Dans son discours d’ouverture devant le Parlement européen jeudi, il a promis de renforcer le soutien de l’UE à la Palestine, condamnant « l’effusion de sang à Gaza ». Vingt-quatre heures plus tard, la promesse a été tenue : la Commission européenne et l’Autorité nationale palestinienne ont signé une lettre d’intention concernant un soutien financier d’urgence à court terme de 400 millions d’euros sous forme de subventions et de prêts, qui seront décaissés en trois tranches entre juillet et septembre. L’argent sera alloué en échange d’une série de réformes de la part de l’Autorité palestinienne, un élément qui a été salué par le gouvernement israélien lui-même.
Selon le ministère des Affaires étrangères de Tel Aviv, en effet, l’accord entre Bruxelles et l’ANP est « une première étape importante qui indique la compréhension et la reconnaissance par l’Europe de la nécessité de garantir la mise en œuvre des réformes » par la Palestine. Selon le ministre Israel Katz, cette décision constitue « une reconnaissance du fait que l’ANP actuelle a profondément échoué » et que « c’est une mesure qui crée un précédent et un message au président Abou Mazen selon lequel s’il veut de l’aide, il doit arrêter financer le terrorisme ».
La référence de Katz concerne les controverses qui ont accompagné le soutien de l’UE à la Palestine au fil des années. Selon les accusations de Tel-Aviv, une partie de cette aide aurait été utilisée dans un passé récent pour payer les salaires de terroristes présumés liés au Hamas. En 2022, Bruxelles a temporairement bloqué le versement de 215 millions d’euros pour la Palestine à la suite d’une plainte du groupe Transatlantique des Amis d’Israël sur l’utilisation présumée de ces fonds pour acheter des manuels scolaires propageant l’antisémitisme. En réalité, les deux accusations ont été démenties, mais la question d’un plus grand contrôle sur les fonds européens destinés à l’ANP est restée parmi les principales revendications de Tel-Aviv.
Le programme signé par la Commission et l’ANP prévoit une série de réformes à mettre en œuvre entre l’automne 2024 et la fin 2026 : les mesures visent à « assurer la viabilité budgétaire, tout en modernisant l’administration palestinienne et sa gouvernance, en luttant contre la corruption, en favorisant la l’état de droit et la transparence, la réforme des systèmes de sécurité sociale et d’éducation, l’amélioration de l’environnement des affaires et le renforcement des fondations d’une économie de marché », a-t-il déclaré dans un communiqué. « En outre, le programme vise à contribuer à l’amélioration des relations économiques et financières entre Israël et l’Autorité nationale palestinienne, notamment à travers le paiement régulier des recettes fiscales dues à l’Autorité nationale palestinienne et la suppression des restrictions d’accès pour les travailleurs palestiniens », conclut Bruxelles.
La signature de l’accord intervient le jour où la Cour internationale de Justice de l’ONU a établi dans une phrase que « la politique des colonies juives et l’exploitation des ressources des territoires occupés (en Cisgriodanie, ndlr) par Israël constituent un violation du droit international ». En réponse, les ministres de droite radicale du gouvernement israélien, Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich, ont appelé à « l’annexion » de grandes parties de la Cisjordanie.