Qu’est-ce qu’un camée et comment est né ce bijou dans l’Egypte ancienne

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

LE camées ce sont des bijoux – dans certains cas de véritables objets artistiques – créés grâce àgravure d’un coquillage ou d’une pierre en couchescomme l’agate, l’onyx ou la pierre sardonique, mais aussi d’autres matériaux comme le corail et la nacre, d’où émerge une figure dans haut ou bas relief.

Réalisé avec une simple gravure sur céramique ou pierre déjà en placeEgypte anciennepuis de manière plus raffinée dans La Grèce et Romeles camées sont devenus célèbres à la Renaissance grâce à Reine Elizabeth Iqui les offre à ses invités en signe de bienveillance.

Au XIXème siècle, lorsque leImpératrice Joséphine et le Reine Victoria ils se passionnent pour ces bijoux, les camées deviennent tendance. Aujourd’hui, ils font leur grand retour grâce à de grands stylistes qui les choisissent pour leurs créations, et au savoir-faire artisanal de la haute joaillerie, florissant notamment en Italie.

L’origine du camée de l’Egypte ancienne à Rome

Nous avons déjà des nouvelles de la présence de camées primordiaux dans l’Egypte ancienne : les Égyptiens, en effet, gravaient des scarabées – animaux porte-bonheur par excellence selon la culture de l’époque – sur la céramique et l’onyx, et portaient ces bijoux « pétroglyphes », c’est-à-dire gravés sur la pierre, comme des broches ou des pendentifs décoratifs de bon augure. Même moi Romains ils aimaient graver de petits bas-reliefs sur les bijoux et les broches, principalement pour représenter des empereurs et des divinités et les emporter toujours avec eux. Un geste de célébration, à l’image de ce que c’est pour nous aujourd’hui de porter des pendentifs avec des symboles religieux et de petites images qui nous sont chères.

Nous avons également des preuves de camées plus grands, donc utilisés non pas comme bijoux mais comme véritables œuvres d’art. Parmi ceux-ci, le célèbre Camée Gonzague, d’origine grecque – aujourd’hui conservé au musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg, qui a appartenu au fil des siècles à diverses familles nobles, dont les Gonzague de Mantoue – gravé en pierre de sardoine datant du IIIe siècle avant JC, mesurant environ 15 x 11 cm, qui représente deux personnages de profil, peut-être le pharaon Ptolémée II et son épouse Arsinoé.

La mode à la cour au Moyen Âge

A la Renaissance, l’art religieux était prédominant, mais la reine Elizabeth I j’ai ramené le camée au centre de la mode et du goût artistique. La souveraine aimait en effet offrir de petits bijoux gravés à ses invités : parmi ceux-ci, le fameux « Drake Jewel » : un camée très précieux réalisé entre 1580 et 1590 – aujourd’hui conservé au Victoria and Albert Museum de Londres – offert par la reine à Sir Francis Drake, corsaire, navigateur et homme politique, pour le remercier de ses services. C’est un pendentif de forme ovale, réalisé en pierre de sardoine et serti d’or, rubis, diamants, qui représente sur le devant un homme noir devant une femme blanche. A la base se trouve un groupe de perles, et une fois ouvert, il révèle un parchemin avec une miniature de la reine.

Le raffinement des bijoux offerts par Elizabeth Ier a fait l’objet d’une apparition célèbre parmi la noblesse de l’époqueet porter ces bijoux est devenu un symbole de statut haut.

Andrea_Appiani_-_Joséphine_Reine_d'Italie

Au XIXe siècle, les camées deviennent officiellement « à la mode ». LE’Impératrice Joséphine de Beauharnaisépouse de Napoléon, se fit représenter à plusieurs reprises par des artistes de l’époque, comme Andrea Appiani et Fredric Westin, portant des bijoux précieux aux profils gravés. Parmi celles-ci se trouve une imposante tiare ornée de camées. Cette couronne appartient aujourd’hui à la maison royale de Suède et était portée par la princesse Victoria le jour de son mariage. Même le Reine Victoria d’Angleterre elle était une grande fan de camées et en possédait une extraordinaire collection. Son style, amplifié par la diffusion des premiers magazines de mode, est très apprécié et souvent imité. Tout comme ce qui s’est passé avec lerobe blanche de son mariage – dont la photographie a fait le tour du monde, donnant naissance à la tradition de la robe de mariée blanche – même les camées sont devenus tendance grâce à elle.

Le camée aujourd’hui entre artisanat, mode et vintage

Ces dernières années, le camée est revenu à la mode : Oscar de la Renta il crée un sac orné de camées et de pierres précieuses ; Dior il les a transformées en pendants d’oreilles raffinés et les apparitions ne manquent pas sur le tapis rouge. Le savoir-faire de luxe associé aux camées – en grande partie italiens – continue d’être très prisé dans le monde entier.

Cependant, leur diffusion massive entre le XIXe et le XXe siècle a également laissé en héritage de nombreux spécimens sans grande valeur, souvent réalisés non pas en pierre d’onyx ou en coquillage, mais en simple résine.

Au-delà de leur charme vintage incontesté, pour comprendre si un camée peut être vraiment précieux, il suffit d’une petite astuce : le présenter à la lumière. Si les contours de la figure gravée deviennent légèrement transparent ou translucideil est probable qu’un matériel de qualité. La précision des détails et la présence de décorations avec des pierres précieuses ou des miniatures sont également des indices importants de sa valeur.