La galerie des horreurs du gouvernement en matière de retraites
Une mesure introduite dans le budget 2025 prévoit que les travailleurs embauchés à partir du 1er janvier pourront verser jusqu’à 2 pour cent de leur salaire à l’INPS, à titre de cotisation supplémentaire, avec une déduction de 50 pour cent de ces montants. La logique est connue : alimenter l’énorme robinet des retraites par répartition, de plus en plus ouvertes mais de moins en moins alimentées par la source en amont, c’est-à-dire par les cotisations. Ce tarissement découle de raisons démographiques.
Sur les retraites, le gouvernement cède à Fornero
Nous avons depuis longtemps atteint le bout de la pression contributive sans alimenter les fuites vers l’économie souterraine. En outre, il n’est en aucun cas garanti que cette offre supplémentaire sera séparée des dépenses de sécurité sociale au sens strict : l’INPS est un immense lac avec des sorties massives de nature sociale. Rien n’empêche donc que les liquides nouvellement injectés se traduisent en licenciements extraordinaires et en dépenses similaires.
La loi ne précise pas comment ces cotisations seront utilisées. Dans quel fonds seront-ils versés ? Quel sera leur rendement, à quel taux seront-ils capitalisés ? Tout est délégué à un décret ultérieur du ministère du Travail et des Politiques sociales en accord avec le ministère de l’Économie. Une décision très importante est ainsi déléguée au gouvernement, la retirant au Parlement, dans le silence général.
Tito Boeri et Mario Padula
Ce pays est gouverné, pour l’avenir, par des décrets interministériels d’application : rien de nouveau sous le soleil. L’idée de la politique est de mettre l’INPS en mesure de capter des ressources croissantes, pour compenser la dynamique démographique défavorable. D’où l’opportunité, qui refait surface karstiquement, de laisser l’INPS intervenir dans la gestion de ce qu’on appelle le deuxième pilier de la sécurité sociale. Lequel doit cependant être capitalisé et non payé au fur et à mesure. Sinon on revient à la chaîne de Ponzi et à la captation de ressources pour les affecter immédiatement aux dépenses courantes, celles des prestations sociales.
Qui gère l’argent de l’INPS
Mais devenir gestionnaire d’épargne ne s’improvise pas. L’INPS se limite aujourd’hui à des fonds d’intermédiation, il devrait donc créer une structure de gestion ad hoc, avec des coûts de mise en place très élevés, ou déléguer des gestionnaires externes. Pour plus d’informations sur la façon dont ces choses se terminent, lorsque l’eau est rare et que le fond ne flotte pas, voir l’entrée FondInps.
À quels taux les cotisations supplémentaires seraient-elles capitalisées ? Capitaliser à des taux fixés par la loi ou à des taux de marché avec un minimum garanti par l’État risque d’ouvrir des gouffres dans les comptes de l’État. Si le taux fixé par la loi ou le minimum est supérieur aux taux du marché, vous finissez par promettre plus que ce que vous pouvez réellement donner.
Comment pouvons-nous assurer le même niveau de protection pour la contribution supplémentaire à l’INPS que celui qui est actuellement garanti pour la contribution aux fonds de pension ? Les questions de gouvernance entrent inévitablement en jeu ici. L’INPS est soumis au contrôle des ministères du Travail et de l’Économie et il est probable que les choix concernant l’autorité chargée de diriger le fonds soient éminemment de nature politique, comme c’est le cas pour la nomination du conseil d’administration de l’institut.
Pensez à un fonds INPS qui allouerait l’argent collecté aux entreprises italiennes, au nom du Made in Italy, peut-être avec une garantie publique sur un taux seuil égal à celui de la revalorisation du TFR, selon la proposition bizarre déjà lue dans un passé récent. . Adieu la diversification, cette chose qui oblige à ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier national, n’en déplaise à ceux qui, ces dernières années, ont décidé cette diversification internationale des portefeuilles.
Contributions à la patrie
Je dirais que c’est suffisant pour une galerie d’horreurs. Nous attendons l’arrêté interministériel, conscients que cette contribution supplémentaire ne sera probablement pas importante. Mais le problème demeure : la démographie frappe de plus en plus durement, la politique ne compte pas en tenir compte. Et puis il y a ceux qui doivent tenir des promesses insensées, du type « nous abolirons la loi Fornero » qui en fait signifie justement « nous abolirons la démographie » (vaste programme) et qui ont ouvert la première brèche dans le barrage de la seconde. pilier, qui contribuera aux sorties par anticipation pour tous les purs contributeurs.
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