comment le trafic change et ce que cela signifie

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

À Rome nous pourrions bientôt être confrontés à une évolution intéressante du langage des feux tricolores. En plus des trois couleurs « traditionnelles » – rouge, jaune et vert – leintroduction d’une quatrième couleurque blancconçu pour s’intégrer aux véhicules connectés et aux systèmes de conduite autonome. La nouveauté ne serait pas du tout esthétique. Ce serait une solution purement fonctionnelle. L’idée est née dans le contexte des routes dites intelligentes, c’est-à-dire des infrastructures routières équipées de capteurs, de systèmes de communication et capables de traiter des données en temps réel. Le feu blanc indiquerait que la coordination du trafic ne dépend plus exclusivement du feu tricolore, mais d’un réseau numérique qui connecte les véhicules et l’infrastructure routière elle-même.

Pour reprendre les mots de Luigi Di Matteoresponsable du domaine technique de l’ACI, «lorsque la lumière blanche apparaît, les véhicules connectés communiquent entre eux et avec l’infrastructure, optimisant automatiquement le passage à l’intersection». De cette façon, nous pourrions atteindre l’objectif de «réduire les temps d’attente, améliorer la fluidité du trafic et exploiter les capacités informatiques et de communication des véhicules autonomes», ce qui n’est pas mal dans une ville complexe comme Rome.

Comment la lumière blanche pourrait modifier la circulation

L’idée de la lumière blanche est directement liée au mobilité connectéec’est-à-dire un système dans lequel les véhicules communiquent entre eux et avec la route. Quand on parle de communication véhicule-infrastructure, souvent désignée par l’acronyme V2I (Véhicule-Infrastructure), nous entendons un échange continu de données qui permet de coordonner les mouvements plus efficacement que les signaux statiques. En présence de lumière blanche, ce réseau numérique deviendrait idéalement le « directeur » du carrefour.

Le routes intelligentes ils représentent l’infrastructure habilitante de ce modèle. Même si, clairement, ils n’éliminent pas le trafic dans l’absolu, ils améliorent sa gestion. Grâce à des capteurs, des caméras et des algorithmes d’analyse en temps réel, la route est capable de s’adapter aux conditions actuelles. Cela signifie des feux de circulation qui modifient la durée du feu vert en fonction des flux réels, des voies qui changent de fonction de manière dynamique et des systèmes d’information qui suggèrent des itinéraires alternatifs. C’est ainsi que se produit ce qu’on appelle gestion dynamique du traficc’est-à-dire une approche qui remplace les règles fixes et les remplace par des décisions basées sur des données transmises et lues par les systèmes en temps réel. Des études indiquent qu’avec une diffusion significative des véhicules connectés, la capacité des infrastructures pourrait être augmentée sans construire de nouvelles routes.

L’objectif : accroître la sécurité routière

Au niveau de sécuritél’intégration entre routes intelligentes et conduite autonome est avant tout considérée comme unopportunité. Aujourd’hui, la plupart des accidents de la route sont liés au facteur humain : distraction (comme celle due à une mauvaise utilisation du smartphone au volant), erreurs de jugement ou vitesse excessive. Les systèmes d’aide à la conduite et les systèmes entièrement autonomes réduisent cette marge d’erreur.

Et en parlant de sécurité, le responsable du domaine technique ACI Luigi Di Matteo (déjà mentionné auparavant), a expliqué :

Les technologies de conduite assistée et autonome peuvent réduire ce facteur humain. Les routes intelligentes ajoutent un niveau de sécurité supplémentaire : signalisation numérique, communication entre les véhicules et les infrastructures, alerte préalable en cas d’accident ou d’obstacle, surveillance de l’état des routes. Autant d’éléments qui permettent de prévenir les situations à risque. Bien entendu, des questions restent à résoudre, comme la fiabilité des systèmes, la cybersécurité ou la coexistence de véhicules traditionnels et autonomes. Mais dans l’ensemble, l’orientation est vers un système de mobilité plus sûr.