Meloni-Schlein, le nouveau défi porte sur la loi électorale : voici à qui profite
Peu de choses comme le débat sur la loi électorale sont apparemment aussi éloignées des intérêts des gens ordinaires et en même temps aussi réellement importantes pour nous tous. Il y a la même différence qui existe entre une finale de Ligue des Champions et une conférence sur la réforme de la réglementation du football. Dans le premier on s’amuse, dans le second il y aura de fortes chances de produire quelques bâillements, même si le second influencera ensuite le match.
Comment la nouvelle loi électorale change
Le débat sur la nouvelle loi électorale qui s’ouvre à la Chambre redéfinira en effet les règles selon lesquelles la Chambre et le Sénat seront élus et aura la capacité d’influencer la vie démocratique au même titre qu’une réforme constitutionnelle (rappelez-vous que l’une des innovations les plus importantes de la politique italienne des trente dernières années a été l’élection directe des maires, et même dans ce cas, il ne s’agissait pas d’une réforme constitutionnelle).
Aussi parce que le projet déjà présenté par le centre-droit et qui est inclus dans la commission des Affaires constitutionnelles de la Chambre est très innovant par rapport au passé et au présent. Pour ceux qui ne sont pas experts, précisons tout de suite qu’il s’agit d’un projet de loi qui n’a pas encore été discuté et qui peut donc être amendé dans plusieurs de ses parties. En effet, s’il arrive au bout, il sera certainement amendé, c’est-à-dire sensiblement modifié par rapport au texte original.
Le modèle des régions italiennes est copié
Pour donner une idée du modèle de centre-droit, il suffit de se référer à celui en vigueur pour les Régions : compétition entre deux ou plusieurs coalitions qui se reconnaissent autour de leur propre programme commun, avec répartition des sièges au sein de la coalition sur une base proportionnelle (chaque liste élit les parlementaires en fonction des voix qu’elle a reçues), à l’exception d’une « correction » majoritaire des sièges, un « quota », qui est attribué en prime de gouvernabilité à la coalition ayant obtenu une voix de plus que l’autre. La « vraie » différence avec les Régions est qu’il ne sera pas possible d’indiquer un « candidat au Premier ministre », étant donné que la Constitution prévoit que le Premier ministre est nommé par le Président de la République, mais tout au plus un « chef de coalition » pourra être indiqué dans le programme, formule assez vague pour ne pas aller à l’encontre du diktat constitutionnel et en même temps inciter les partis à déterminer en quelque sorte un chiffre de référence.
Le but de la réforme, ont-ils expliqué au centre-droit, est d’assurer qu’un certain vainqueur émerge des urnes, et que nous n’ayons pas à faire face à un « match nul » qui finit par ouvrir la voie à des majorités non clairement indiquées par les électeurs, dirigées par un premier ministre non choisi par les citoyens. Cela s’est produit à de nombreuses reprises ces derniers temps : hormis le gouvernement Meloni issu du vote de 2022, à partir de 2011 (le dernier gouvernement Berlusconi), les dirigeants et les locataires du Palazzo Chigi ont toujours été le résultat de majorités formées autour de la table (parfois même en dissonance les unes avec les autres au sein d’une même législature) avec des premiers ministres issus des manœuvres du palais.
Le risque que celui qui a obtenu le moins de voix gouverne
Mais si l’intention est noble et qu’il serait difficile d’affirmer qu’il est bon que celui qui a obtenu le moins de voix gouverne, il est également vrai que le diable se cache dans les détails, qui dans ce cas font la différence : quel doit être le montant de la prime majoritaire ? En effet, il est juste d’accorder une prime de majorité même à ceux qui n’ont pas atteint la majorité, permettant ainsi à une minorité de procéder à l’élection, par exemple, du Président de la République. Et puis, d’autres doutes : si deux ou plusieurs coalitions obtiennent peu de voix (comme 30 à 35 pour cent chacune), est-il juste de permettre à l’une d’entre elles d’atteindre 52/55 des sièges ?
Comme on le voit, ce sont des questions importantes sur lesquelles la politique divise. Giorgia Meloni il fait pression sur sa coalition pour qu’elle fasse un pas décisif vers la réforme, en essayant de vaincre la résistance de la Ligue et un peu aussi de Forza Italia, plus réticentes. Le Premier ministre sait qu’avec l’actuel Rosatellum il y a un risque d’égalité, et avec un match nul, il ne pourrait jamais y avoir de répétition pour elle au Palazzo Chigi. Pour elle, il s’agit de faire faillite.
Meloni et Schlein : ce qu’ils risquent avec le nul
L’opposition, de son côté, se demande quoi faire. D’un côté, il est tenté de rester à l’écart, de ne pas accepter réellement le dialogue (peut-être de faire le pas mais en réalité de ne pas collaborer) et de jouer ensuite la carte du « c’est vous qui avez fait la loi électorale vous-même » dans la campagne électorale ; d’un autre côté, Elly Schlein a également compris qu’un match nul pourrait s’avérer fatal pour elle aussi, et que sans un vainqueur clair, elle risque elle aussi de voir quelqu’un d’autre entrer au gouvernement à sa place (un Draghi, une Letta, bref, quelqu’un au profil politique moins défini).
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Le jeu qui démarre maintenant doit encore être entièrement déchiffré. Il y a des négociations clandestines qui se mêlent à des matchs plus ouverts, comme celui pour le poste de Premier ministre à gauche ou aux dynamiques internes qui affectent à la fois Forza Italia et, de manière moins évidente, la Ligue, avec Luca Zaïa et les gouverneurs du Nord pas entièrement alignés sur Salvini. Il faudra encore des semaines pour comprendre où nous aboutirons et les évolutions que prendra cette dernière partie de la législature, mais la voie vers un changement des règles semble claire. Tout ce que nous pouvons faire, nous, citoyens, c’est espérer que tout se passe avec la plus grande contribution de chacun et dans l’esprit le plus constructif possible.
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