Pourquoi l’Italie défie l’Irlande du Nord dans le football et le Royaume-Uni aux Jeux olympiques : règles de la FIFA

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Angleterre, Écosse, Pays de Galles Et Irlande du Nord: parce que dans le football, ils entrent sur le terrain en tant qu’adversaires, mais aux Jeux olympiques, ils unissent leurs forces sous le drapeau unique de Royaume-Uni? Derrière cette «étrangeté», il n’y a pas que le sport, mais un mélange d’histoire, de géopolitique et de bureaucratie. Un mécanisme qui nous touche de très près ces jours-ci. Jeudi 26 mars, à Bergame, l’Italie affrontera l’Irlande du Nord dans la très délicate demi-finale du barrages de qualification pour la Coupe du monde 2026 qui sera contesté entre États-Unis, Mexique et Canada. Un match intérieur ou extérieur, fondamental pour éviter le drame sportif d’une troisième exclusion consécutive de la compétition la plus prestigieuse de la planète. Découvrons comment fonctionne cette anomalie, dictée par les différentes lectures du C’EST et de FIFAqui amène les nations « sœurs » à s’affronter sur la pelouse verte, puis à célébrer ensemble des médailles olympiques historiques, comme celle d’or du joueur de tennis écossais. Andy Murray à Londres 2012.

Les règles du CIO et de la FIFA sur le Royaume-Uni

Pour comprendre l’anomalie britannique, nous devons examiner les règles de Comité International Olympique (CIO). Né en 1894 à Lausanne, le CIO est l’autorité suprême du Mouvement olympique et a une règle d’or : ne permet pas la participation de pays ou d’entités qui ne sont pas officiellement reconnus comme États souverains indépendants.

Le Comité olympique britannique est géré par l’Association olympique britannique (BOUÉE), qui fait office de Comité National Olympique pour l’ensemble de la Grande-Bretagne et de l’Irlande du Nord. Bien que le code attribué par le CIO soit « GBR« , la délégation utilise la marque Équipe GBprécisant qu’il représente l’ensemble de l’Union et pas seulement l’île de Grande-Bretagne.

Le Nations d’origine (Écosse, Pays de Galles, Angleterre et Irlande du Nord) ce ne sont pas des États souverains indépendants, mais ils font partie de la Couronne britannique. En conséquence, ils ne peuvent pas avoir leur propre Comité olympique autonome. Le Royaume-Uni supervise également plus de 5 000 îles – dont les « dépendances de la Couronne » (Guernesey, île de Man et Jersey) – et des territoires d’outre-mer tels que Gibraltar. Aucun d’entre eux ne pourrait jamais participer de manière indépendante selon les règles strictes du CIO.

Alors pourquoi est-ce différent dans le football ? La réponse est dans les règles de FIFA (Fédération Internationale de Football Association), l’association dont le rôle est d’assurer et de promouvoir le développement du football à travers le monde. Fondée en 1904a permis aux quatre nations du Royaume-Uni de conserver le leur fédérations de football indépendantespionniers de ce sport en Europe et né avant la FIFA elle-même. Là Fédération anglaise de footballpar exemple, est né en 1863. Pour cette raison, la FIFA reconnaît pleinement l’Angleterre, l’Écosse, le Pays de Galles et l’Irlande du Nord, leur permettant de concourir séparément à la Coupe du Monde et aux Championnats d’Europe.

Le paradoxe du rugby : sport et histoire britannique

Cette « anomalie » s’applique également à rugby. Au tournoi Six Nations, en fait, l’Italie affronte régulièrement l’Angleterre, l’Écosse et le Pays de Galles comme adversaires distincts. Les motivations derrière le ballon ovale sont les mêmes : l’instance dirigeante mondiale (historiquement connue sous le nom de CISR – International Rugby Board et appelé aujourd’hui Monde de rugby), agissant exactement comme la FIFA, a toujours reconnu les différentes fédérations britanniques comme des entités sportives totalement indépendantes.

Il y a cependant un détail concernantIrlande. Si dans le football l’île est divisée en deux, dans le rugby, la République d’Irlande et l’Irlande du Nord affrontent ensemble le terrain.seulement l’équipe nationaleeffaçant toute frontière politique. Pour gérer cette délicate union, un hymne spécial a été créé, le « L’appel de l’Irlande« . Seulement ceci est chanté pendant que lors des matchs à domicile à Dublin, l’équipe chante en premier l’hymne officiel irlandais (Amhrán na bhFiann) et, à suivre, l’hymne qui unit toute l’île.

Mais pour bien comprendre d’où naissent toutes ces différences, il faut résumer l’histoire géopolitique de ces îles. Le Royaume-Unidont le nom officiel actuel est Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord, est un État souverain composé de 4 nations constituantes : Angleterre, Pays de Galles, l’Ecosse et Irlande du Nord. Sa structure originale remonte à 1801, date de naissance du « Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande ». Le nom actuel vient du fait que, dans 1922l’Irlande a déclaré son propre indépendancedevenant l’actuelle République d’Irlande, tandis que le nord a choisi de rester lié à Londres.

Carte du Royaume-Uni

D’autres cas similaires concernent le Danemark et la France

Le paradoxe britannique n’est pas le seul au monde. Les frontières de la géopolitique sportive offrent deux autres « bizarreries » dignes de mention.

Le Îles Féroé Il s’agit d’une nation autonome qui fait partie du Royaume du Danemark. La FIFA reconnaît son équipe nationale de football, lui permettant de participer aux éliminatoires européennes. Le CIO, au contraire, ne les considère pas comme un État souverain : aux Jeux olympiques, les athlètes féroïens doivent porter le maillot du Danemark.

Îles_Féroé

Même l’équipe nationale de football de Tahiti (représentant la Polynésie française) est affilié à la FIFA et a même disputé la Coupe des Confédérations contre l’Espagne et l’Uruguay en 2013. Aux Jeux Olympiques pourtant, les athlètes polynésiens défendent les couleurs de la France. C’est précisément pour cette raison que Compétitions de surf de Paris 2024 elles se sont déroulées sur l’île, à 15 000 km de la capitale, mais sous pavillon français. Vahine Fierro est l’exemple d’un surfeur de Polynésie française qui a concouru pour l’équipe transalpine aux Jeux Olympiques.