La métamorphose de Floris : sur « DiMartedì » plus d’enquêtes, juste du bavardage
Une conversation confinée entre les quatre murs d’un studio, sans plus de sorties ni de voyages en Italie. « DiMartedì » a ainsi achevé son évolution. Pas une métamorphose immédiate, mais plutôt un lent voyage avec la nouvelle ligne testée sur le long terme, au point de rendre imperceptibles les variations lors de la construction.
Mais tout change si l’on fait un grand pas en arrière. Dans ce cas, le discours de Giovanni Floris apparaît comme un parent éloigné de celui diffusé avant l’explosion de la pandémie, véritable ligne de fracture pour de nombreux programmes.
Mais si le public et les applaudissements (excessifs comme toujours) sont réapparus après une suspension imposée par les règles et directives anti-contagion, ce qui a changé a été la structure d’un programme qui a embrassé le projet à huis clos, puisqu’il s’est désintéressé désormais de regarder là-bas.
La set list est rigide et toujours la même. La force de Floris réside en effet dans les rituels qui se répètent sans cesse. Les couvertures de Luca et Paolo, les face-à-face et, surtout, les débats à plusieurs voix qui accueillent pratiquement les mêmes visages. Pour le reste, adieu aux liens avec l’extérieur, même les plus banals, au profit d’une sorte de « quarantaine », cette fois souhaitée.
Concentrez-vous sur les invités et les discussions plutôt que sur les exclusivités
Le principe de « DiMartedì » est simple : se concentrer davantage sur les invités et le « chat » plutôt que sur des expéditions à travers le pays à la recherche de nouvelles à analyser. Après tout, pour ceux-là, il existe déjà des journaux et Internet, avec des contributions tirées des médias sociaux qui peuvent facilement être récupérées et jugées dans un fauteuil.
« DiMartedì » n’a plus d' »exclusivités » et ne les poursuit pas. En cela, il diffère énormément de « Piazzapulita » – où Corrado Formigli, au contraire, tremble quant à un éventuel retour au rôle de correspondant – mais aussi du reste des productions non-La7.
Au contraire, les « titres » sont attribués par les arguments et les affrontements stratégiquement construits. Soyons clairs, pas de sketch prévu à l’avance, mais plutôt la pratique constante de placer de l’essence le plus près possible du feu dans l’espoir que tôt ou tard le feu s’animera. Voici donc les factions : pro-israéliens contre pro-palestiniens, pro-Poutiniens appelés à se battre avec les pro-ukrainiens, sans oublier la gauche contre la droite, avec l’apparition inévitable de quelques nostalgiques qui n’en peuvent plus. se définissent comme « antifascistes ».
« DiMartedì » est donc une destination récurrente pour Michele Santoro, Alessandro Di Battista, Francesco Storace, Italo Bocchino, Carlo Calenda, Elsa Fornero, Elisabetta Piccolotti, Carlo Rossella, Pierluigi Bersani, Massimo Giannini, pour n’en nommer que quelques-uns. Un peu comme dans Amour, Gloire et Beauté, où tout reste limité à la famille Forrester sans jamais se soucier de ce qui se passe ailleurs.
Les audiences sont là, mais le pays manque
Une pratique qui jusqu’à présent a généré des audiences et fait du programme de Floris le talk-show politique le plus regardé aux heures de grande écoute. C’est grâce à la reconnaissance que le journaliste romain a pu développer en plus de vingt-deux ans de programmation stable le mardi, si l’on considère également l’ère « Ballarò ». Reste cependant à regretter une émission qui refuse de mesurer la température réelle du pays.