Quelle est la nouvelle règle de révision vidéo à Wimbledon 2026 : les joueurs de tennis défieront l’arbitre de chaise

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Pour la première fois en près de 150 ans d’histoire, l’édition 2026 de Wimbledonprévu jusqu’au 12 juillet, introduit ce qu’on appelle la « revue vidéo ». Un système qui ne sert pas à établir si une balle est dedans ou dehors, tâche déjà confiée au soi-disant « Hawk-Eye » et non contestable, mais qui concerne les décisions de l’arbitre de chaise, comme les doubles rebonds ou les tirs irréguliers. Il s’agit d’un changement important pour le plus vieux Chelem du monde qui s’aligne ainsi sur deux autres tournois majeurs : l’US Open et l’Open d’Australie.

Ce qui change concrètement dans l’édition 2026 de Wimbledon

Selon l’annonce officielle deClub de tennis sur gazon et de croquet de toute l’Angleterre (AELTC), l’organisme qui organise le tournoi de Wimbledon, à partir de l’édition 2026, les joueurs pourront demander un retour vidéo de certaines décisions prises par l’arbitre de chaise. La technologie sera disponible dans six domaines principaux: sur le Court Central et le Court 1 pendant toute la durée du tournoi, tandis que sur 4 autres courts uniquement lors des matchs en simple.

Un détail important distingue cet outil des anciens systèmes de litige : le nombre de révisions qu’un joueur peut demander ce n’est pas limité. Dans le « défi » traditionnel, lorsque les appels de ligne pouvaient encore être contestés, chaque joueur de tennis disposait d’un nombre fixe de tentatives incorrectes par set. Mais ici, la contrainte change de nature : vous pouvez demander une révision chaque fois que vous le jugez opportun, et l’arbitre gérera la procédure. Parallèlement à la revue vidéo, l’AELTC a également annoncé une amélioration destinée au public : les tableaux d’affichage de tous les courts afficheront un indicateur visuel pour les appels « out » et « faute » produits par le système électronique. C’est une réponse à une critique concrète apparue après 2025, lorsque l’annonce automatique des appels, confiée à des voix enregistrées, était difficilement audible depuis les tribunes.

Parce que la critique vidéo ne concerne pas les lignes

Ils seront donc présents à Wimbledon cette année deux technologies qui répondent à des questions d’une tout autre nature.
Le premier est le système appel électronique des lignesAppel de ligne électronique (ELC), basé sur la technologie « Hawk-Eye ». Sa tâche est de résoudre un problème essentiellement géométrique : le point où le ballon touche le terrain se situe-t-il à l’intérieur ou à l’extérieur de la ligne ? Pour répondre, une série de caméras placées autour du terrain enregistrent le ballon sous plusieurs angles et recréent « l’empreinte » du rebond. Puisque la balle se déforme à l’impact, le système enregistre non seulement le contact, mais modélise l’écrasement pour estimer la zone d’impact effective.

revue vidéo au lieu de cela, il aborde l’autre moitié du problème : non pas l’endroit où la balle a atterri, mais ce qui s’est passé lors d’une interaction de jeu donnée. La balle a-t-elle rebondi deux fois avant d’être touchée ? A-t-il touché le corps ou la raquette d’un joueur ? Le tir était-il légal ? Un mouvement a-t-il perturbé l’adversaire ? Ce sont des questions qui ne se réduisent pas à une seule coordonnée au sol : elles concernent des séquences d’événements, des contacts entre objets et, dans certains cas, l’effet d’une action sur un autre joueur. Pour cette raison, ils ne sont pas délégués à un algorithme mais restent entre les mains de l’arbitre, qui a désormais la possibilité de revoir l’action en replay sous plusieurs angles.

Ce qui peut être examiné avec l’examen vidéo : la technologie derrière cela

Les situations que le juge du président peut examiner appartiennent à quatre grandes familles: les doubles rebonds, les touches non autorisées (comme celles dans lesquelles le ballon touche le corps du joueur ou le joueur touche le filet), les tirs irréguliers, et enfin les actions perturbatrices, celles d’un joueur qui gêne ou distrait l’adversaire pendant l’échange. Cette dernière catégorie est aussi la plus délicate, car elle implique une évaluation très subjective qui peut facilement donner lieu à des plaintes et à des controverses tant parmi les acteurs que parmi le public. Dans tous les cas, la revue vidéo, contrairement à l’appel électronique, cela ne produit pas de verdict automatique: la technologie fournit les images, mais la décision finale revient au juge du fauteuil. En ce sens, la revue vidéo ressemble plus au VAR du football qu’au système qui appelle les lignes, où c’est la machine qui décide.

Pourquoi seulement maintenant ? Wimbledon : de la « moviola » de 2007 aux adieux aux juges de ligne

L’arrivée de la revue vidéo est la dernière étape d’un voyage de près de vingt ans. Wimbledon avait déjà introduit la technologie Hawk-Eye en 2007, mais sous une forme limitée : elle était utilisée par les joueurs pour contester un nombre limité d’appels, tout en laissant les juges de ligne sur le terrain. Le tournant s’est produit en 2025, lorsque le tournoi a adopté l’appel électronique sur tous les courts, mettant ainsi à la retraite une personnalité qui participait au tournoi depuis près de 150 ans. Une fois l’œil humain retiré des lignes, ce qui est resté découvert, c’est tout un autre ensemble de décisions « de jugement » que la machine n’est pas capable de prendre, et que la nouvelle revue vidéo vise à combler grâce aux retours recueillis après l’introduction de l’ELC l’année dernière. C’est aussi une manière pour Wimbledon de rattraper son retard sur les autres tournois majeurs, où le visionnage vidéo est une réalité depuis quelques saisons.