Quelles ont été les causes de la crise des déchets à Rome ? La situation aujourd’hui et les solutions

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

A Rome, la question deurgence déchets est un sujet délicat depuis de nombreuses années en raison des grands désagréments qu’il provoque. Mais pourquoi était-il si difficile de gérer et d’éliminer ces déchets ? Nous avons essayé de comprendre quelles en étaient les causes et quelle est la situation aujourd’hui dans la capitale, en découvrant également les mesures municipales pour remédier au problème.

Pourquoi y a-t-il eu une urgence liée aux déchets à Rome ? Les causes

Commençons par dire que ce n’est qu’en 2023 que la totalité des déchets produits à Rome 1 600 209,29 tonnes. C’est un chiffre qui correspond aux déchets produits par Milan, Florence et Naples réunis, mais on compte que – comme on le voit dans la vidéo – ces déchets proviennent d’un très grande surface (1287 km², pour être précis), et que chacune des 15 communes de Rome correspond, en nombre d’habitants, à une commune de capitale provinciale italienne. Cela va sans dire plus le territoire d’une commune est grand, plus la gestion des déchets est complexe.

Mais au-delà de la grande quantité de déchets, la crise des déchets a été provoquée par la combinaison de trois problèmes.

Tout d’abord, ces dernières années, il y a eu une pénurie de moyens de transport des déchets et opérateurs écologiques qui les collecte. Sans eux, les déchets restent dans la rue et, dans une ville en expansion aussi rapide, le phénomène n’a fait que s’étendre au fil du temps.

Le deuxième problème ? Pendant des années, Rome a envoyé une grande partie de ses déchets dans le ancienne décharge de Malagrottaqui a été fermée en 2013. Les déchets ont donc été envoyés ailleurs, mais il n’a pas été facile de choisir les systèmes alternatifs à adopter pour éliminer une telle quantité de déchets.

Le dernier problème est lié au deuxième : pour éliminer les déchets, il est indispensable de disposer de systèmes pour les éliminer ; Sans plantes, les déchets restent dans la rue ou sont emportés à l’étranger à des prix exorbitants. Rome ne dispose pas d’usines de valorisation énergétique des déchets et, en avril de l’année dernière, le seul TMB de la municipalité, celui de Rocca Cencia. On pourrait donc dire qu’il y avait une série de problèmes d’organisation qui, au fil du temps, sont devenus de plus en plus complexes à gérer dans une ville de ces proportions. Mais d’autres grandes villes européennes se sont organisées différemment pour éviter ce problème : par exemple, Paris possède 3 usines de valorisation énergétique, Copenhague en possède une à 3 km de la place centrale et Berlin envoie plus de la moitié de ses déchets non triés au Usine de valorisation énergétique de Ruhleben, à 14 km de l’Alexanderplatz.

Qui s’occupe de la collecte des déchets à Rome et comment elle est gérée

A Rome, il est là depuis près de 40 ans société AMA (Société Municipale d’Environnement) pour s’occuper de la collecte (sur rue et en porte-à-porte) et de l’élimination des déchets urbains. Mais quel chemin empruntent ces déchets ?

Comme le montre le graphique de la vidéo, 34 % des déchets triés est organique, 33 % sont du papier et du carton, 10 % du verre, 8 % du plastique et des métaux et les 15 % restants sont du bois, des déchets inertes (matériaux comme la roche, la céramique, les briques) et des déchets de balayage des rues (collectés lors du nettoyage des routes) . La main d’œuvre (250 440 tonnes) est envoyée dans deux usines externes, une dans le Frioul et une en Vénétie. Là, ils sont éliminés via biodigesteursde gros estomacs ayant pour fonction de décomposer les déchets organiques, d’obtenir du biogaz et des engrais.

Les autres déchets triés (environ 494 495 tonnes) proviennent recyclé par type dans certaines usines du Latium, en dehors de Rome.

Mais comment se fait-il que les 851 001 tonnes de déchets soient éliminées indifférencié de la capitale ? Il existe généralement deux voies : le traitement mécanique (également appelé traitement mécanique biologique) ou les installations de valorisation énergétique des déchets.

Un peu plus d’un dixième de ces déchets finissent dans TMB (traitement mécano-biologique) de la Commune, qui transforme les déchets en deux types : les matériaux réutilisables, comme les carburants ou les composés organiques, ou les déchets, qui finissent en décharge.

Cependant, près de 90 % des déchets non triés de Rome finissent dans stations d’épuration privées dans le Latium, en Italie centrale et à l’étranger, ou en usines privées de valorisation énergétique des déchets (en dehors de la région), des installations qui brûlent les déchets, récupérant l’énergie générée par la combustion elle-même. Cette énergie peut ensuite être utilisée pour chauffer les maisons et produire de l’électricité.

Quelle est la situation actuelle à Rome : difficultés et solutions adoptées

En résumé, selon les données fournies par Amour 88 % de tous les déchets sont éliminés dans le Latium, 8,5 % dans le reste de l’Italie et 3,5 % à l’étranger, principalement aux Pays-Bas et en Allemagne. Aujourd’hui donc, à Rome, tous les déchets trouvent leur place et la situation s’est améliorée par rapport au passé.

Cela s’est également produit grâce à l’embauche de 1000 nouveaux collaborateurs en 2023 et une augmentation du taux de disponibilité moyen des véhicules en service, qui passe de 50 % en 2021 à 75 % aujourd’hui avec une flotte renouvelée de 1 735 unités pour la collecte et le balayage.

De plus, pour accélérer les délais d’élimination, la municipalité a prévu la construction de nouvelles usines : deux biodigesteursdeux installations pour le traitement du papier et du plastique et un usine de valorisation énergétique des déchets (ce dernier sera construit dans une zone industrielle de la zone de Santa Palomba).