La Suisse neutre réarme également : "Nous devons nous préparer à une guerre entre la Russie et l’OTAN"

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Adieu à la neutralité historique et laïque. La crainte d’une guerre entre la Russie et les pays de l’OTAN pousse également la Suisse à se lancer dans une course aux armements.

La stratégie de défense nationale révisée prématurément

Berne a pris une décision historique le 12 décembre, inversant l’approche de politique étrangère que la Suisse suit depuis 1815. Le contexte international, caractérisé par la guerre entre l’Ukraine et la Russie, affecte également les projets de la Confédération suisse, qui s’apprête à acheter des chasseurs F-35 aux États-Unis et à lancer une nouvelle « stratégie de politique de sécurité », comme l’a expliqué le ministre de la Défense Martin Pfister.

En avance sur son temps, Berne se prête à modifier prématurément sa politique de sécurité nationale. Généralement tous les cinq ans, la Suisse met à jour sa stratégie de défense : le dernier document élaboré remonte à 2021 et a été intégré en septembre 2022 à la lumière de la guerre en Ukraine. Désormais, d’ici fin janvier 2026, le ministère suisse de la Défense doit présenter un nouveau plan stratégique lié au renforcement de la sécurité du pays.

Nouveaux systèmes de défense aérienne et F-35 sur la liste

Les consultations marqueront une orientation générale pour l’ensemble du système complexe de défense de la Confédération suisse, y compris l’organisation de l’armée et l’acquisition de systèmes d’armes (avec l’achat de Patriot et d’IRIS-T SLM et l’expansion de la flotte aérienne), mais affecteront également la société civile, l’économie et le monde universitaire.

Le Conseil fédéral a annoncé son intention d’atteindre un contingent de 55 à 70 avions de combat modernes, afin d’assurer la défense la plus efficace possible contre une attaque armée. Cette éventuelle augmentation des moyens de défense aérienne s’inscrit dans l’idée d’atteindre le nombre prévu de 36 avions de combat. Le Conseil fédéral a reconnu la nécessité d’intervenir en priorité pour renforcer davantage la sécurité et la défense de la confédération, conduisant à une augmentation des dépenses militaires jusqu’à 1 pour cent du PIB d’ici 2032. La Suisse est tenue par des règles précises pour maintenir sa neutralité dans les conflits militaires, mais le contexte actuel d’insécurité croissante sur le continent européen pousse Berne à considérer cette condition comme une possible vulnérabilité pour sa sécurité.