Ottawa et Paris ont préparé une réponse diplomatique en signe de soutien au Groenland, qui fait depuis des semaines l’objet de menaces de la part du président américain Donald Trump, qui cherche à s’approprier à tout prix ce territoire danois autonome.
L’action est concrète : ouvrir des consulats dans la capitale de la plus grande île du monde, une initiative qui a été bien accueillie par ses autorités.
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Deux nouveaux consulats au Groenland
Face à la tension croissante entre les États-Unis et le Groenland, due à l’insistance de Trump à s’emparer de la plus grande île de la planète, les gouvernements français et canadien ont activé, le 6 février 2026, une réponse immédiate et ont annoncé l’installation de leurs propres consulats à Nuuk, la capitale du territoire.
Jeppe Strandsbjerg, politologue à l’Université du Groenland, a déclaré à l’AFP que « c’est une victoire pour les Groenlandais de voir deux pays alliés ouvrir des représentations diplomatiques à Nuuk », ajoutant que les citoyens « apprécient grandement » ces actions face aux commentaires et menaces de Trump.
Mercredi 21 janvier, dans son discours au forum de Davos, le président américain, sans entrer dans les détails, a affirmé avoir conclu un accord avec le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, sur le Groenland, qui bénéficierait à la fois à Washington et à l’organisation.
« Plus d’informations seront fournies au fur et à mesure de l’avancement des négociations. Le vice-président JD Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio, l’envoyé spécial Steve Witkoff et d’autres, si nécessaire, seront responsables des négociations », a déclaré le républicain.
Rejet du plan Trump
Le Danemark et le Groenland ont catégoriquement rejeté les déclarations de Donald Trump, qui, en premier lieu, avait assuré que le territoire serait contrôlé par Washington « de gré à gré » ou « de gré à gré ». « Nous n’allons pas permettre à la Russie ou à la Chine d’occuper le Groenland », a-t-il souligné.
Jean-Noël Poirier, qui sera le nouveau consul de France sur l’île, affirme que sa nomination est une démonstration claire du soutien européen au pays insulaire. « La première chose est avant tout d’écouter les Groenlandais, de les écouter, de les laisser nous expliquer en profondeur leur position et, pour notre part, confirmer notre soutien à leur camp, dans la mesure où eux et la partie danoise le souhaitent », a-t-il déclaré à l’AFP.
Du côté canadien, comme l’a confirmé l’agence de presse AP, c’est la ministre des Affaires étrangères Anita Anand qui assumera la direction de ce nouveau consulat, qui, à son tour, contribuera à « promouvoir la coopération sur des questions telles que le changement climatique et les droits des Inuits ».
Qu’y a-t-il au Groenland ?
À première vue, le Groenland n’a pas grand attrait, la plus grande île gelée du monde située à l’est du Canada et dont les températures peuvent descendre jusqu’à 18 degrés sous zéro. Cependant, sous la croûte de glace se cache un trésor incommensurable qui attire l’attention de plus d’une superpuissance.
Ce territoire, qui abrite environ 2,16 millions de kilomètres carrés de glace, est une enclave stratégique qui intègre d’immenses richesses minérales, abritant les plus grandes réserves de terres rares, comme le néodyme et le praséodyme, en dehors de la Chine, en plus de contrôler 10 % de l’eau douce de la planète.
Sa situation géographique privilégiée lui confère une domination sur les nouvelles routes maritimes de l’Arctique, tandis que son infrastructure militaire, centrée sur la base spatiale de Pituffik, constitue le système d’alerte précoce en matière de missiles essentiel pour l’OTAN et les États-Unis.
Parmi les priorités de Washington, outre l’accès aux ressources naturelles, il chercherait à contrôler les ports qui ouvriront avec le dégel, ce qui réduira de 40 % le temps de transport maritime entre l’Asie et l’Europe.