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L’époque des affrontements continus entre l’Union européenne et la Hongrie de Viktor Orban ne semble plus qu’un lointain souvenir. Deux mois seulement se sont écoulés depuis l’investiture de Peter Magyar au poste de Premier ministre et les relations entre Budapest et Bruxelles semblent déjà idylliques. Avec des conséquences très positives pour le pays hongrois. La semaine dernière, le Conseil a approuvé un nouveau plan pour la reprise et la résilience (PRR) pour la Hongrie, qui devrait permettre le décaissement d’un montant pouvant atteindre 10 milliards d’euros, dont environ 6,5 milliards d’euros de subventions et environ 3,5 milliards d’euros de prêts.
Un nouveau plan
Les PRR définissent les programmes nationaux de réforme et d’investissement dans le contexte de la facilité pour la reprise et la résilience (FRR), la pièce maîtresse de NextGenerationEU, l’instrument temporaire de l’UE visant à faciliter et à accélérer les transitions vertes et numériques dans les États membres, tout en augmentant la résilience, la cohésion et la croissance durable.
L’approbation formelle, qui a eu lieu vendredi 10 juillet, a été possible grâce à la récente présentation d’un nouveau plan par la Hongrie. L’ancien projet, qui remontait à l’ère Orban, a été mis en veilleuse parce que les retards dans l’atteinte de ses objectifs l’ont rendu impossible en raison de l’augmentation des coûts résultant de la volatilité des prix de l’énergie, de changements inattendus dans les circonstances géopolitiques, de défis de mise en œuvre imprévus, de retards dus à des contraintes de temps ou de calendrier, et d’autres développements.
Les réformes promises
Désormais, les mesures du nouveau plan national hongrois visent à contribuer à tous les piliers du Fonds de relance : elles devraient garantir la protection des intérêts financiers de l’Union dans le cadre de la mise en œuvre du plan, renforcer le cadre anti-corruption hongrois, accroître la transparence des ressources publiques et des marchés publics et améliorer l’implication des parties prenantes et des partenaires sociaux dans le processus législatif.
Le nouveau RRP comprend également des mesures visant à renforcer l’indépendance judiciaire et l’État de droit en Hongrie. Autant de mesures qui faisaient l’objet d’une lutte acharnée depuis des années entre la Commission d’Ursula von der Leyen et la Hongrie. Magyar, peu après les élections, s’est précipité à Bruxelles pour rencontrer le Parti populaire allemand, avec lequel il a maintenu un dialogue constant et à qui il a promis des réformes rapides comme l’éclair en échange du déblocage des fonds gelés à l’époque d’Orban. Et maintenant, rapportez les résultats à la maison.
Le déblocage des fonds
« Vive la Hongrie européenne ! », a écrit sur les réseaux sociaux le leader de Tisza, le Parti du respect et de la liberté, après que l’UE a approuvé le plan de relance et de résilience pour Budapest.
« Les milliards de financement de l’UE vont enfin arriver. Nous l’avons promis et nous l’avons fait », a écrit le Premier ministre, accusant le Fidesz, le parti d’Orban, d’avoir « essayé de l’empêcher, alors que nous avons travaillé sans relâche pendant trois mois pour y arriver ». « Les milliards de financements européens sont enfin en route et iront exactement là où ils doivent aller : au peuple hongrois, en soutenant directement les infrastructures de transport, la sécurité énergétique, les soins de santé, la gestion de l’eau et les entreprises locales », a-t-il ajouté.
Le bureau anti-corruption
Par ailleurs, la semaine dernière, le gouvernement hongrois a présenté au Parlement un projet de loi visant à créer un bureau anti-corruption, respectant ainsi la promesse de Magyar de créer un organisme indépendant chargé d’enquêter sur les cas de corruption présumés survenus sous son prédécesseur. Magyar, dont la victoire électorale écrasante en avril a mis fin aux 16 ans de règne d’Orban, a qualifié le Bureau national de protection et de recouvrement des actifs de pilier de sa campagne anti-corruption, qu’il a surnommée « Opération Purgatoire ».
Le nouvel organisme aura pour tâche d’identifier, de retrouver et de récupérer les biens illégalement retirés du domaine public, ainsi que d’enquêter sur la gestion des biens publics. Il sera dirigé par un président et quatre adjoints, dont trois procureurs, dont les nominations seront soumises à l’approbation du Parlement. Budapest a également annoncé avoir postulé pour rejoindre le Parquet européen (EPPO), ce que Orban avait refusé de faire, suscitant l’ire de Bruxelles.
Les principales actualités sur la cohésion européenne et la politique régionale de la semaine dernière
Sauvons la DG Regio
Le Conseil des Communes et Régions d’Europe (Cemr), un réseau représentant plus de 110 000 administrations locales dans l’UE, demande à la Commission européenne de ne pas affaiblir la Direction générale de la politique régionale et urbaine (DG Regio), chargée de gérer la politique de cohésion. Dans la lettre adressée mardi 14 à la présidente Ursula von der Leyen et à d’autres commissaires, le Cemr prévient qu' »un affaiblissement de la DG Regio mettrait à mal les partenariats qui ont fait de la politique de cohésion l’un des instruments les plus efficaces de l’Union » et demande des éclaircissements sur les hypothèses de réorganisation interne.
