.