Le Tunnel sous le détroit de Gibraltar il s’agit d’un projet ambitieux, discuté depuis des décennies, qui vise à relier l’Europe au continent africain. Si sur le papier les deux continents semblent très proches, la réalité géologique raconte une tout autre histoire : entre des fonds marins qui descendent jusqu’à plus de 400 mètres et un terrain instable, créer cette connexion est un défi d’ingénierie très complexe. Cependant, un travail de cette ampleur n’a jamais dépassé la phase théorique, freinée par des difficultés techniques, des coûts élevés et des implications politiques. Voici l’histoire du projet et les obstacles qui l’ont freiné depuis les années 1930.
L’idée d’une connexion entre l’Europe et l’Afrique
Du point de vue de la conception, le tunnel sous-marin devrait s’étendre sur une longueur comprise entre 38 et 40 kilomètresatteignant une profondeur supérieure à 400 mètres: un choix dicté par la conformation géologique de la zone. De nombreuses propositions ont été avancées au fil des années. Le premier projet, conçu par le gouvernement espagnol, remonte à 1930mais se heurta presque immédiatement à d’énormes obstacles techniques. En fait, les études de faisabilité ont révélé que les fonds marins étaient composés de roches extrêmement duresimpossible à pénétrer avec les technologies disponibles à l’époque. Pour tenter de contourner le problème, la possibilité de construire un tunnel préfabriqué à poser sur le fond marin, composé de modules reliés entre eux et stabilisés par de solides câbles d’ancrage. Mais cette idée fut bientôt abandonnée.
Le projet de tunnel sous le détroit de Gibraltar aujourd’hui
En mars 2009 une collaboration a été entamée entre l’entreprise marocaine Société Nationale d’Études du Détroit de Gibraltar (SNED) et son homologue espagnol Sociedad Española de Estudios para la Comunicación Fija a Través del Estrecho de Gibraltar (SECEGSA), dans le but d’étudier et de développer un système de connexion entre les deux pays. Le projet aurait été financé par les deux entreprises publiques, avec le soutien économique duUnion européenne; on ne sait pas encore si l’initiative s’inscrira dans le cadre du programme Interreg Euro-MED ou si elle sera poursuivie par la création d’un consortium commercial.
Les défis et les pièges de l’ingénierie
Mais à ce stade, une question se pose spontanément : quels seraient les principaux défis d’ingénierie faire face pour créer une œuvre aussi complexe ? Le premier concerne le profondeur. Le détroit de Gibraltar, surtout à son point le plus étroit, atteint de grandes profondeurs (900 mètres). Pour cette raison, selon les études disponibles à ce jour, l’éventuel tunnel devrait passer plus à l’ouest, correspondant à ce que l’on appelle Seuil du jugeoù le fond marin s’élève à environ 400 mètres. Ce choix permettrait de simplifier, au moins en partie, les opérations d’excavation et de construction. Une autre question cruciale est alors liée à nature du sol le long de l’itinéraire considéré comme le plus favorable. La zone que couvrirait le tunnel est en effet caractérisée par des sédiments argileux et instables, ce qui ferait de l’utilisation des tunneliers, les tunneliers, une technologie de référence pour les complexes d’excavation de tunnels.