Joyeux anniversaire Giorgia, tu en auras besoin pour 2025
L’année 2024 se termine sur une bonne nouvelle pour le gouvernement et pour la majorité de centre-droit : l’acquittement de Matteo Salvini. 2025 débutera avec de nombreuses inconnues, quelques risques et peu d’opportunités.
Certes, le couronnement de Giorgia Meloni comme personnalité la plus importante d’Europe est un viatique pour établir de bonnes relations avec le nouvel occupant de la Maison Blanche. Donald Trump, en effet, n’a pas hésité à qualifier le Premier ministre italien de « fantastique » et les relations personnelles et amicales étroites avec Elon Musk sont un autre point en faveur de Meloni. Les élections en Allemagne pourraient ramener la CDU au gouvernement qui, au moins sur l’immigration et le Green Deal, aura une ligne plus similaire à celle italienne. La crise politique en France affaiblit cependant Emmanuel Macron, l’un des plus fervents opposants de Meloni. Enfin, à Bruxelles, la nomination de Raffaele Fitto comme vice-président exécutif d’Ursula Von Der Leyen est une victoire que Meloni devra parvenir à jouer avec habileté. Et en ce qui concerne les opportunités, la liste s’arrête ici.
Entre succès et dangers : Meloni mène le gouvernement vers une 2025 pleine de défis
La plus grande inconnue concerne toujours la politique étrangère, car la crise au Moyen-Orient, l’instabilité politique en Syrie et en Ukraine pourraient conduire à une nouvelle aggravation de la situation économique. S’il est vrai qu’à l’heure actuelle Bruxelles a favorisé les comptes publics italiens et rejeté ceux français et allemands, il est également vrai que le PIB italien ne galope pas et que l’austérité revient en force. Reste ensuite l’inconnue de l’immigration : Meloni sera-t-il vraiment capable de faire fonctionner le « modèle albanais » et de l’imposer en Europe ? Si la nouvelle Commission européenne avançait la présentation de la liste non seulement des « pays sûrs », mais aussi celle des « pays tiers » comme l’Albanie vers lesquels devraient être envoyés les migrants entrant illégalement dans l’Union européenne, alors Meloni serait le vainqueur incontesté. A l’inverse, la lutte éternelle entre le centre-droit et les « robes rouges » continuerait et les procureurs, en quelques phrases, dicteraient toujours la ligne politique au gouvernement.
Ici donc, si le gouvernement, pour l’instant, du moins selon les sondages, jouit d’une bonne santé, les référendums pourraient changer la situation actuelle. Autonomie différenciée, loi sur l’emploi et citoyenneté sont les trois écueils sur le chemin du gouvernement. Il sera probablement difficile d’éviter le jour du scrutin et il ne suffit pas d’espérer une faible participation pour éviter le risque d’une triple débâcle. La réforme constitutionnelle sur l’autonomie différenciée est la plus détestée des trois mises en œuvre par le gouvernement (les deux autres sont la justice et le premier ministre) et la seule qui rassemble véritablement l’opposition. Au nom du vote contre « Spacca-Italia », une bonne partie de ceux qui aiment ce gouvernement pourraient aller voter et envoyer au grenier la réforme si chère à la Ligue. Cela aurait des répercussions évidentes sur le gouvernement, car la Ligue du Nord pourrait accuser les alliés de sabotage et les élections en souffriraient en premier lieu, et ensuite la coalition. N’oublions pas qu’en 2025 il y aura des votes dans les Pouilles, la Campanie, les Marches et la Vénétie. Dans les Pouilles, si le candidat était l’ancien maire de Bari Antonio De Caro (monsieur 500 mille préférences aux dernières élections européennes), la victoire du centre-gauche serait acquise. En Campanie, tout dépend de la décision de Vincenzo De Luca de se présenter contre le Parti démocrate et de la capacité du centre droit à choisir un candidat compétitif. Aux Marches, le Parti démocrate pourrait aligner l’ancien maire de Pesaro Matteo Ricci et, dans ce cas, le jeu se compliquerait encore davantage, également parce que le président sortant Francesco Acquaroli est issu des Frères d’Italie. Enfin, en Vénétie, le parti du premier ministre revendique le candidat à la présidentielle, tandis que la Ligue du Nord souhaite un triplé pour Luca Zaia. Bref, entre opportunités, inconnues et risques, l’année à venir s’annonce très difficile pour Meloni.