Des devoirs oui, peut-être pas : Bruxelles poursuit l’accord avec Pékin et reporte le vote sur les voitures électriques

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

L’Union européenne va-t-elle définitivement appliquer des tarifs douaniers sur les voitures électriques chinoises ? C’est la question à laquelle Pékin tente de trouver la réponse la plus avantageuse pour lui-même. Et pour endiguer les droits de douane sur les véhicules électriques chinois, le gouvernement communiste a envoyé le ministre chinois du Commerce Wang Wentao à Bruxelles pour s’entretenir avec le commissaire syndical sortant, Valdis Dombrovskis. Malgré le long déjeuner d’hier, au cours duquel des négociations « franches et constructives » ont eu lieu, les dirigeants commerciaux de la Chine et de l’Union européenne ne sont parvenus à aucun accord pour mettre un terme aux droits de douane.

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Bruxelles laisse encore la porte ouverte à Pékin pour poursuivre le dialogue et « trouver une solution mutuellement acceptable, qui devrait être efficace pour résoudre le problème, applicable, contrôlable et compatible avec l’Organisation mondiale du commerce », a précisé hier la Commission européenne qui a même soulevé la question. possibilité de revoir la question des prix des constructeurs automobiles chinois, lit-on dans la note de la Commission. Il s’agit d’une allusion liée à la tentative de Pékin de fixer un prix minimum pour les véhicules électriques fabriqués en Chine et exportés vers le marché unique.

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Bruxelles reste donc disposée à travailler sur une solution partagée, qui « ne porte toutefois pas préjudice à l’enquête » sur d’éventuelles maxi-subventions injustes que l’État chinois accorde à ses entreprises. Mais si d’un côté Bruxelles laisse une fenêtre ouverte aux discussions, de l’autre elle s’en prend à la décision de Pékin de lancer des enquêtes antidumping sur les exportations de brandy, de porc et de produits laitiers européens, jugées « injustifiées et fondées sur des accusations douteuses et non fondées, avec des preuves suffisantes ». « .

Le report du vote après les pressions de l’Allemagne et de l’Espagne

Les craintes des constructeurs automobiles européens, mis à mal par la concurrence chinoise qui tend à gagner des parts de plus en plus importantes, sont fortes. Pékin, qui juge l’enquête européenne « non conforme, déraisonnable et injuste », a encore plusieurs semaines devant elle pour parvenir à un accord favorable et empêcher que les tarifs provisoires imposés en juillet par la Commission n’entrent en vigueur pendant cinq ans pour répondre à la d’énormes subventions accordées par le gouvernement chinois à son secteur des voitures vertes : il s’agit de droits provisoires allant jusqu’à 36,3 % contre BYD, Geely et SAIC, qui s’ajoutent aux droits de 10 % qu’ils imposaient déjà aux exportateurs chinois.

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Toutefois, le vote final des 27 pays membres sur l’introduction de tarifs définitifs prévu le 25 septembre a été reporté. Probablement à cause de la pression de l’Allemagne et de l’Espagne. Berlin a exprimé à plusieurs reprises son opposition à l’idée de rendre permanents les droits de douane sur les voitures électriques chinoises. Madrid a également suivi sa demande, notamment après le voyage du président Pedro Sanchez en Chine. A cette occasion, le Premier ministre espagnol a demandé de reconsidérer l’imposition de droits de douane, arguant qu’une guerre commerciale avec Pékin est loin d’être souhaitable pour le moment.