Seulement quatre jours de travail pour les fonctionnaires : l’idée qui fait débat

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Instaurer une semaine « très courte » de quatre jours pour les agents de l’administration publique. L’idée circule depuis un certain temps au Portugal, où elle a déjà été testée dans une quarantaine d’institutions et aujourd’hui, le Premier ministre Luís Monténégro n’a pas complètement fermé la porte à la possibilité de tester plus largement ce qui n’est jusqu’à présent qu’une expérience. Livre, parti à orientation écosocialiste et progressiste, a interpellé le Monténégro sur cette question lors d’une assemblée parlementaire. Isabel Mendes Lopes, membre du parti et ingénieur civil de profession, spécialisé dans les transports et l’urbanisme, a pressé le premier ministre de commenter les résultats récemment publiés d’un rapport sur le projet pilote de quatre jours par semaine au Portugal, testé aux alentours de 40 établissements. Mendes Lopes a rappelé que la demande de commentaires avait déjà été adressée au gouvernement précédent, dirigé jusqu’il y a quelques mois par les socialistes du PSD, qui avait cependant écarté les résultats car il ne s’agissait que d’évaluations préliminaires. Mais cette fois, les résultats sont définitifs et ont réaffirmé les avantages de ce modèle, qui améliore à la fois les résultats de travail et le bien-être des salariés. Livre a alors demandé au gouvernement s’il était ouvert à un test prolongé, qui serait mis en œuvre entre 2026 et 2028. Le Monténégro avait alors admis cette possibilité, tout en restant vague.

Tout le monde au travail même le samedi (ou dimanche) : la proposition qui fait débat

Comme le rapporte le journal Publique, le Premier ministre a commencé par dire qu’il approfondirait sa « réflexion » et son « évaluation », choisissant le souci de la santé mentale comme l’un des arguments en faveur de ce projet de réduction de la charge de travail. Selon le dirigeant portugais, il existe deux options : soit augmenter la durée du travail les jours restants, soit combiner la réduction de la durée du travail avec une réduction de salaire. Le chef du gouvernement a également anticipé qu’il pourrait être « difficile de le rendre compatible avec de nombreux investisseurs potentiels », mais n’a pas totalement exclu cette possibilité. Il a enfin admis que l’expérimentation de ce modèle dans l’administration publique serait compatible avec une « difficulté à recruter » du personnel. Les quatre jours ouvrables pourraient représenter un facteur d’attraction, notamment pour les jeunes. Si la décision du Portugal, dirigé par un gouvernement de centre droit, était approuvée, elle irait dans le sens inverse de la Grèce, où l’on vient de décider que les entreprises pourront exiger de leurs salariés qu’ils travaillent 48 heures par semaine, ce qui inclure les samedis. Un choix rejeté par les syndicats et les experts qui parlent de risques pour la sécurité des travailleurs.