Le Mexique est le deuxième partenaire commercial de l’Union européenne en Amérique latine et l’UE est le troisième partenaire commercial du Mexique et son deuxième marché d’exportation après les États-Unis.
Désormais, Bruxelles et Mexico visent à accroître davantage leurs échanges commerciaux en libéralisant le marché, le Parlement européen donnant son feu vert au nouvel accord global actualisé et à l’accord commercial intérimaire, deux accords qui visent à renforcer les liens politiques et commerciaux entre les parties. Les innovations les plus importantes concernent la suppression de presque tous les droits existants, une meilleure protection des produits agroalimentaires européens traditionnels, un accès beaucoup plus large des entreprises de l’UE aux marchés publics mexicains et de nouvelles règles en matière de protection des droits de l’homme, de démocratie et de lutte contre la corruption.
Devoirs
Le nouvel accord, signé le 22 mai 2026 lors du sommet UE-Mexique à Mexico, en présence de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et de la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, supprime la quasi-totalité des droits encore appliqués par le Mexique aux produits européens. Aujourd’hui, certains produits agroalimentaires exportés depuis l’UE sont soumis à des taxes très élevées, allant jusqu’à 45 pour cent pour des produits tels que le fromage, le porc et les œufs, tandis que d’autres aliments, comme les pâtes, le chocolat, les pommes et les pommes de terre, sont soumis à des droits de douane allant jusqu’à 20 pour cent.
Avec le nouvel accord, ces droits seront progressivement supprimés et, selon les estimations du Parlement européen, dans le scénario le plus favorable, les entreprises européennes pourraient économiser jusqu’à 100 millions d’euros par an en droits de douane, tandis que les exportations globales de biens et de services pourraient augmenter jusqu’à 75 pour cent.
IGP
Des avantages sont également prévus pour les indications géographiques, les marques qui protègent des produits étroitement liés à un territoire et à un mode de production spécifique.
Le Mexique reconnaîtra et protégera un total de 568 IGP européennes, notamment des produits alimentaires, des vins, des bières et des spiritueux. De cette manière, il deviendra illégal de commercialiser dans le pays des imitations utilisant des noms réservés à des produits européens authentiques.
Parmi les IGP protégées, on trouve également de nombreuses excellences italiennes, comme le Parmigiano Reggiano, le Jambon de Parme, la Mozzarella di Bufala Campana, le Vinaigre Balsamique de Modène et le Prosecco.
Marchés publics
L’accord ouvre également de nouvelles opportunités aux entreprises européennes intéressées à participer aux appels d’offres publics au Mexique. Les entreprises de l’UE pourront rivaliser, sur un pied d’égalité avec les entreprises mexicaines, pour un nombre bien plus important de marchés publics. Le nouvel accord étend notamment l’accès aux marchés publics de 14 États fédéraux mexicains.
Grâce à cet accord, une entreprise européenne pourra participer plus facilement aux appels d’offres lancés par les administrations publiques mexicaines pour des fournitures, des services ou des infrastructures, en bénéficiant de procédures plus transparentes et prévisibles. Les administrations pourront également inclure des critères environnementaux et sociaux dans les procédures d’attribution.
Droits de l’homme et lutte contre la corruption
Le nouvel accord mondial ne se limite pas aux aspects économiques, mais introduit également des engagements juridiquement contraignants sur le respect des principes démocratiques, de l’État de droit et des droits humains fondamentaux.
L’accord renforce également le dialogue entre les parties sur la protection des journalistes, de la société civile et des défenseurs des droits de l’homme, et prévoit une coopération plus étroite contre la corruption, le blanchiment d’argent et la criminalité organisée.
Relations entre l’UE et le Mexique
Le Mexique est le deuxième partenaire commercial de l’Union européenne en Amérique latine, après le Brésil. En 2025, les échanges de biens entre les deux économies ont atteint 86,8 milliards d’euros, dont 52,9 milliards d’exportations européennes vers le Mexique et 33,8 milliards d’importations. À cela s’ajoutent 29,7 milliards d’euros d’échanges de services (données 2024), ce qui porte la valeur globale des échanges à plus de 100 milliards d’euros par an.
L’UE est le troisième partenaire commercial du Mexique, après les États-Unis et la Chine, et son deuxième marché d’exportation. Sur le plan des investissements, le stock d’investissements européens dans le pays a atteint 207 milliards d’euros en 2024, soit environ 28 pour cent des investissements étrangers présents dans le pays. Plus de 11 000 entreprises européennes opèrent dans le pays, employant environ 5,5 millions de personnes, tandis que plus de 45 000 entreprises européennes exportent vers le marché mexicain.
Les prochaines étapes
Après le feu vert du Parlement européen, le Conseil de l’Union européenne devra adopter formellement les deux accords. L’accord commercial intérimaire pourra alors entrer en vigueur, permettant une application rapide des nouvelles règles commerciales. Toutefois, l’accord mondial actualisé devra également être ratifié par tous les États membres de l’UE et par le Mexique avant de devenir pleinement opérationnel. Une fois entré en vigueur, il remplacera automatiquement l’accord commercial intérimaire.
Les deux accords ont des fonctions différentes. L’accord global actualisé définit l’ensemble du partenariat entre l’UE et le Mexique, couvrant non seulement le commerce, mais également la coopération politique, les droits de l’homme, la sécurité et d’autres domaines de collaboration. L’accord commercial intérimaire ne contient toutefois que les dispositions commerciales relevant de la compétence exclusive de l’Union européenne. Il a été créé pour permettre une application anticipée des nouvelles règles commerciales, sans attendre la ratification de l’accord mondial par tous les États membres.