Le ménage de Meloni n’est pas terminé : Cingolani ouvre la roulette des « rendez-vous »
Ceux qui les connaissent de près disent qu’après une première idylle, « ils ne s’en souciaient plus ». Bref, que l’éventuelle rupture, celle dont on parle (et écrit) depuis quelques semaines, serait (aussi) d’ordre « personnel », et que les coulisses plus « politiques » ne sont pas très fondées. Cela arrive, parfois même les aspects du caractère ont leur poids. Le fait est qu’il semble désormais certain que Giorgia Meloni a décidé de procéder au remplacement du PDG de Leonardo, Roberto Cingolani, qu’elle souhaitait elle-même en 2023, et que la décision a été communiquée à l’intéressé avant Pâques.
Une rumeur indéniable qui a eu ses premières bonnes conséquences en bourse, où les actions de la société italienne leader dans le monde de la défense ont accumulé une série de pertes en quelques jours seulement. Signe que les milieux financiers ont mal digéré la nouvelle, et en effet, certains disent qu’il y a une sorte de pression de la part des marchés pour faire revenir la première ministre sur ses pas. De plus, compte tenu des excellents résultats annoncés par l’entreprise (depuis 2023, le titre a augmenté de trois cents pour cent en bourse), résultat du moment historique dans lequel nous vivons (avec deux guerres en cours en Occident, il est clair que ceux du secteur de la défense ont beaucoup de travail) mais certainement aussi le résultat des bons choix de la direction.
Dans ces cas-là, rien n’est jamais sûr jusqu’à l’annonce officielle (attendue d’ici quelques jours) et même les raisons des choix passent par des canaux « périphériques », laissant place à des reconstructions plus complexes, pas toujours cohérentes. Ainsi, outre le fait de caractère dont nous parlions au début, de nombreux observateurs ont souligné à quel point le premier ministre aurait souffert au cours de ces trois années du caractère plutôt « autonome » du PDG de Leonardo, capable de stipuler des accords avec Airbus et Thales (France), avec les Turcs de Baykar ou les Allemands de Rheinmetall (défense terrestre) sans trop s’interfacer avec le décideur politique, avec des choix qui ressemblaient – nous sommes encore dans le domaine des reconstructions à travers la presse – plus à l’européen. partenaires qu’à ces Américains.

Certains soulignent également la froideur de certains milieux militaires à l’égard de Cingolani (on dit que son absence au dernier défilé du 2 juin n’a pas été bien accueillie), tandis que d’autres soulignent que l’accent mis par Cingolani sur le « Michelangelo Dome », le bouclier anti-missile qui sera opérationnel dans deux ou trois ans, n’aurait pas été tout à fait bienvenu. D’un autre côté, il est clair qu’un personnage comme Cingolani, ancien ministre du gouvernement Draghi et au profil différent du chef d’État classique, aurait apporté avec lui une certaine forme d’emphase personnaliste. Homme de grande culture, physicien de formation, professeur d’université avec des relations de très haut niveau, même dans le monde politique, il a toujours eu le stigmate de l’innovateur. Et les hommes politiques, qui ont des rythmes (et des besoins) différents, n’aiment pas toujours les innovateurs.
Qui est Cingolani
Ami puis moins ami de Grillo, en bons termes avec le gouvernement Matteo Renzi, il est certainement un élément que l’on peut qualifier de « non ordinaire ». Et c’est précisément de là que naîtrait cette froideur qui s’est accrue au fil du temps avec Giorgia Meloni, un premier ministre qui, après le nettoyage « politique » post-référendaire (à travers Delmastro, Bartolozzi et Santanché), ressent évidemment le besoin de donner quelques signes de discontinuité même dans différents domaines (si tout était évidemment confirmé). Moins tape-à-l’œil pour le grand public, mais certainement significatif. Si cela devait arriver, Cingolani devrait quitter l’entreprise après seulement trois ans de travail, même si d’un point de vue économique personnel, il aurait une certaine consolation : grâce aux brillants résultats économiques, son salaire est passé de 1,9 à 2,17 millions et il aurait accumulé une indemnité de départ de plus de 51 mille actions gratuites, qui valent aujourd’hui environ 3 millions d’euros.
Les dossiers de candidature
Le probable remplacement de Cingolani (Lorenzo Mariani, ancien de Leonardo et actuellement chez MBDA, une coentreprise de missiles, pourrait arriver) est la pièce maîtresse de la série de nominations que le gouvernement s’apprête à lancer dans les prochaines semaines. Bien que des chocs majeurs ne soient pas attendus. Aux postes qui comptent, ceux de PDG, Descalzi et Cattaneo (Eni et Enel) devraient être confirmés tandis que Giuseppina Di Foggia est plus incertaine à Terna. Au contraire, on s’attend à du mouvement dans les présidences, avec Francesco Macrì vers Leonardo, Andrea De Gennario ou Elisabetta Belloni chez Eni et la confirmation de Paolo Scaroni chez Enel.