Giorgetti en veut plus "flexibilité" de l’UE : "On a raison, je parle plus avec Dombrovskis qu’avec Crosetto"

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Le gouvernement Meloni ne recule pas et insiste sur la demande d’une plus grande flexibilité envers l’Union européenne. Le ministre de l’Économie et des Finances Giancarlo Giorgetti réitère la nécessité d’un plus grand espace de sécurité économique avec une référence claire à l’incertitude liée à l’augmentation des prix de l’énergie en raison des tensions au Moyen-Orient.

« Proposition rationnelle et de bon sens »

« Notre proposition est d’interpréter les espaces accordés à la défense en termes de sécurité nationale », a déclaré le chef du MEF à Nicosie, en marge de l’Ecofin informel. Selon le ministre, il s’agit d’une initiative « rationnelle et de bon sens », même si les délais d’évaluation « ne sont pas immédiats ». Selon Giorgetti, cela pourrait prendre « quelques jours » ou quelques semaines. « L’un de mes mantras est que la sécurité économique est la sécurité nationale. Nous pensons que ce qui se passe au Moyen-Orient est comparable, en termes économiques et de conséquences, à ce qui s’est produit avec l’agression russe en Ukraine. »

La Commission fait le point sur l’état de l’économie de l’Union

« Il n’existe aucune solution qui puisse aider l’Italie », a expliqué Giorgetti après une rencontre bilatérale avec le commissaire à l’Economie Valdis Dombrovskis. « Il existe des solutions qui aident tous les pays qui font partie de l’Europe, dans une situation très compliquée et difficile. Nous avons fait une proposition. Nous pensons que cette proposition est absolument rationnelle et de bon sens ». Le ministre a ensuite plaisanté sur les discussions en cours avec les institutions communautaires, expliquant qu’il discutait davantage avec Dombrovskis « plus qu’avec Crosetto ». Et à ceux qui lui demandaient s’il le voyait se rapprocher des demandes italiennes, il répondait : « Disons qu’il a le rythme des troupes alpines lettones ».

L’appel de Meloni

Ces derniers jours, la Première ministre Giorgia Meloni avait envoyé une lettre à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen : un écrit dans lequel le gouvernement italien demandait d’étendre temporairement les exceptions au Pacte de stabilité déjà prévues pour les dépenses militaires également aux interventions nécessaires pour faire face à l’urgence énergétique.

Selon Meloni, le contexte international – marqué par les tensions au Moyen-Orient, les risques liés au détroit d’Ormuz et les conséquences encore présentes de la guerre en Ukraine – produit déjà des effets sur les prix de l’énergie et sur les coûts supportés par les familles et les entreprises européennes. « L’Italie continuera à jouer son rôle pour renforcer la sécurité et la défense européennes », a écrit le Premier ministre, soulignant que Rome soutient depuis longtemps la nécessité d’augmenter les investissements européens dans la sécurité stratégique. Mais, ajoute-t-il, il y aurait aujourd’hui « une autre urgence tout aussi concrète et immédiate : l’urgence énergétique ».