Prince Harry tourne la page d’une aventure caritative mouvementée : après près de vingt ans à la tête de Sentebale, le duc de Sussex choisit de quitter l’ONG qu’il a cofondée et s’engage dans un nouveau combat, plus direct et résolument centré sur l’enfance vulnérable. Retour sur une crise aux multiples rebondissements, de l’ombre à la lumière… et sur un virage assumé, loin des polémiques qui ont secoué le navire.
Turbulences au sommet : Sentebale pris dans la tempête
Sentebale n’était pas qu’un mot difficile à prononcer pour le commun des mortels : c’était l’aventure solidaire de Harry, lancée avec le prince Seeiso du Lesotho pour combattre le VIH/sida qui frappe durement les enfants du Lesotho et du Botswana. Oui, rien que ça ! Hélas, après quasiment vingt ans, l’ONG s’est fracturée sur une faille géologique de désaccords : d’un côté, l’ancien parrain et des ex-administrateurs, de l’autre Sophie Chandauka, la présidente nommée en 2023. Le tout, sur fond de vives divergences autour de la gouvernance. Autant dire que l’ambiance n’était pas à la fête d’anniversaire.
Fin mars, le conseil d’administration a démissionné. Ultime rebondissement digne d’une série britannique, le prince Harry lui-même a tiré sa révérence comme parrain. Pour éviter que la zizanie ne vire au chaos, toutes les parties ont fait appel à la Charity Commission, gendarme britannique des associations, histoire de trancher l’épineuse question : qui a la légitimité, la méthode… et la morale ?
L’heure du jugement : un arbitrage et (presque) pas de coupables
Le 6 août, la Charity Commission a tranché. Et elle n’a pas pris de gant pour ménager les susceptibilités des uns et des autres : toutes les parties ont été renvoyées dos à dos, ni vainqueur, ni vaincu. Les accusations visant Harry – harcèlement, racisme, misogynie – ont été rejetées. Pas d’indice de comportements généralisés ou de discriminations envers les femmes noires. Le prince Harry, à 40 ans, a toujours réfuté tout écart discriminatoire. Mais attention, il ne s’agit pas d’un blanc-seing : si la commission n’a pas prononcé de sanction contre l’actuel conseil, elle a souligné que le conflit avait sérieusement terni l’image de Sentebale.
- « Faiblesses de gouvernance » relevées dans le rapport,
- « Manque de clarté » dans les rôles, sources d’incompréhensions internes,
- Effets graves sur la réputation de l’organisation, d’après le régulateur.
En substance : il était temps que tout ce beau monde revoie sa copie.
Un divorce officialisé, une cause maintenue
Il faut croire que l’époque des secrets de palais est révolue. La rupture est officielle, consommée : Harry quitte Sentebale. « Troublant », juge un porte-parole, de voir les conséquences des actes de la présidente peser sur les enfants. Mais chacun semble décidé à ne pas jeter le bébé (ni les enfants vulnérables) avec l’eau du bain : la mission première reste d’accompagner les jeunes du Lesotho et du Botswana face au VIH/sida.
La Charity Commission a proposé un plan de redressement : clarification écrite des rôles des parrains pour Harry et Seeiso, stabilisation de la gouvernance et des délégations, communication plus sobre, et médiation cadrée. L’objectif ? Mettre les crispations au placard et redonner confiance.
- Sentebale doit renforcer ses structures internes,
- Passer l’éponge sur la séquence des crises publiques,
- Faire primer l’intérêt des bénéficiaires sur les querelles d’ego.
Si la présidente Sophie Chandauka se réjouit des conclusions, les administrateurs démissionnaires, eux, expriment leur vive inquiétude face à l’avenir de l’ONG, estimant que la commission a ignoré de lourdes préoccupations et des preuves « irréfutables ». Un recours à l’ACAS (service de conciliation) est même envisagé pour solder les litiges.
Harry change de route : place à l’action directe
La page Sentebale se tourne, mais l’énergie militante reste. Alors, comment rebondir ? Le prince Harry n’entend pas rester sur la touche. Il s’oriente vers des interventions plus concrètes pour aider les enfants vulnérables du Lesotho et du Botswana, même en dehors de l’ONG. Une stratégie aux méthodes « plus nettes », loin du feuilleton organisationnel.
Le message central est clair : remettre les enfants au cœur de l’action, sortir du brouillard des rivalités internes. Un plan de gouvernance doit désormais stabiliser les équipes de Sentebale, garantir la clarté définitive des rôles, offrir une parole unifiée… et permettre à nouveau de relancer la machine solidaire.
En résumé, place à l’essentiel : la cause, toujours la cause, rien que la cause – et, espérons-le, à une météo plus clémente pour l’avenir de l’ONG… et pour Harry, dont le nouveau combat commence là où la querelle laisse place à l’engagement.