Pnrr et cohésion
Les projets du Plan National de Relance et de Résilience (Pnrr) qui ne seront pas achevés dans les délais impartis pourront être transférés, sur une base volontaire, vers des programmes de la politique de cohésion. A Bruxelles, en Belgique, mardi 14, le vice-président de la Commission chargé de la cohésion et des réformes, Raffaele Fitto, a expliqué que les États membres présentent les révisions de leur Pnrr respectif et que « c’est une opportunité qui existe ». Le transfert, prévu par les orientations approuvées en 2025, permettrait l’utilisation de ressources à plus longue échéance, jusqu’en 2029.
Représentant épais pour Chypre
Fitto a été nommé représentant spécial de la Commission européenne pour Chypre. L’annonce est tombée lundi 13. « Je suis honoré d’avoir été désigné par la Commission européenne comme représentant spécial pour Chypre », a écrit Fitto sur les réseaux sociaux, remerciant la présidente von der Leyen. Le vice-président a assuré son engagement à soutenir le processus de réunification de l’île (divisée après l’invasion de la partie nord par la Turquie en 1974) mené par les Nations Unies pour favoriser une « solution globale, durable et soutenable », également à travers le renforcement de la confiance entre les parties.
Fonds aux régions
La Campanie et la Basilicate demandent de préserver le rôle des Régions dans la gestion des fonds européens et dans la planification de la politique de cohésion. Lors de la réunion tenue jeudi 16 à Naples, les présidents des conseils régionaux Massimiliano Manfredi et Marcello Pittella ont exprimé leur inquiétude quant à d’éventuelles réformes qui accentueraient le rôle de l’État. « Il y a une tentative en cours en Europe de réformer une partie des dépenses des fonds européens et de retirer des compétences aux régions », a déclaré Manfredi. Pittella a ajouté que « les assemblées législatives ont le droit et le devoir de participer aux travaux de la Commission européenne dans la phase de planification ».
Stratégies pour les îles
Les nouvelles stratégies de l’Union européenne pour les îles et les communautés côtières devront se traduire par des ressources concrètes dans le prochain budget de l’UE. C’est le message qui est ressorti du webinaire organisé au Parlement européen mardi 14, avec la participation des administrations locales italiennes et du commissaire Fitto. Le démocrate italien Giuseppe Lupo (S&D) a déclaré que « les deux stratégies doivent trouver une confirmation concrète dans le nouveau CFP 28-34 », également à travers les futurs plans de partenariat nationaux et régionaux et les politiques de cohésion.
Mission Toscane à Bruxelles
Dans la perspective du débat sur l’avenir de la politique de cohésion et des fonds structurels, la Toscane renforce le dialogue avec les institutions européennes. La mission institutionnelle à Bruxelles, en Belgique, s’est ouverte lundi 13 par des rencontres dédiées à la recherche, à l’innovation et au développement territorial. La présidente de la commission des politiques européennes du Conseil régional, Irène Galletti, a expliqué qu' »à l’heure de profondes réformes et de réécriture des règles des fonds structurels, suivre de près les dossiers et renforcer les réseaux tels que le Crpm et Tour4Eu est un acte de responsabilité envers nos territoires ».
Coordination régionale
Les assemblées législatives régionales veulent renforcer leur rôle dans le débat sur les politiques européennes avec une comparaison stable sur les principaux dossiers européens. La nouvelle Coordination des présidents des Commissions responsables des politiques européennes s’est réunie pour la première fois lundi 13, dans le but d’évaluer l’impact territorial des initiatives européennes et de définir des positions communes. Le président du Conseil Régional de Sardaigne, Piero Comandini, délégué aux Affaires européennes de la Conférence des Régions, a rappelé que « les prochaines discussions sur le Cadre Financier Pluriannuel 2028-2034, l’évolution de la politique de cohésion, l’avenir de la PAC, la programmation des fonds et les nouvelles priorités de l’Union exigent de nous tous d’intensifier le dialogue avec les institutions européennes et nationales ».
Pilier de cohésion de l’UE
La discussion sur le cadre financier pluriannuel 2028-2034 est toujours ouverte et la politique de cohésion doit rester l’une des pierres angulaires du budget européen. Intervenant lors du séminaire « La force des territoires », à Rome, vendredi 10, le ministre des Affaires européennes, du Pnrr et des Politiques de cohésion, Tommaso Foti, a affirmé que « la politique de cohésion ne peut se faire sans l’implication des territoires » et que la politique de cohésion et la Politique agricole commune (PAC) sont « les piliers sur lesquels est née l’Union européenne ». Selon Foti, la stratégie du droit de rester nécessite également des ressources financières adéquates.