Faut-il vraiment aller à la selle tous les jours ? Ce que disent les gastro-entérologues

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Aller à la selle tous les jours, est-ce vraiment la clé d’un ventre heureux ? Pour beaucoup, c’est une sorte de rituel, presque sacré : matin ou soir, pas question de louper le rendez-vous ! Mais faut-il vraiment s’inquiéter si ce n’est pas quotidien ? Plongeons avec curiosité (et un soupçon de légèreté) dans ce que disent les gastro-entérologues.

Une affaire de variations… et de normalité

Si les troubles digestifs peuvent prendre mille et une formes – de la constipation aux ballonnements, en passant par les crampes abdominales ou les gaz qui n’en finissent plus de nous embarrasser – la question du transit continue d’occuper bien des esprits. Nombreux sont ceux qui se demandent : « À quelle fréquence faut-il aller à la selle ? » ou encore « Vais-je assez souvent ? ».

Qu’on se rassure : le Dr Babak Firoozi, gastro-entérologue au MemorialCare Orange Coast Medical Center à Fountain Valley (Californie), a quelques réponses pour calmer les angoisses. Interrogé par VeryWell Health, il rappelle que le rythme du transit intestinal varie énormément selon les individus. Bonne nouvelle pour ceux qui ne tiennent pas la cadence des voisins !

D’après une étude citée par le spécialiste (parue dans le Journal scandinave de gastroentérologie), une personne adulte en bonne santé peut aller à la selle aussi bien trois fois par jour… que trois fois par semaine. Oui, le panel est large ! Certains passent à l’acte quotidiennement, d’autres se contentent de quelques rendez-vous hebdomadaires. Et d’après lui : « Tant que c’est leur comportement normal, ça va ». Quant à la moyenne, d’autres gastro-entérologues américains interrogés par Yahoo Life situent l’équilibre à environ une fois par jour… mais, encore une fois, c’est loin d’être une règle stricte.

D’où viennent ces différences de rythme ?

Vous vous demandez peut-être pourquoi votre cousin, votre voisine ou votre moitié n’ont pas le même rythme intestinal que vous ? Andrew DuPont, gastro-entérologue à l’UTHealth Houston, explique dans VeryWell Health que cette variabilité s’explique par la motilité – c’est-à-dire le mouvement naturel du tube digestif. Certaines personnes ont une motilité plus lente, d’autres se contractent moins – ce qui les mène moins fréquemment aux toilettes.

L’état de santé joue aussi un rôle direct sur la fréquence du transit :

  • Constipation fonctionnelle
  • Syndrome du côlon irritable (SCI)
  • Maladie inflammatoire de l’intestin

En dehors de ces troubles bien caractérisés, le spécialiste tient à rassurer : « Vous devez être cohérent et vous ne devriez ressentir aucune gêne. Ne vous inquiétez pas si vous n’y allez pas un jour donné ». Bref, la panique au premier « jour blanc » n’est pas nécessaire !

La constipation occasionnelle : causes et solutions

Quand la machine se grippe temporairement, l’origine peut être multiple. Selon l’Assurance Maladie, quatre causes principales sont identifiées chez les adultes (liste directement consultable sur leur site). Parmi les facteurs classiques, on retrouve notamment l’alimentation, l’hydratation ou l’activité physique. Un défaut sur l’un de ses points, et hop, le transit ralentit son allure !

Heureusement, pour maintenir le cap et limiter la constipation occasionnelle, plusieurs mesures sont conseillées :

  • Adopter une alimentation équilibrée, particulièrement riche en fibres.
  • Veiller à une bonne hydratation : au moins 1,5 litre d’eau par jour (sauf contre-indication médicale).
  • Privilegier les eaux riches en magnésium, réputées pour leur effet laxatif.
  • Pratiquer une activité physique : il n’est pas obligatoire de courir un marathon, baladez-vous, jardinez ou faites le ménage, vos intestins apprécieront !

L’important : rester régulier dans ces pratiques, votre ventre vous le rendra bien.

En résumé, à chacun son rythme !

La grande leçon des gastro-entérologues ? Inutile de viser coûte que coûte la selle quotidienne à tout prix. Tant que votre rythme est régulier et que vous ne ressentez ni gêne ni inconfort, pas de quoi s’inquiéter. Si toutefois vous notez des changements persistants ou des troubles associés (douleurs, gêne importante), consulter votre médecin reste la meilleure option.

En attendant, mangez équilibré, buvez suffisamment, bougez un minimum, et arrêtez de stresser si le rendez-vous toilette saute un jour ! En somme, la liberté digestive, ça commence par écouter son corps… sans psychoter !