Miriam Indelicato et l’ombre d’un énième « suicide universitaire »
Le schéma est malheureusement connu : ils disent à leurs familles qu’ils sont sur le point d’obtenir leur diplôme, mais le jour de la discussion ou de la proclamation, ils se suicident. C’est alors seulement que les parents découvrent que leur fille ou leur fils n’a pas passé les examens nécessaires à l’obtention du diplôme. Cela pourrait précisément être la dynamique de la tragédie survenue le 17 avril 2026 à Rome, où Miriam Indelicato a été retrouvée sans vie dans le hall d’entrée de son immeuble.
La fête a tourné au cauchemar
Même si un accident ou un meurtre ne peut pas encore être officiellement exclu, le fait que l’étudiante ait menti sur son diplôme – en annonçant la discussion de ce jour-là alors qu’en réalité elle n’était pas inscrite depuis des années – fait craindre l’ombre d’un geste volontaire. Les parents étaient arrivés de Trapani le matin même ; ce qui était censé être un jour de fête s’est transformé en le pire des cauchemars. Toute cette douleur peut être évitée si nous parvenons à intercepter la source de l’inconfort et à intervenir à temps.
Nous n’autorisons pas les « trous dans le CV »
Car si ces étudiants se suicident pour ne pas admettre une difficulté, c’est aussi de notre faute. C’est la faute d’une société qui ne permet pas les « trous dans les programmes scolaires », qui transmet l’idée, depuis l’enfance, que s’arrêter, c’est se perdre et que personne ne vous attendra. C’est la faute d’une culture qui nous fait constamment sentir en faute, quels que soient les objectifs atteints. Cela ne peut pas être normalisé. La concurrence ne peut être annulée et, si elle est saine, elle représente un stimulant fondamental pour la croissance ; Pourtant, il est clair que la perception des normes nécessaires pour se définir comme « réussi » a augmenté à un point tel qu’elle génère un trouble d’anxiété sociale désormais endémique. Les réseaux sociaux sont l’un des principaux responsables et en limiter l’accès aux enfants de moins de 14 ans est un bon début, mais on ne peut pas s’arrêter là : ce serait totalement insuffisant.
La santé mentale des enfants
Nous devons travailler sur la santé mentale des jeunes, en leur transmettant confiance et espoir, surtout lorsque les choses ne vont pas bien et que nous sommes confrontés à un moment de confusion physiologique. Je n’ai pas l’intention de blâmer les familles, dont nous ne connaissons pas l’approche des résultats de leurs enfants, mais je ressens le devoir de réitérer une notion qui n’est malheureusement plus tenue pour acquise aujourd’hui : la vie vaut plus que n’importe quel titre. Il y a des étudiants qui ne peuvent même pas imaginer une existence sans diplôme et qui, malgré de graves difficultés, refusent de changer de voie par peur d’être considérés comme des échecs.
Arrêtez de vanter les diplômes records
Au niveau médiatique, nous devrions arrêter de vanter les diplômes records comme si les études étaient une compétition pour savoir qui est le plus rapide. Le défi est avec nous-mêmes, avec nos limites et nos objectifs, qui sont forcément différents de ceux des autres. Bien sûr, comparer est un instinct humain, mais il faut rester clair pour comprendre que si la comparaison ne génère que de l’envie ou de la honte, alors quelque chose ne fonctionne pas. C’est à ce moment-là qu’il faut trouver la force de demander de l’aide, car parfois, seul, il est impossible d’échapper aux cercles mentaux vicieux qui nous amènent à voir tout comme noir et sans espoir.