Soignée d’un étrange mal d’estomac grâce au Coca-Cola : la prescription qui a tout changé en 24h

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Si on vous disait qu’un simple Coca-Cola pouvait guérir un étrange mal d’estomac en moins de 24 heures, vous hausseriez sans doute le sourcil. Et pourtant, c’est l’incroyable histoire qui s’est jouée récemment au cœur des urgences de Boston, et qui vient rappeler que la médecine réserve toujours quelques surprises… gazeuses !

La patiente et un mal d’estomac bien mystérieux

Tout commence aux États-Unis, là où une femme de 63 ans s’est retrouvée dans les couloirs de l’hôpital Brigham and Women’s de Boston. Ses symptômes avaient de quoi préoccuper : fortes nausées, vomissements à répétition, douleurs abdominales persistantes. Et ce tableau clinique, qui n’a rien d’une cheminée de Noël, s’aggravait depuis plusieurs mois : brûlures et inconforts qui remontaient de l’abdomen jusque dans son dos. De quoi donner du fil à retordre au personnel médical.

Mais la sexagénaire n’en était pas à son premier problème de santé : diabète de type 2, insuffisance rénale chronique (stade 2), reflux gastro-œsophagien (le fameux RGO)… Bref, un dossier épais comme un dictionnaire médical. Pourtant, rien dans ses antécédents ne semblait coïncider avec cette nouvelle série de symptômes. L’équipe médicale décide alors de sortir l’artillerie lourde : analyses, examens d’imagerie, scanner abdominal…

Le diagnostic tombe : un bézoard gastrique

Après plusieurs investigations, le verdict est rendu public dans la revue The New England Journal of Medicine, en septembre 2025 : l’examen révèle une dilatation des voies biliaires et un estomac gonflé, occupé par une mystérieuse masse semi-solide. Verdict ? Un « bézoard gastrique ». Ce n’est ni une créature féerique ni le nom d’un sortilège, mais bien une masse qui se forme à partir de substances non digérées – notamment des fibres de fruits et légumes – et qui prend racine dans l’estomac.

Ce type de formation est une rareté médicale : moins de 0,5 % des personnes passant une œsophagogastroduodénoscopie en sont atteintes. Quand un tel invité indésirable décide de s’incruster, les options traditionnelles sont plutôt musclées : ablation chirurgicale ou fragmentation endoscopique. Des manœuvres pas franchement réjouissantes.

Un traitement pop : le Coca-Cola prescrit à l’hôpital

C’est ici qu’intervient la partie la plus inattendue du feuilleton médical. Plutôt qu’un bistouri ou une sonde, les soignants décident d’opter pour… le Coca-Cola ! Si la rumeur prête à la boisson des vertus digestives pour les petits maux de ventre, il est néanmoins admis que cela n’est efficace qu’en cas de ballonnements légers. Mais le Coca-Cola dispose bel et bien d’atouts chimiques : ses propriétés acides, couplées aux acides carbonique et phosphorique, sont capables de s’attaquer aux fibres qui composent les phytobézoards (les variétés d’origine végétale), selon des études publiées notamment en 2024 dans la revue World Journal of Gastrointestinal Endoscopy.

Les médecins voient donc les choses en grand (ou plutôt en litres) : 3 000 ml prescrits, soit l’équivalent de 8,5 canettes, à ingurgiter en 12h. Sauf que la patiente, peu friande de sodas, trouve la dose quelque peu… indigeste et négocie : ce sera 1 500 ml.

  • Prescription originale : 3 000 ml de Coca-Cola en 12 h (8,5 canettes)
  • Patient réfractaire aux sodas : dose divisée par 2 (1 500 ml)
  • Action attendue : dissolution du bézoard grâce aux acides contenus dans la boisson

En moins de 24 heures, la magie opère : les nausées et la gêne de la patiente chutent aussi vite que le niveau de Coca dans les bouteilles. Un nouvel examen endoscopique confirme la bonne nouvelle : plus de trace de bézoard !

Une origine médicamenteuse et une leçon inattendue

La question demeure : pourquoi cet étrange amas s’est-il formé ? Les médecins avancent un suspect : le sémaglutide, un médicament à base de GLP-1 couramment détourné pour la perte de poids, qui aurait favorisé cette infortune digestive.

Cette anecdote, aussi pétillante qu’une gorgée de cola glacé, rappelle que la médecine sait encore nous étonner. Et si, face à certains problèmes extraordinaires, la réponse tenait parfois… dans un verre (ou deux !) de soda ?

Conseil du jour : avant d’envisager les grandes manœuvres, n’oublions pas que parfois, même les solutions les plus inattendues peuvent avoir leur place au chevet des patients. Mais s’il vous plaît… gardez le Coca pour le traitement médical, pas pour passer la serpillière sur la table du salon !