« On leur proposait des millions, ils ont dit non » : la maison qui résiste au béton et intrigue tout un quartier

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Refuser des millions pour garder une maison, il faut avoir du caractère… ou une bonne dose de nostalgie ! À Quakers Hills, à l’ouest de Sydney, une famille australienne intrigue tout un quartier en tenant tête aux promoteurs immobiliers. Leur maison, bizarrement encerclée de pavillons flambant neufs, est devenue le symbole d’une résistance ferme face au rouleau compresseur du béton. Plongée dans cette histoire où patrimoine et urbanisme jouent à la corde…

Une oasis brune au milieu d’un océan de gris

Des pavillons individuels s’étendent à l’infini dans le quartier. Leurs toits, uniformément gris, forment un paysage digne d’un logiciel de duplication un peu trop zélé. Mais, au centre de cette symétrie presque hypnotique, une vaste étendue verte brise le rythme, surmontée d’une maison à la toiture brune qui dénote à tous points de vue. Cette maison, on la remarque de loin : « Ça ressemble à un château », s’amuse une riveraine, interrogée par la chaîne australienne 7 News Australia.

Derrière cette bâtisse à la personnalité affirmée, on trouve la famille Zammit. Propriétaires du lieu depuis plus de quinze ans, ils détiennent aussi le titre de champions de la patience et de la détermination face aux promoteurs. Leur propriété, posée sur un terrain de 20 000 m², fait de la résistance, envers et contre tout.

Des offres colossales… et des refus tout aussi solides

Il y a moins de dix ans, cette maison pouvait s’acheter pour 850 000 dollars – un peu plus de 520 000 euros pour ceux qui sortent la calculette à chaque conversion. Aujourd’hui, la donne a drastiquement changé. D’après le quotidien The Daily Mail, la valeur de la parcelle pourrait atteindre jusqu’à 40 millions de dollars, l’équivalent d’environ 25 millions d’euros. Oui, vous avez bien lu : plusieurs zéros sont venus s’ajouter en quelques années, mais la famille Zammit n’a jamais cédé.

Le style de vie alentour, lui, a vu un véritable bouleversement. Diane Zammit, la matriarche de la famille, confie à la version australienne du Daily Mail regretter « les terres agricoles parsemées de petites maisons et de chalets en briques rouges ». En un peu plus de quinze ans, la campagne a cédé sa place à un univers de lotissements plus rationnels que bucoliques.

Un bastion dans un monde bétonné

Une vidéo en accéléré publiée sur le réseau social X (ex-Twitter pour les nostalgiques) donne toute la mesure du bouleversement : on y voit, du ciel, d’anciens champs peu à peu morcelés puis recouverts de maisons neuves, de routes, de béton. Une urbanisation galopante… sauf sur les 20 000 m² de la famille Zammit, restés intouchés, vestiges d’un passé à jamais transformé.

Pour protéger leur havre de paix (et, avouons-le, dissuader encore un peu plus les promoteurs entreprenants), les Zammit ont installé 750 mètres de clôture tout autour de leur propriété. Cette fortification moderne a eu un effet inattendu : les promoteurs n’ont pas pu faire se rejoindre les routes sur cette étendue préservée, coupant ainsi la circulation et créant de véritables impasses de chaque côté. Avec un certain sens pratique, un riverain s’en réjouit : « Je suis très heureux qu’ils aient refusé de vendre. Cela signifie que nous avons une impasse qui est beaucoup plus sûre pour nos enfants – et leur grande pelouse à côté de chez nous donne l’impression que nous avons tellement d’espace. »

Un terrain qui fait rêver… mais qui ne se vend pas

Pour ceux qui aiment les chiffres qui donnent le vertige, sachez que selon Taylor Bredin, agent immobilier interviewé par 7 News Australia et relayé par Business Insider, le terrain des Zammit pourrait accueillir cinquante maisons de 300 m² chacune ! Et chaque parcelle vaudrait, d’après ses estimations, un million de dollars australiens (un peu plus de 600 000 euros par maison, tout de même).

  • Un boom immobilier environnant fulgurant
  • Un terrain immense, défendu coûte que coûte
  • Un choix salué par certains riverains… et les adeptes des rues en impasse

Pour l’instant, il n’est pas question de vendre ce bastion familial ni de céder à la pression du marché, aussi imposante soit-elle. Le quartier devrait donc garder cette touche d’insolite encore un bon moment.

Un dernier conseil : quand vous passerez devant une vieille maison récalcitrante, pensez à la famille Zammit. Entre histoire de famille, attachement au passé et passion pour la pelouse bien entretenue, il se cache parfois bien plus que des murs et des toits… Il y a des valeurs – et un brin de panache.