Le M5 tente d’entrer dans le groupe de la gauche radicale, qui dicte pourtant ses conditions

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Le Mouvement 5 étoiles continue de chercher une position politique au Parlement européen, afin de quitter le groupe des non-membres et d’avoir une plus grande viabilité politique à la Chambre. Et pour ce faire, il essaie maintenant d’y adhérer. La gauchel’équipe qui rassemble la gauche radicale à l’Assemblée communautaire, et dans laquelle siègent les deux députés élus avec la gauche italienne au sein de la coalition Avs : Mimmo Lucano et Ilaria Salis.

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La demande d’adhésion est arrivée aujourd’hui (3 juillet) à la réunion de fondation du groupe qui semble cependant sceptique et a pris son temps avant de prendre une décision. « Nos portes sont ouvertes mais il y a des conditions », a souligné le leader La gauche, la Française Manon Aubry, expliquant avoir « plusieurs questions » pour les M5, « sur leur stratégie en Europe et en Italie, mais la question principale est de savoir s’ils se sentent ou non partie intégrante de l’histoire de la famille de la gauche ». Selon des sources du groupe, aucun des partis adhérents n’a exprimé d’opposition, même si quelques doutes ont été émis, notamment de la part du Bloc Esquerda Portugais. Ce qui a créé la perplexité, c’est surtout le fait que les 5 étoiles soient entrés au gouvernement avec la Ligue de Matteo Salvini.

Les négociations

Les huit députés des 5 Étoiles tentent cependant la formation de la gauche radicale, qui compte actuellement 39 membres et pourrait ainsi atteindre 47. C’est pourquoi des pourparlers directs devraient avoir lieu demain (jeudi 4 juillet) au cours desquels Giuseppe Conte ne devrait pas y participer, mais si la détermination du Mouvement devait augmenter, le leader pourrait alors décider d’intervenir directement. Et une décision pourrait être prise d’ici la soirée.

En cas d’adhésion, les députés européens du M5S devraient signer un document s’engageant sur les principales valeurs défendues par le M5S. La gauche. « Nous avons travaillé sur une déclaration d’affinité que nous rendrons publique demain et que chaque membre du groupe signera en tant que membre des normes éthiques. Je suis fier du fait que nous sommes les plus nombreux. groupe ambitieux en termes d’éthique », affirme-t-elle Aubry.

Les normes éthiques incluent un engagement à « ne pas recevoir d’argent, d’emplois secondaires ou de voyages rémunérés d’une entreprise ou d’un pays », a-t-il expliqué. Cette demande serait certes conforme au modus operandi du Mouvement 5 Etoiles, mais dans le manifeste fondateur du La gauche nous parlons aussi de l’adhésion aux valeurs et principes « du socialisme, du communisme et du mouvement ouvrier, du féminisme, du mouvement féministe et de l’égalité des sexes, du mouvement environnemental et du développement durable, de la paix et de la solidarité internationale, des droits de l’homme, de l’humanisme et l’antifascisme, de la pensée progressiste et libérale, tant au niveau national qu’international ». Il faudra voir combien d’entre eux seront transposés dans la déclaration d’affinité et si les 5 étoiles voudront tous les signer.

L’exemple français

Le groupe, a expliqué en outre le leader, veut s’inspirer de ce qui a été fait par le Nouveau Front Populaire dans sa France natale, qui a fédéré les forces de gauche, des plus modérées aux plus radicales, dans le but de vaincre la droite. de Marine Le Pen et Jordan Bardella. « Je pense qu’une partie des raisons pour lesquelles les gens votent pour l’extrême droite est parce qu’ils sont en colère, et c’est à la gauche d’apporter une réponse forte. Et c’est la même responsabilité que nous avons en France », et c’est aussi « ce que nous avons ». « Nous voulons faire, au niveau européen, à condition que cela se fasse sur des valeurs claires, des propositions claires. Et nous ne faisons pas de compromis sur compromis », car il y a un risque que les compromis « deviennent des compromis », a précisé Aubry.

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La « surprise » de Conte.

Le leader du Mouvement, Giuseppe Conte, avait promis avant les élections une « surprise » et une adhésion à un groupe du camp « progressiste ». Et la surprise est arrivée, même si au départ il était aussi émis l’hypothèse que les 5 Étoiles pourraient participer à la création d’un nouveau groupe. C’était dans les plans de l’Alliance Sahra Wagenknecht (Bündnis Sahra Wagenknecht – Bsw), la gauche allemande hétérodoxe et souverainiste. Ce dernier, né d’une scission de Die Linke, a réussi en Allemagne en combinant les thèmes économiques classiques de la gauche avec la critique de l’immigration incontrôlée, parvenant ainsi à recueillir 6,2% des voix au niveau national et à élire six députés.

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Mais le projet d’un nouveau groupe promu par le BSW devient plus compliqué sans le M5S. Pour former un groupe politique à Strasbourg, il faut au moins 23 députés issus d’au moins sept États membres. Le BSW comptait également sur l’adhésion des sociaux-démocrates slovaques Smer-SSD du Premier ministre Robert Fico, suspendus par le groupe socialiste auquel ils appartenaient. Ces derniers semblent cependant désormais attirés par les appels de sirènes de Vicktor Orban qui crée son propre groupe souverainiste et eurosceptique.