La crise de Rete 4, du « retequatrismo » et au-delà
Nous pourrions la définir comme la crise de Rete 4, du « retequatrismo » ou du genre talk, qui engloutit et occupe militairement le troisième réseau de Mediaset. Des lectures multiples qui ne changent pas le fond : la chaîne souffre et la tendance de ce début de saison apparaît, en effet, comme la plus difficile et la plus compliquée de ces dernières années.
Les chiffres parlent clairement. Rete 4 a eu des difficultés lundi avec Porro, mardi avec Berlinguer, terriblement mercredi avec le nouveau Labate, jeudi avec Del Debbio terni et dimanche avec Giordano expulsé, le seul capable de montrer au « professeur » le papier avec la justification. Le seul qui sourit est Nuzzi, qui avec son « Quarto Grado » représente dans tous les sens l’exception à la règle, étant donné qu’il s’agit du seul programme qui ne traite pas de politique.
Qu’est-ce que la politique a à voir là-dedans
Oui, la politique. C’est-à-dire le sujet le plus soumis à des facteurs externes, susceptible d’exploser en cas de crise gouvernementale ou d’élections prochaines, ou de s’éteindre lamentablement s’il y a des cadres techniques au pouvoir. Il existe également des scénarios qui, bien que convaincants, doivent être documentés d’une certaine manière, avec une certaine orientation et d’un point de vue précis.
Et c’est là que Rete 4 semble avoir trébuché. Car si d’un côté le gouvernement Meloni apparaît plus solide que jamais, avec le parti du premier ministre confortablement en tête des audiences, de l’autre il y a une télévision qui a besoin d’un récit spécifique, éventuellement « d’opposition ».
Après tout, si au Parlement l’ennemi apparaît inoffensif et sans armes, il doit se défouler à l’extérieur, peut-être dans des arènes qui pinaillent ceux au pouvoir, le piégent, le diabolisent et le « jugent ».
Il en a toujours été ainsi, depuis l’époque de Michele Santoro, qui a fait grimper les audiences en empalant Silvio Berlusconi, au moment même où Berlusconi dominait dans les sondages. Une contradiction ? Non. Simplement le désir d’être contradictoire.
Del Debbio est le visage le plus en difficulté
En ce sens, le visage le plus en difficulté est Del Debbio, qui revient du mois dernier en pleine difficulté par rapport à un Corrado Formigli ressuscité qui, avec « Piazzapulita », a su intercepter la question de Gaza à partir de l’affaire de la Flottille. Un scénario international que « Dritto e rovescio » aborde, mais de manière ennuyeuse et « passive », un sentiment qui s’identifie parfaitement à son hôte, qui souffre la discussion plutôt que de la diriger. Fini donc les vols à la tire roms dans le métro, remplacé récemment par la dénonciation de l’insécurité dans les grandes villes, par coïncidence toutes administrées par le centre-gauche et sans que le ministre de l’Intérieur, Matteo Piantedosi, soit jamais consulté. Comme l’époque de Lamorgese est lointaine…
Giordano, avec son « Fuori dal coro », ne s’écarte pas beaucoup d’une direction similaire, même si sur le front des « voleurs de maison », il s’est souvent (et étonnamment) exprimé contre Meloni. Son émission a le mérite de s’être transformée par rapport à celle des débuts, renonçant à l’audience des studios et aux escarmouches avec les politiques de droite (vous vous souvenez de Salvini qui mangeait du pop-corn ?), au profit d’enquêtes et de signalements d’injustices de la part des citoyens.
La « Quatrième République » est avant tout le contexte le plus impartial. Bien sûr, l’approche idéologique est claire, mais c’est le seul endroit où l’invité peut réellement discuter et rivaliser avec son adversaire, entre autres sans applaudissements ni interruptions d’aucune sorte. Porro – qui revient à la « Zuppa » sur les réseaux sociaux dans le dernier bloc en compagnie de Giuseppe Cruciani – doit cependant faire face à une approche « hybride » qui succombe au montage « agressif » de « Lo Stato delle Cose », avec Giletti qui parvient à créer l’événement même si les ingrédients entre ses mains sont nuls ou de mauvaise qualité.
Une discussion séparée pour Berlinguer et Labate
Bianca Berlinguer et Tommaso Labate méritent une discussion séparée. Pour eux, la thèse du « rétéquatrisme » n’est pas valable, car ce sont des figures imputables à la gauche. En ce qui concerne « C’est toujours Cartabianca », quelqu’un a pensé à déplacer automatiquement les téléspectateurs de Rai 3 (qui n’étaient déjà pas très nombreux) vers Rete 4, en misant tout sur la main de l’animateur. Une certitude mise à mal par le principe identitaire et par la difficulté de transférer un certain électorat vers l’ancien réseau d’Emilio Fede. Un problème rencontré également par Labate, dont la parabole est très similaire à celle de Gerardo Greco. Autrement dit, les téléspectateurs de centre droit ne se reconnaissent pas dans l’émission et dans le journaliste aux commandes, ceux de centre gauche ne se reconnaissent pas dans la marque. Le résultat est celui de n’être ni oiseau ni oiseau, dans une réalité qui semble vouloir s’ouvrir à toutes les opinions, après avoir longtemps agi en sens inverse.
Dans tout cela, il conviendrait enfin d’analyser l’effet « Roue ». Si pendant des siècles l’accès de Canale 5 naviguait entre 12 et 14% de part de marché, nous sommes aujourd’hui appelés à faire face à une audience doublée qui pénalise inévitablement les « petits poissons ». Une impatience démontrée par la multiplication des « avant-premières », utiles pour isoler les segments qui se superposent au jeu de Gerry Scotti. Un alibi, pas l’explication d’un revers grave et prolongé.