parce que la nouvelle évaluation ne concorde pas avec le rapport préliminaire

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Selon un compétence déposé ces derniers jours au parquet de Termini Imerese et attendu par Républiquel’événement météorologique survenu la nuit où le superyacht Bayésien Naufragé au large de Porticello, en Sicile, dans la nuit du 19 août 2024, n’aurait pas suffi à lui seul à couler le voilier de 56 mètres. Les experts désignés par le parquet, après l’analyse de l’épave récupérée l’année dernière, se distancient ainsi du rapport préliminaire précédemment fourni par le MAIB (Direction des enquêtes sur les accidents maritimes) britanniques, selon lesquels il y avait cette nuit-là des conditions météorologiques compatibles avec le naufrage du yacht. Cette conclusion a immédiatement laissé de nombreux doutes et questions sans réponse. Le nouveau rapport renforce donc lehypothèse d’une erreur humaine à la base du naufrage qui a coûté la vie à 7 personnes, dont le milliardaire Mike Lynch.

Ce que dit le nouveau rapport

Selon les experts désignés par le parquet de Termini Imerese, le mauvais temps de la nuit au cours de laquelle le Bayesian a coulé était «un peu plus qu’une bourrasque météorologique, une augmentation soudaine de la vitesse du vent qui précède les orages et les averses». Un événement intense, qui reste un cause contributive à la tragédiemais qui était gérable par le navire et son équipage.

Selon ce qui a été rapporté dans le rapport d’expertise, les principales causes du naufrage devraient donc être recherchées dans le sous-estimation de l’événement météorologiquedans manœuvres mal effectuées ou dans des dispositifs de sécurité qui n’auraient pas fonctionné correctement. Nous vous rappelons que l’évaluation n’est pas publique, nous ne connaissons donc pour le moment que les avant-premières qui ont été rapportées par la presse.

Ce que dit le rapport préliminaire du MAIB : le rôle des intempéries

Le MAIB est l’organisme du ministère britannique des Transports chargé d’enquêter sur les accidents maritimes, qui a enquêté sur le naufrage du Bayésien parce que le yacht battait pavillon britannique. Son rapport de mi-enquête, publié en mai 2025, imputait la responsabilité du drame au fait que le navire n’a pas été conçu pour résister aux mauvais temps survenu cette nuit-là.

D’après les calculs des experts anglais, l’angle d’inclinaison maximum au-delà duquel le bayésien n’aurait pas pu revenir à l’équilibre était 70°: une inclinaison accessible avec des rafales de 63 nœudsjuge « possible » dans la nuit du 19 août 2024 sur le golfe de Palerme selon les données fournies par le MetOffice, l’agence météorologique britannique.

Un autre élément important de la reconstruction anglaise est que le commandant du navire n’aurait pas été au courant de ce problème critiqueil n’était donc pas en mesure d’évaluer correctement les actions à entreprendre. Il faut dire cependant que tout le monde n’est pas d’accord avec cette version : l’ancien commandant du Bayesian Stephen Edwardsatteint par Seulement filet à voileaurait en effet déclaré que les journaux de bord du yacht contenaient tous les points critiques du navire, que le capitaine est donc tenu de connaître.

Cette reconstruction a été en partie confirmée par une information produite en août 2025 par les garde-côtes de Palerme et déposée auprès du parquet de Termini Imerese : les intempéries auraient joué un rôle efficace dans le naufrage, ainsi que le manque d’adoption de contre-mesures par l’équipage. En effet, la même situation météorologique n’a causé aucun dommage au voilier néerlandais. Sir Robert Baden-Powellqui au moment du naufrage se trouvait à seulement 100 mètres du Bayésien.

Parce que les deux reconstructions sont si différentes

Le rapport préliminaire propose donc une reconstruction dans laquelle la responsabilité de la tragédie reviendrait principalement à Perini Navile chantier naval qui a construit le navire et n’aurait pas divulgué la limite de stabilité du yacht. Le nouveau rapport propose plutôt une reconstruction qui réduit le rôle des intempéries et renforce l’hypothèse d’une erreur humaineconsidérant de facto que le chantier naval n’a pas de responsabilités significatives.

Au-delà d’un éventuel parti pris des deux instances d’enquête, il est intéressant de préciser que il n’est pas étrange que les enquêtes respectives aboutissent à des conclusions si différentes. Les deux organismes d’enquête ont travaillé avec des outils différents, sur des commissions différentes, avec des mandats différents et avec des méthodologies différentes.

La principale différence est que la MAIB a établi un rapport préliminaire sans avoir un accès direct à toutes ces preuves dont dispose le Parquet dans le cadre des enquêtes sur les trois suspects d’homicides multiples et de naufrage par négligence : le commandant James Cutfieldl’officier mécanicien Timothy Parker Eaton et le marin de quart Matthieu Griffiths.

Parmi ces informations figurent celles obtenues après récupération de l’épave du Bayesian et son mât, opérations réalisées après la publication du rapport MAIB et qui ont permis aux enquêteurs italiens d’accéder physiquement à la coque, aux mécanismes des portes étanches, aux systèmes de cale et aux dispositifs de sécurité. C’est de ces inspections que ressortent les éléments qui alimentent la théorie des mauvaises manœuvres : certaines trappes et dispositifs de sécurité n’auraient peut-être pas été fermés ou activés correctement avant que la tempête ne frappe.

En bref, le MAIB (qui avait un mandat technique sans finalité pénale) n’a pu mener les enquêtes qu’à partir des données fournies par le chantier naval et le MetOffice, tandis que le parquet avait accès aux données directes provenant de l’épave et à toutes les informations météorologiques collectées par les stations au sol et sur place. Sans compter que les deux reconstructions sont séparées d’un délai d’un an. On parle donc de conclusions tirées à partir de nombreux éléments complètement différents.

Que se passe-t-il maintenant : les conséquences

Cela ne veut pas dire que le parquet italien a raison et que la branche d’enquête sur les accidents maritimes a tort : il est essentiel de rappeler que le parquet n’a pas encore exprimé son avis concernant les résultats des enquêtes. Nous vous rappelons que l’évaluation est toujours en cours dynamique de naufragedont le but est d’expliquer en détail comment l’eau est entrée dans la coque lors du naufrage. C’est cette expertise qui pourrait être déterminante pour déterminer si le bayésien présentait des vulnérabilités structurelles que le constructeur aurait dû prévenir. Cette hypothèse ne peut pas encore être exclue à la lumière du récent rapport météorologique déposé auprès du parquet de Termini Imerese.

Bref, il est important de préciser qu’il n’y aura pas de « bonne version » et de « mauvaise version » tant que les responsabilités ne seront pas officiellement attribuées par les autorités compétentes aux endroits appropriés.

Le délai maximum pour mener à bien les investigations (18 mois dont deux reports) a expiré le 26 février 2026. A partir de ce moment, le parquet dispose de trois mois pour décider s’il doit procéder à la demande d’inculpation des suspects ou demander leur non-lieu. Cela nous amène à la date de 26 mai 2026dans lequel les intentions du procureur seront connues.